Maladies et ravageurs de la vigne
Le siècle vert

Le botrytis de la vigne

La protection de la vigne contre le botrytis se raisonne en deux temps. Les mesures prophylactiques sont à privilégier afin de ne pas créer les conditions favorables à l’installation du champignon. En complément une protection anti-botrytis apporte une assurance supplémentaire, le botrytis affectant considérablement la qualité du vin, mais aussi la quantité de récolte.

Le botrytis de la vigne affecte la qualité des moûts

Le botrytis nuit au rendement lorsque la partie la plus mûre de la vendange est touchée. Le niveau de perte quantitative correspond globalement à ½ de l’intensité d’attaque, ainsi on a déjà enregistré jusqu’à un tiers de la récolte perdu, pour une intensité de 60%. Le tri des grappes est ensuite nécessaire pour ne pas affecter la qualité du vin, entrainant un ralentissement des vendanges, donc un surcoût. Les grains contaminés jouent sur le degré alcoolique, donnent un goût moisi au vin et lui font perdre ses arômes, sa coloration et son aptitude au vieillissement.

Contaminations primaires du botrytis

L’apparition du botrytis est stimulée par le maintien d’un microclimat humide autour des grappes, mais les spores peuvent être présentes même par beau temps.

Le champignon se conserve principalement en hiver sous forme de sclérotes, dans les feuilles, les grappes tombées au sol ou sur les sarments. Des conidies apparaissent en fin d’hiver et au printemps. Transportées par le vent, ces spores germent sur les organes mouillés en quelques heures à un optimum de température se situant de 15 à 20°C. Une humidité ambiante d’au moins 90 % active aussi la germination. Mais même avec un temps ensoleillé, les spores peuvent être présentes sur les inflorescences, sans pour autant germer, elles se développeront quand des conditions seront favorables (phase de quiescence du champignon).

Pénétration du botrytis par les blessures sur les grappes

Le botrytis peut tout d’abord pénétrer par les blessures d’abscission causées par la chute des organes floraux, capuchons floraux, étamines. Il entre aussi dans les baies par d’autres agents pathogènes comme l’oïdium qui fait éclater l’épiderme et par des ravageurs comme eudémis, cochylis, les guêpes par la grêle.

Contaminations secondaires du botrytis, un cycle biologique court !

Sur les organes contaminés par le mycélium, de nombreux conidiophores longs et ramifiés se développent. Ils sont à l’origine de la moisissure grise qui se développe sur les baies et produit des conidies qui peuvent être véhiculées par les vers de la grappe. La sporulation peut débuter 3 jours après les premières contaminations. Par l’intermédiaire du vent et des courants d’air, à un moindre degré de la pluie et des éclaboussures d’eau, les spores vont toucher d’autres organes.

Par effet contact aussi, le mycélium présent sur des tissus malades peut contaminer des tissus sains voisins, notamment en cas d’amas de grappes.

Après la véraison, si le temps est suffisamment humide, la pourriture grise peut envahir la totalité des grappes. Botrytis cinerea se conserve sous forme de sclérotes durant l’hiver sur les rameaux, les grappes laissées dans la vigne mais également sous forme mycélienne sous l’épiderme de l’écorce.

Symptômes du botrytis sur rameaux et feuilles

Les rameaux contaminés par le botrytis présentent des taches brunes avant l’aoutement. Sur les feuilles, des taches brunes peuvent apparaitre très tôt au démarrage de la végétation, elles sont caractéristiques avec l’apparition de nécroses étalées donnant à la feuille un aspect brûlé (triangle partant du bord du limbe).

À savoir sur le botrytis de la vigne

En fin de cycle, dans certaines conditions d’humidité et d’ensoleillement, le développement du botrytis est recherché. Cette pourriture noble qui s’installe sur les grains donnent de la puissance au vin et un goût liquoreux.

Les grains atteints par le botrytis ont un aspect cendré.

Botrytis de la vigne, les mesures de prévention

Les travaux en vert comme l’effeuillage afin de limiter les contacts, le maintien des inter-rangs enherbés réduisent le risque contamination par le botrytis.

Les mesures prophylactiques pour limiter le risque de contaminations

  • Eviter de maintenir une ambiance humide au sein de masses végétales en pratiquant l’effeuillage, le rognage et l’ébourgeonnage.
  • Bien aérer les grappes par une taille et un mode de palissage qui assurent une répartition homogène des grappes.
  • Maitriser la vigueur de la vigne grâce à l’enherbement, qui consommera une partie de l’azote.
  • Pour éviter les blessures, lesquelles sont des portes d’entrée pour le botrytis, la vigne doit être protégée contre les autres maladies et ravageurs de la vigne, surtout l’oïdium et les tordeuses de la grappe, eudémis et cochylis.
  • Retirer les grappes touchées, de la vigne après la vendange.

Botrytis de la vigne, la protection fongicide

La protection fongicide complète les mesures prophylactiques dans les vignobles sensibles ou à risques des régions humides. De la fin de la floraison à la fermeture de la grappe, la vigne est très sensible. Les stades A (80% de la chute des capuchons floraux) et B (début fermeture de la grappe) sont ainsi les stades-clés de la protection anti-botrytis, à raison d’un ou deux traitements.

Une intervention plus tardive, à partir de la véraison, est à raisonner en fonction de la météo, afin d’éviter une explosion de la maladie avant la vendange. À cette période, les produits de biocontrôle se révèlent intéressants grâce à leur délai avant récolte très courts.

La note technique commune sur les résistances, rédigée chaque année par l’Institut français de la vigne et du vin (IFV), l’Inrae, l’Anses, les Chambres d’agriculture, le Comité interprofessionnel du vin de Champagne (CIVC), la DGAL, recommande d’alterner les familles chimiques dans la construction des programmes. Il existe des souches de botrytis résistantes à certains fongicides. 

Les catégories de fongicides en vigne

Des produits pour contrôler le botrytis peuvent aussi agir contre l’oïdium. Les formulations contiennent soit une seule famille chimique soit une association afin de bénéficier de plusieurs modes d’action.

  • Les produits fongicides de contact : Ils agissent préventivement aux stades A et B en bloquant la germination du botrytis par contact. Ils sont lessivables.
  • Les produits fongicides pénétrants : Ils pénètrent dans les organes à protéger qui sont présents au moment de l’application mais pas les pousses formées après le traitement.
  • Les produits fongicides systémiques : Ils pénètrent dans l’organe et diffusent par la sève. Les organes formés après le traitement sont protégés.
  • Les produits fongicides de biocontrôle : ces solutions naturelles composées de micro-organismes inhibent le développement du mycélium du botrytis et/ou activent les défenses naturelles de la vigne lors d’une contamination. Ils s’emploient le plus souvent en début de programme ou après fleur suivant le type de biocontrôle, en complément de produits conventionnels à dose adaptée pour réduire les Indices de fréquence de traitement (IFT).

La qualité de la pulvérisation est essentielle pour réussir un programme de traitement. Elle peut être améliorée avec l’emploi d’un matériel performant. Le respect des doses recommandées au bon moment, le volume de la bouillie, le réglage du pulvérisateur, les buses anti-dérives participent aussi à la réussite du traitement.

 

Pour en savoir plus sur les bonnes pratiques de traitement, cliquez ici

 

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