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Le siècle vert

Les ravageurs des cultures d’hiver sont sous haute surveillance

Depuis leur smartphone et ordinateur, les agriculteurs suivent l’évolution des insectes nuisibles ainsi que celle des limaces sur leurs parcelles de colza et de céréales.

Des pièges fournis par les entreprises de protection des plantes complètent les dispositifs de biosurveillance. Ils aident les agriculteurs et les techniciens dans leur tour de plaine. Présentation des outils disponibles cette campagne.

Les cultures de colza, blé tendre et orge d’hiver peuvent être endommagées, dès leur levée, par des insectes ou encore par les limaces, friandes de plantules. Des agriculteurs et techniciens de la distribution agricole sont mobilisés pour piéger au champ ces ravageurs. Objectif ? Repérer les éventuels dépassements des seuils de nuisibilité afin de ne traiter les cultures que si nécessaire et au bon moment.

Cette stratégie figure parmi les recommandations clés de la protection intégrée des cultures en complément des mesures favorisant le développement de la faune auxiliaire. Les entreprises de protection des plantes accompagnent les professionnels en leur fournissant des kits de piégeage et des outils d’observation.

Agrégées, analysées par des modèles informatiques, les informations recueillies sur le terrain sont partagées via des web applications et des outils numériques de prédiction du risque de développement des ravageurs. La géolocalisation des relevés, le suivi personnalisé, les alertes par e-mails, complètent ces offres de service, conçues avant tout dans un esprit collaboratif.

Grâce aux outils d’aide à la décision (OAD), le tour de plaine se simplifie.

Pucerons, cicadelles, altises, limaces, suivis avec les pièges et les OAD

L’offre en dispositif de piégeage des insectes, comme les plaques engluées, les cuvettes jaunes, s’étoffe cette campagne. Point commun à ces dispositifs : ils permettent de mutualiser les observations, générer des alertes dès le dépassement des seuils de nuisibilité pour ne traiter que si nécessaire.

Sur céréales à paille, les pucerons, vecteurs de virus responsables de la Jaunisse nanisante (JNO) et les cicadelles qui transmettent les virus de la maladie des pieds chétifs (WDV) sont dans le viseur.

Sur colza, le suivi concerne principalement les insectes coléoptères grosses altises dont les larves creusent des galeries dans les plantes.

  • Syngenta propose le service Vigie Virose pour suivre la pression pucerons et cicadelles sur céréales semaine après semaine. Il repose sur un réseau de 8 500 pièges établis sur l’ensemble du territoire permettant la capture et l’identification des insectes et l’analyse de leur pouvoir virulifère au laboratoire. Les résultats sont communiqués sous forme de cartes interactives et partagés sur les extranets des partenaires du réseau.
  • De son côté, pour suivre l’activité des larves de grosses altises du colza, élargir sa communauté d’observateurs, Gowan crée cette campagne sa web application « Réseau Berlèse ».
  • Philagro destine cet automne plus de 8 000 pièges ravageurs à la distribution agricole afin de surveiller massivement les pucerons et cicadelles vecteurs du virus de la jaunisse. Constitués de deux plaques engluées, ces pièges sont faciles d’emploi et à installer dès la levée des céréales.
  •  Ascenza maintient son offre de plaques engluées et de cuvettes jaunes pour évaluer les pucerons sur céréales.
  •  LifeScientific propose à ses distributeurs 6 000 jalons, constitués de plaques engluées pour piéger pucerons et cicadelles.
  • Avec son dispositif JNO Expert, Bayer réalise une cartographie du risque de développement des viroses sur céréales. Le suivi des populations de pucerons s’effectue tout au long du cycle du ravageur grâce à un réseau de 70 agriculteurs animé par Bayer avec les distributeurs, en partenariat avec l’Inrae et l’Observatoire des vecteurs de viroses. Les premières analyses montrent que la JNO est bien présente cette année dans les réservoirs à virus que sont les cultures de maïs, les graminées et les céréales à paille.

 

Des services numériques, existent déjà, facilitant les liens entre piégeurs ou observateurs avec les experts des entreprises.

  • Afin de « traquer » les insectes sur blé par exemple, FMC met à la disposition des agriculteurs et des techniciens l’OAD Evalio InsectTracker, une application collaborative que chacun peut personnaliser. Il partage la situation parasitaire en temps réel pour de nombreuses cultures et de nombreux ravageurs. En cas de doute sur l’identification d’un insecte, un entomologiste analyse les photos et descriptions remontées via l’application. Cette fonctionnalité « Flash Insect » sera disponible courant du 4e trimestre 2021.
  • L’application Companion de BASF aide l’agriculteur dans son tour de plaine. Grâce au partage des observations, elle lui permet d’être alerté en temps réel la pression des bioagresseurs à proximité de son exploitation. Cette démarche collaborative d’observateurs peut aussi être fédérée en groupe privé en lien avec leur distributeur agricole.

 

Outil indispensable pour une lutte efficace et raisonnée contre les limaces, les pièges à disposer au sol permettent d’identifier et de quantifier les espèces afin de déclencher le traitement anti-limaces au bon moment. Conservant une bonne humidité et de l’obscurité, le dessous du piège constitue un abri idéal pour les limaces.

  • De Sangosse a déjà équipé un réseau de 600 agriculteurs de kits de piégeage des limaces. Les observations commencent deux semaines avant les semis, jusqu’au stade 4 feuilles des cultures, et sont partagées via la web-application Ciblage.
  • Certis propose aux agriculteurs de scanner le QR code imprimé directement sur le piège à limaces. Il renvoie vers une vidéo tutorielle et une fiche expliquant comment les utiliser et quels sont les seuils d’interventions par culture. Certis prévoit également le lancement d’un outil d’aide à la décision ce printemps. Disponible via une application sur smartphone, il repose sur un modèle de prévision du risque limaces à l’échelle de la parcelle basé sur différents paramètres.
  • Grâce à son algorithme, l’application Lim-Alert d’Adama détermine l’activité des limaces et prévoit les attaques jusqu’à 7 sept jours à l’avance. L’entreprise distribue aussi des pièges.

Kits de piégeage connectés simplifient le comptage des ravageurs des cultures

Si ces méthodes traditionnelles d’observation restent indispensables pour mobiliser le plus largement possible les acteurs du terrain, la surveillance des ravageurs des cultures s’automatise avec le développement de kits de piégeage connectés.

  • Le dispositif E-Gleek d’Adama assure le suivi à distance des vols de pucerons et cicadelles notamment. Face aux pucerons, la période la plus préjudiciable pour le blé se situe de la levée au stade 3 feuilles de la céréale. Une caméra balaye régulièrement une plaque engluée afin de dénombrer les adultes attirés par ce leurre. Elle permet ainsi de déterminer les pics de vol et d’estimer les niveaux de population.
  • De Sangosse mise aussi sur l’intelligence artificielle. L’entreprise a conçu le dispositif de pièges connectés Limacapt pour suivre la pression des limaces en période de risques pour toutes les cultures. Grâce à son fonctionnement autonome, l’appareil comptabilise automatiquement les mollusques, la caméra distingue les différences morphologiques. Elle a l’avantage de suivre les cinétiques des populations quotidiennement depuis chez soi. Les observations sont directement envoyées sur le smartphone de l’utilisateur.

L’action des auxiliaires des cultures aussi évaluée grâce au piégeage des ravageurs

La gestion du risque ravageur grâce au piégeage permet aussi de mesurer l’efficacité des mesures agronomiques préventives recommandées en protection intégrée. Carabes contre limaces, syrphes et coccinelles contre pucerons, tersilochus contre grosses altises du colza…, les bandes enherbées et les haies installées en bordure de parcelles attirent ces insectes. Avec ces aménagements, l’idée est de leur offrir durablement le clos-couvert. Surtout le couvert.

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