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Le siècle vert

Nouvelles techniques de sélection, un outil pour produire mieux en grandes cultures

Les NBT, nouvelles techniques de sélection, sont un atout pour créer les variétés qui permettent d’optimiser l’utilisation de produits phytosanitaires. Une étude réalisée par Euroseeds auprès des semenciers évalue leur usage et potentiels dans le cadre des programmes de recherche mais aussi les conséquences d’une réglementation qui considère les produits obtenus à partir de ses technologies comme des OGM.

Une étude menée auprès de 62 semenciers par leur syndicat européen Euroseeds (1), confirme que tous les grands groupes et 85 % des entreprises de taille moyenne sont engagés dans des travaux de R&D mobilisant les nouvelles techniques de sélection (NBT). Si seulement la moitié des PME déclarent s’orienter vers ces techniques, elles s’impliquent davantage dans des partenariats publics/privés et se focalisent plus sur le marché européen.

Les grands groupes semenciers travaillent principalement sur les oléagineux, les céréales à paille, le maïs et le sorgho, tandis que les PME concentrent leurs programmes de sélection sur les légumes, les pommes de terre et les céréales. 67 % des grands semenciers comptent commercialiser sous cinq à dix ans une variété issue des NBT, contre 40 % pour les moyennes entreprises et 36 % pour les plus petites. Quels sont les principaux critères recherchés ? Le rendement, la résistance aux maladies et ravageurs se positionnent en tête. Dans le cadre d’une approche combinatoire de la protection des cultures, l’utilisation de variétés tolérantes aux bioagresseurs constitue un levier efficace pour réduire l’utilisation des produits phytosanitaires.


(1) Potential, Challenges, and Threats for the Application of New Breeding Techniques by the Private Plant Breeding Sector in the EU https://www.frontiersin.org/articles/10.3389/fpls.2020.582011/full

La réglementation sur les NBT freine leur déploiement

La réglementation actuelle autour des NBT reste néanmoins un frein majeur au développement de ces techniques dans l’Union Européenne. Suite à la position de la cour européenne de la justice en 2018 relative à la mutagénèse (2) qui classe les variétés obtenues comme OGM, 40 % des PME semencières et 33 % des grands groupes affirment avoir réduit ou arrêté leurs travaux relatifs aux NBT. Les entreprises ayant une part importante de leur activité hors de l’Union européenne ont délocalisé le développement de produits issus de NBT. « Cela concerne la totalité des grands groupes et 20 % des PME », souligne l’étude.
Les semenciers confirment qu’ils poursuivront leurs efforts de R&D si les produits issus de NBT ne dépendent pas de la réglementation OGM.


(2) Les organismes issus des nouvelles techniques de mutagénèse dirigée sont soumis à l’ensemble des dispositions de la réglementation relative aux OGM qui prévoient une autorisation des produits avant leur mise sur le marché, une évaluation préalable des risques, un étiquetage, une traçabilité et une surveillance des produits

Source Euroseeds

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