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Le siècle vert

JNA chez François Arnoux (85) : « Être précis dans la protection des cultures, la voie d’avenir »

Lors des Journées nationales de l’agriculture, François Arnoux, céréalier en Vendée, a accueilli de nombreux partenaires agricoles, dont l’UIPP. L’occasion d’échanger avec lui sur la façon dont il protège ses cultures et sa vision de l’avenir de la protection des plantes. Le numérique et l’intelligence artificielle apportent la nécessaire précision pour bien utiliser les produits de protection des plantes.

Comment raisonnez-vous la protection de vos cultures sur les trois fermes familiales ?

Le traitement systématique ne fait pas partie de nos pratiques. Nous ajustons la protection en fonction du risque sanitaire. Six sondes météo sont installées sur l’exploitation. Elles sont connectées aux outils numériques de prédiction des maladies. Ces applications nous alertent sur la progression des maladies et insectes ravageurs, très liée aux conditions climatiques. Le coup d’œil complète le diagnostic. Je passe 15 % de mon temps en moyenne à observer mes cultures. Au printemps, cela peut monter à 40 % pour guetter la montée en puissance des bioagresseurs. J’aime être dans les champs.

 

Réduisez-vous vos usages de produits phytosanitaires ?

Nous consacrons un quart de notre surface à la culture du blé dur. Nous avons le devoir de produire des grains de blé dur sans mycotoxines, lesquelles sont dangereuses pour l’Homme. Sans solutions efficaces, nous ne pouvons pas assurer ce contrat avec la société. En revanche, nous optimisons l’emploi de ces produits afin d’en mettre le moins possible. À titre d’exemple, contre les champignons responsables de la fusariose qui sécrètent ces mycotoxines, nous utilisant un adjuvant en mélange avec le fongicide. L’adjuvant limite la dérive et améliore l’étalement et la pénétration du produit dans l’épi de blé. Conséquence, nous pouvons réduire la dose de fongicide. Selon le niveau de risque, un traitement peut aussi être supprimé comme cela a été le cas en blé cette année.

Comment concevez-vous l’avenir de la protection de vos cultures ?

Ne cédons pas à la panique générale ! Nous avons besoin de produits de protection efficaces pour nos cultures. Si je fais un parallèle avec la santé humaine, ne plus avoir de produits phytosanitaires reviendrait à ne plus avoir de médicaments ! Evidemment, je suis demandeur de solutions avec le moins d’impact possible sur l’environnement. Quant aux solutions de biocontrôle, je suis prêt à les utiliser si leur performance est proche de celle des molécules de synthèse.

L’enjeu est plutôt de moduler les apports de produits en fonction de la présence des bioagresseurs. Je rêve d’un pulvérisateur qui détecte les mauvaises herbes, et ne traite que là où elles sont présentes. Je pense que c’est l’avenir. Je viens d’acquérir un matériel dont les rampes permettent de piloter indépendamment l’ouverture des buses. Il manque juste l’intelligence artificielle pour les commander à vue. Cette technologie sera accessible très prochainement, les constructeurs travaillent dessus.

Nous attendons beaucoup des sociétés phytosanitaires pour mettre au point des solutions de protection efficace à profil environnemental favorable. À nous d’utiliser les produits de façon optimisée, uniquement si nécessaire, avec précision pour diminuer les quantités.

Repères

Ferme Arnoux-Jolly, à Longèves en Vendée.

Adhérent de la coopérative Cavac, François Arnoux cultive 500 ha avec deux membres de sa famille. Le matériel est géré en commun.

Ferme Arnoux-Jolly, à Longèves en Vendée.

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