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Le siècle vert

Face au changement climatique, comment accroitre la résilience de l’agriculture ?

Seule une combinaison de solutions agronomiques répond à l’enjeu crucial de l’adaptation des cultures au changement climatique. Le point de départ, c’est la couverture végétale des sols. Retour d’expériences et partage de résultats d’essais sur le salon Tech&Bio qui s’est tenu mi-septembre dans la Drôme, près de Valence. 

Lorsque le génie des plantes rencontre le génie technique, des solutions émergent pour adapter l’agriculture au changement climatique.

Un sol riche en matière organique, de la diversité dans la rotation, des associations de cultures, le choix de variétés robustes et résistantes, la gestion de l’eau ainsi que la préservation de la santé des plantes, constituent la base d’un système de production agricole durable et résilient. Et pour mieux ajuster les pratiques face aux aléas climatiques, les technologies du numérique améliorent les prévisions météo, le suivi des bioagresseurs, compilent et analysent les données agronomiques recueillies par télédétection. Positionnés comme un formidable outil pour accélérer l’adoption de techniques innovantes, le digital et l’intelligence artificielle s’adressent à toutes les agricultures.

La couverture végétale du sol, premier facteur de résilience

Toutefois, en bio comme en conventionnel, le premier facteur de résilience à mettre en œuvre sur l’exploitation agricole réside dans la couverture permanente des sols par des végétaux. Tel est message clé délivré lors des conférences et ateliers sur l’adaptation de l’agriculture au changement climatique qui sont tenues sur le salon Tech&Bio du 21 au 23 septembre à Bourg-Lès-Valence dans la Drôme. Les plantes doivent restituer une importante quantité de biomasse afin de stocker durablement de la matière organique dans le sol. Laquelle stimule l’activité biologique, améliore la fertilité du sol et sa structure. Conséquence, la nutrition des cultures s’améliore, leur résistance se renforce face aux différents facteurs de stress dont les attaques de champignons et insectes.

Stocker plus de carbone organique et bloquer les mauvaises herbes

Installés en été, les couverts végétaux servent de chapeau au sol. Ils maintiennent de la fraicheur et de l’humidité. En occupant l’espace, ils constituent des leviers agronomiques pertinents pour réduire la colonisation des parcelles par les mauvaises herbes estivales et piéger les nitrates en cas de forts reliquats azotés.

En essais sur le pôle couverts végétaux de Tech&Bio et présenté par Frédéric Thomas, agriculteur et pionnier de l’agriculture de conservation en France : plusieurs mélanges d’espèces fourragères caractérisés par une forte production de biomasse.

L’un d’entre eux, étouffant pour les adventices, est constitué de :

  • Deux graminées, soit le sorgho fourrager (27 %) et le moha (27 %). Ces plantes se démarquent par un mécanisme de photosynthèse en C4, lequel conduit à la formation de molécules à 4 atomes de carbone au lieu de 3, donc à un rendement de piégeage du carbone supérieur à celui des autres plantes.
  • D’une légumineuse, en l’occurrence un pois fourrager (33 %), est ajoutée pour fixer l’azote atmosphérique et le relarguer dans le sol.
  • D’une espèce avec un système racinaire pivotant pour restructurer le sol : le tournesol (11 %).

Ce mélange végétal joue aussi son rôle d’atténuation du changement climatique en stockant du carbone dans le sol. Il restitue 8 à 10 t de matière sèche par/ha, correspondant à 12 à 15 t de CO2 par ha et environ 250 kg d’unités d’azote/ha, à redistribuer sur cinq ans.

La destruction du couvert végétal s’effectue par roulage ou par le gel. Ces plantes peuvent aussi être valorisées en ensilage.

Couverts végétaux en été, le chapeau des sols

Les sols découverts sont des points d’émission de chaleur. Conséquence, les nuages s’élèvent et se chargent de glaçons, provoquant des épisodes climatiques extrêmes. Installés en été, les couverts végétaux servent de chapeau. Ils maintiennent de la fraicheur et de l’humidité au niveau du sol ainsi qu’un bon fonctionnement de l’activité biologique du sol. Sur le pôle télédétection du salon Tech&Bio, un drone équipé de caméra thermique a d’ailleurs survolé les parcelles d’essais couvertes et celles laissées à nu afin de recueillir les températures à la surface du sol. Verdict : 19 °C en moyenne dans les couverts avec du sorgho, 36 °C sur les sols nus, avec une température extérieure de 24 °C ! A une température de l’air de 31 °C, les relevés effectués quinze jours plus tôt montrent une température sur sol nu de 46 °C et sous les couverts, inférieure de 18 °C !

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