Protéger, les cultures contre les insectes, champignons, virus et mauvaises herbes, en respectant l’équilibre biologique des écosystèmes est un défi que relève le secteur de la protection des plantes.
Dans ce cadre, comment se positionnent ces entreprises pour accompagner tous les modèles agricoles, garantir la qualité et la quantité des récoltes ? Quel est le périmètre de leur offre ? Jusqu’où la recherche peut-elle être poussée ?

L’approche combinatoire est proposée par toutes les entreprises

Dans l’enquête Feuille de route 2030 menée auprès des adhérents de l’UIPP, un trait commun se dessine au sein des réponses : « L’offre sera constituée d’une palette d’outils ». Les produits chimiques conventionnels restent positionnés comme d’indispensables filets de sécurité. Néanmoins, les entreprises s’ouvrent aux biosolutions avec notamment le biocontrôle. Elles mobilisent les technologies du numérique, de la robotique, pour utiliser au mieux ces moyens de protection. La génétique, avec la mise au point de variétés tolérantes ou résistantes aux maladies ou aux insectes, devient la quatrième carte maîtresse de cette approche combinatoire.

La recherche reste mondiale

La recherche, mondialisée, reste le coeur de métier. Elle se diversifie et renforce ses partenariats, notamment dans la sélection végétale et le numérique. En moyenne, les entreprises lui consacrent 10 % de leur chiffre d’affaires. Les programmes s’orientent vers la mise au point de molécules avec des profils toxicologiques et écotoxicologiques plus favorables, réduisant ainsi les risques d’impact sur la santé et l’environnement. L’accent est aussi mis sur les substances d’origine naturelle et sur des modes d’action qui miment la nature.
Mais malgré ces efforts, les entretiens font ressortir que, pour aller plus loin, une approche européenne voire mondiale de la recherche est nécessaire en créant des ruptures technologiques ou en apportant de meilleurs standards.

La protection de précision, clé de l’efficacité

L’efficience des solutions de protection, conventionnelle ou de biocontrôle, se renforce parce qu’elles sont mieux positionnées, physiquement et au moment opportun. Grâce aux outils d’aide à la modélisation ou à la décision, à la robotique et aux agroéquipements de pointe, d’autres bénéfices sont générés. Les interventions sont plus limitées et ciblées au profit d’une réduction des risques et des impacts sur l’eau, le sol et la biodiversité.

Enseignements clés pour soutenir la souveraineté alimentaire

Ce que révèle l’enquête :

  • L’offre sera constituée d’une palette d’outils associant notamment les produits conventionnels, le biocontrôle, le digital, la robotique et les semences.
  • Le recours au digital va s’amplifier et se diversifier.
  • La priorité est donnée à l’amélioration des profils toxicologiques et écotoxicologiques des substances actives.
  • L’accent est mis sur les substances et les modes d’action naturels.
  • Pour être performante, la recherche des entreprises doit maintenir une dimension internationale et multiplier ses partenariats locaux.
  • Les laboratoires implantés sur le territoire bénéficient du crédit d’impôt recherche, lequel a besoin d’être encouragé.
  • Les partenariats entre les recherches publique et privée favorisent la découverte des innovations.

Avec l’innovation et le digital, l’avenir de la protection des plantes
sera plus précis et plus ciblé.

Cap 2030, notre vision

POUR SES ADHÉRENTS
  • Être des plateformes d’incubation des outils d’avenir que sont le biocontrôle, le digital, les nouvelles techniques de sélection végétale (New plant breeding techniques).
  • S’impliquer dans les thèmes scientifiques émergents comme celui de l’atténuation du changement climatique. En bonne santé, les plantes produisent plus de biomasse et captent plus de carbone. Une partie de cette matière organique est restituée au sol.
  • Valoriser les initiatives et efforts d’innovations pour la protection de l’utilisateur.
  • Obtenir une harmonisation réglementaire sur la définition du biocontrôle pour permettre le déploiement de ces solutions.
POUR L’UIPP
  • Intégrer des métiers déjà présents dans les entreprises et élargir le périmètre aux acteurs du biocontrôle, du digital et de la robotique tout en recherchant l’optimisation de la combinaison des solutions.
  • S’impliquer dans les réflexions autour du partage des données agricoles.

Feuille de route 2030

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