Maladies et ravageurs du blé
Le siècle vert

Rouille brune et rouille jaune du blé

Moins fréquentes que la septoriose, la rouille brune et la rouille jaune peuvent être très préjudiciables au rendement du blé. Pour germer, les spores de rouille brune nécessitent des températures supérieures à 15 °C au printemps. La maladie peut se propager rapidement au moment des stades critiques du blé, de la dernière feuille pointante à la floraison. La prévention de la rouille repose sur le choix de variétés peu sensibles et une intervention avec un fongicide selon les alertes locales liées aux observations et aux prédictions des outils numériques.

La rouille, maladie venue de la façade océanique

La contamination des feuilles du blé et des autres céréales à paille par les spores de Puccinia triticina, champignon responsable de la rouille brune, peut-être explosive. Ce sont surtout les cultures, localisées sur la façade Atlantique qui sont les plus exposées. Les premières contaminations se font à l’automne avec de la pluie et de la douceur.

Des foyers peuvent ensuite apparaitre dès la sortie d’hiver. Si une forte humidité est nécessaire au développement des deux formes de rouille, la rouille jaune, Puccinia striiformis, préfère un printemps frais.  Elle apparait en cours de montaison. Fréquemment diagnostiquée en Bretagne et en Normandie sur blé tendre, cette espèce s’est répandue depuis 2011 sur l’ensemble des surfaces cultivées en blé tendre d’hiver.

La rouille brune nécessitant une température plus élevée. Elle apparait généralement en avril, mai, voire début juin sur les feuilles supérieures, entre le stade dernière feuille pointante et post-floraison, à une période clé pour le niveau de rendement.

Rouille brune, rouille jaune, cycle biologique, symptômes

Pathogène obligatoire, les champignons des rouilles jaune ou brune ont besoin d’une plante hôte, en l’occurrence une graminée, pour se conserver pendant l’hiver. Ils la trouvent souvent aux abords des parcelles ou dans celles infestées par ces adventices.

Leur cycle de reproduction comprend une phase sexuée, à l’automne, et une phase asexuée, au printemps.

Les symptômes apparaissent lentement et sont souvent détectés au début du printemps. Pour la rouille jaune, de petites zones ou foyers de plantes infectées se repèrent tôt dans les champs. Les pustules brunes pour la rouille brune ou orangées pour la rouille jaune peuvent atteindre les barbes et les glumes des épis en cas de très forte attaque.

La phase sexuée, sur les adventices graminées

Le champignon assure sa conservation et sa multiplication sur des graminées adventices, repousses de blé. Transportées par le vent, les spores alors produites contaminent les cultures de blé. Ces contaminations primaires s’effectuent à l’automne et sont favorisées par des températures douces.

La phase asexuée, cycle très court

Les spores germent en présence d’eau libre sur les feuilles de blé lorsque les températures sont comprises entre 15° et 25°C pour la rouille brune, avec un optimum de 11° C pour la rouille jaune. Le champignon pénètre dans la plante en quelques heures. Un cycle complet dure de 7 à 10 jours, conduisant à la formation de pustules brunes et la libération des urédospores. Le cycle est ramené à 6 jours dès que les températures dépassent 25 °C. Les cycles s’enchainent, la maladie s’emballe.

Les spores se dispersent sur l’ensemble de la parcelle avec le vent. C’est lorsque les conditions deviennent plus sèches en fin de printemps et l’été que ces cycles asexués arrêtent. Les spores qui contamineront les hôtes secondaires, c’est-à-dire les graminées adventices, sont alors produites. Une nouvelle phase sexuée démarre.

Des pustules noires avec la rouille brune

La rouille brune est caractérisée par l’apparition de petites tâches de chlorose, aléatoires et ovales, sur les feuilles. Elles forment des pustules qui déchirent la surface foliaire et libèrent une poudre brune de spores disséminées par le vent.

Selon le climat ou la sensibilité variétale, des auréoles chlorotiques peuvent apparaître autour des pustules.

En fin d’attaque, des pustules noires apparaissent à la place des pustules brunes : c’est la phase sexuée qui débute.

Des taches orangées avec la rouille jaune

La rouille jaune se distinguent par des taches striées, jaune-orangé. Ces stries cèdent ensuite la place à des pustules noires.

Distinguer la rouille brune et la rouille jaune

La rouille brune contamine de façon homogène le champ. Les taches brunes puis les pustules sont présentes sur toute la feuille.

La rouille jaune apparait d’abord sous forme de foyers. Les taches puis les pustules émergent le long des nervures.

Rouille et rendement

Les feuilles de céréales sont les principaux organes touchés par la rouille. Les gaines qui s’étendent le long de la tige sont parfois atteintes, et en cas de très forte infestation, les épis peuvent être contaminés.

Les pertes dues à la rouille brune sont généralement de l’ordre de 10%, mais peuvent atteindre 40% en cas de fortes attaques sur des variétés de blés sensibles. La rouille jaune peut entrainer des pertes de rendement jusqu’à 70 %, comme ce fut le cas en 2014.

Rouille sur blé

Rouille, les fondements du raisonnement de la protection des céréales  

Les mesures agronomiques les plus efficaces sont l’utilisation de variétés peu sensibles et l’enfouissement des résidus de récoltes. La rouille est généralement contrôlée avec des fongicides qui agissent aussi contre la septoriose.

Rouille, les leviers agronomiques

Le choix des variétés peu sensibles à la rouille

La résistance variétale à la rouille constitue le premier levier de lutte contre cette maladie. La majorité des variétés de blé tendre, de blé dur et de triticale présentent une résistance à la rouille brune et à la rouille jaune. Celles les plus résistantes sont recommandées en particulier dans les régions les plus exposées de l’ouest de la France.

Les fortes densités sont évitées et la fertilisation azotée est ajustée au potentiel de la parcelle.

La destruction des plantes hôtes

Un déchaumage détruit aussi les repousses de céréales, porteurs potentiels de l’inoculum. Les chances de survie de la rouille sont ainsi réduites.

Rouille la protection fongicide

La rouille se traite en préventif, du stade 2 nœuds au début de l’épiaison, idéalement lorsque les spores sont libérées. Le traitement positionné sur les dernières feuilles en formation constitue le pilier de la protection.

Rouille, positionnement optimal des fongicides grâce aux OAD et réduction de l’IFT

Comme la rouille peut se manifester tôt, dès la sortie de l’hiver, la surveillance commence dès le stade épis 1 cm si de l’humidité et des températures supérieures à 10 °C sont enregistrées. Des observatoires régionaux et les bulletins de santé du végétal (BSV) informent aussi sur le développement de la maladie.

Des outils d’aide à la décision, fondés sur le risque à la parcelle prédisent les contaminations de rouille brune et de rouille jaune. Ils suivent aussi celles de septoriose.

Bien souvent, les fongicides contre la septoriose sont appliqués au stade dernière feuille pointante pour ne pas compromettre le rendement et permettent aussi de contrôler la rouille.

Les outils d’aide à la décision suivent la progression des maladies des céréales, dont la rouille, en s’appuyant sur les données météo et les paramètres agronomiques comme la tolérance variétale, le risque historique sur la parcelle.

Rouille, les solutions fongicides

Les fongicides employés contre les rouilles appartiennent majoritairement à la famille des triazoles et des strobilurines. Ils sont formulés en association pour prévenir les résistances et avoir une bonne efficacité combinée sur rouilles et septoriose. Pour une action complète sur ce complexe de maladies, une troisième famille chimique, celle des SDHI, est souvent associée.

L’objectif est de bloquer la germination des spores et le développement du mycélium sur les feuilles.

À noter sur les risques de résistance – L’alternance des familles chimiques est recommandée pour pérenniser l’efficacité des produits.

 

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