Maladies et ravageurs des pommiers – poiriers
Le siècle vert

La tavelure du pommier et du poirier

La tavelure est la principale maladie du pommier et du poirier. Elle affecte considérablement la qualité de la récolte mais aussi le rendement. Les fruits sont déclassés, voire invendables. Non limitée, elle finit par épuiser l’arbre. Les mesures prophylactiques permettent une maîtrise des contaminations primaires qui est essentielle pour contenir cette maladie. La protection du verger s’effectue avec un programme de traitement fongicide associant les produits de biocontrôle et conventionnels.

Risque de contamination par la tavelure dès le débourrement des pommiers et des poiriers

Les champignons responsables de la tavelure, Venturia inaequalis (pommier) et Venturia pirina (poirier), se maintiennent au verger via les feuilles infectées qui tombent au sol au printemps. Ils passent alors l’hiver au sol et sur ces déchets végétaux sous forme de périthèces. Au printemps, l’humidité et la hausse des température vont ensuite activer la libération des ascospores contenues dans ces périthèces lorsque celles-ci arrivent à maturité.

Les premières contaminations touchent les feuilles des arbres proches, au moment du débourrement. Pour qu’elle se déclenche, la durée d’humectation du feuillage doit être suffisante et la température comprise entre 7°C et 25°C.

Transportées par le vent, les spores peuvent largement se propager dans la parcelle. La maladie provoque aussi la perte de fleurs (coulure). Cette période d’expansion des contaminations peut durer jusqu’à fin mai, début juin. Apparaissent alors les symptômes. Les contaminations secondaires s’activent avec la pluie par éclaboussures (effet « splashing ») ou par le vent. Elles proviennent des fructifications du champignon parasite. Ce sont les conidiophores qui se développent sur le mycélium, lequel s’est installé sous la cuticule de la feuille. Plusieurs cycles se déroulent durant l’été avec une durée d’incubation variable, de 1 à 3 semaines.

À savoir sur le cycle de la tavelure

Lors des contaminations tardives au verger, les symptômes peuvent apparaître en cours de conservation. Les taches noires sont petites, sèches et nombreuses.

Comment détecter les symptômes de la tavelure sur feuilles et fruits ?

Les dégâts causés par les champignons responsables de la tavelure sont reconnaissables par des taches noires diffuses et des lésions sur feuilles, fruits et rameaux.

Les mesures préventives agronomiques contre la tavelure 

  • Les feuilles et fruits tombés conservent la maladie sur la parcelle. Les feuilles sont éliminées par ratissage ou par aspiration puis broyage et compostage. Les fruits et rameaux au sol doivent aussi être sortis de la parcelle.
  • Les actions pour réduire l’humidité dans les arbres :
    • La taille des arbres améliore la pénétration du soleil et du vent.
    • Au moment de la plantation, les arbres sont orientés pour favoriser le séchage des feuilles et des fruits grâce à une bonne circulation de l’air dans le verger.
  • Éviter les excès d’azote dans les plantations, effectuer des analyses de feuilles régulièrement
  • Implanter des variétés résistantes à la tavelure.

La protection du verger contre la tavelure

Quel que soit le mode de production, la protection des pommiers et des poiriers est indispensable face à cette maladie, dont la pression est liée aux pluies fréquentes.

Repérer les projections d’ascospores

La période des premières contaminations par les ascospores est estimée par le suivi de la température, de l’hygrométrie et de la durée d’humectation.

Les Bulletins de santé du végétal (BSV) alertent sur le risque de pluies contaminantes. Des outils d’aide à la décision (OAD) comme Di@gno-Pom, développé par l’Inra et Inoki, plateforme proposée par le CTIFL, permettent d’évaluer le risque et les moyens de protection adaptés.

Les OAD calculent le risque en lien avec l’historique du verger, son stade de sensibilité et la météo. Celle-ci détermine le risque de projection des ascospores. L’humectation longue des feuilles est favorable à la germination des spores.

  • Les stades de sensibilité aux projections d’ascospores pour les pommiers

Stade de C (éclatement des bourgeons) à C3 (stade oreille de souris) pour le pommier

  • Les stades de sensibilité aux projections d’ascospores pour les poiriers

Stade C3 (stade oreille de souris) à D (stade bouton vert)

À savoir sur la durée d’humectation et la germination des spores de tavelure
Plus la température augmente, moins la durée d’humectation doit être longue pour favoriser la germination des spores. À titre d’exemple, pour une température de 13 °C, il faut que la feuille reste humide au moins 13 heures. À 18 ° C, ce temps est ramené à 8 heures.

Bien positionner les traitements fongicides anti-tavelure

Un bon positionnement préventif pourra arrêter la protection dès la fin de la projection primaire des ascospores sur les feuilles. L’alternance des familles fongicides est un point important dans la construction des programmes contre la tavelure. Plusieurs souches de Venturia inaequalis sont résistantes à des familles chimiques comme les triazoles. Le raisonnement de la protection vise à réduire le nombre de passages fongicides avec des programmes couvrant la période de risque de l’arbre.

La lutte curative est possible, mais plus risquée et moins efficace. Dite « lutte en stop », elle intervient dans les heures qui suivent une pluie contaminatrice.

Les clés du déclenchement des traitements

  • En préventif avant pluie : 5/6 jours
  • En « stop » entre 125 et 300 degrés-heures après le début de la pluie soit entre 6 et 24 heures.

 

Les familles de fongicides utilisés contre la tavelure : 

  • Les produits de biocontrôle composés de substances naturelles ainsi que les fongicides de contacts préventifs autorisés en bio à base de cuivre et/ou de soufre, la bouillie sulfocalcique. 
  • Les fongicides de synthèse et de contact : Ils ne protègent pas les organes néoformés.
  • Les fongicides de synthèse systémiques. Ils protègent tous les organes y compris ceux formés juste après le traitement et durant toute leur durée de rémanence (les triazoles, les strobilurines, les IDM, les SDHI).

Le choix du matériel pour une pulvérisation de qualité et conditions de traitement

Le choix du matériel de pulvérisation

Il contribue à l’efficacité du traitement et à la limitation de la dérive. La pulvérisation doit être homogène et viser les organes végétaux en évitant toute perte dans l’environnement.

Les trois points clés :

  • Choix du pulvérisateur, du type de flux radial ou tangentiel
  • Calcul de la pression de fonctionnement
  • Choix des buses adaptées au traitement

Le matériel conditionne aussi très fortement le volume de bouillie optimal à appliquer.

Les conditions de traitement :

  • Le vent entraîne un phénomène de dérive des produits. Il doit être de faible intensité avec une vitesse limite réglementaire à ne pas dépasser, soit inférieure à 19 km/h.
  • La pluie provoque le lessivage des produits. Les traitements ne doivent pas être appliqués si une importante pluie est prévue à court terme.

Pulvérisateur

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