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Le siècle vert

ETUDE AGRICAN 2020 DES RESULTATS RASSURANTS SUR LA SANTE DES AGRICULTEURS

Vivre et travailler à la campagne, un gage de longévité

Agrican suit l’évolution de l’état de santé des agriculteurs français depuis 15 ans déjà. Il s’agit de la plus importante cohorte d’agriculteurs au monde, et les derniers résultats viennent d’être communiqués. Les précédents résultats sont confirmés, et c’est une bonne nouvelle : les agriculteurs français sont en bonne santé.

  • Ils vivent plus longtemps, avec une mortalité inférieure de 25%,
  • Et ont moins de cancers que la population générale (chez les hommes de la cohorte AGRICAN (-7%) et chez les femmes de la cohorte AGRICAN (-5%)).

Les utilisateurs de produits phytopharmaceutiques n’ont pas plus de cancers que la population générale

Les agriculteurs ont significativement moins de cancers que le reste de la population, notamment 14 cancers sur 43 sont nettement moins détectés, malgré des expositions multiples à des facteurs différenciants comme la poussière, le gasoil, le soleil, les produits vétérinaires ou les produits phytosanitaires.

Parmi les 130 000 agriculteurs suivis par la cohorte Agrican, tous ne sont pas utilisateurs de produits phytopharmaceutiques. Agrican a permis d’isoler 53 435 agriculteurs qui ont appliqué des traitements sur les cultures et ne montre pas d’augmentation du risque de cancer en moyenne pour ces personnes. Non seulement, les auteurs n’ont pas établi de lien entre la fréquence ou la durée d’application des produits phytopharmaceutiques et l’apparition de cancers, mais, contrairement aux idées reçues, les hommes utilisant des traitements sur des cultures ont même un risque de cancer inférieur de 6 % à celui de la population générale[1]

Alors que Santé Publique France[2] estime qu’en France les cancers professionnels représentent 5,7 % de l’ensemble des cancers chez les hommes, toutes professions confondues, ce taux tombe à 1,95 % pour les agriculteurs selon les observations de l’étude Agrican[3].


[1] Cancer incidence in the AGRICAN cohort study (2005-2011), Cancer Epidemiol. 2017. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC6200131/

[2] Source : BEH N° 21 du 26 juin 2018 

[3] Calcul réalisé à partir des données d’excès de cancer publiées dans le Bulletin Agrican No 3 de novembre 2020

 

Agrican, une cohorte majeure dont certaines interprétations doivent être nuancées.

Concernant les seuls 6 cancers surreprésentés, il est important de poursuivre les recherches pour comprendre quels sont les facteurs de risque à l’origine de l’augmentation de ces cancers. De même, l’association entre des pratiques et des risques doit être analysée avec prudence. En effet, certaines de ces associations présentent des incohérences avec les données d’exposition aux produits (exemple pour le cancer de la prostate, où la publication[4] semble montrer des risques parfois plus faibles, parfois plus forts, pour des durées croissantes d’expositions aux traitements des cultures chez les arboriculteurs), et reposent parfois sur des nombres de cas de cancers trop faibles pour conclure (par exemple pour le cancer de la lèvre). Associer des cancers rares avec une activité qui concerne 4 % de la population agricole est un exercice complexe sur le plan statistique.

Par ailleurs, la cohorte inclut une part importante d’agriculteurs ayant exercé l’essentiel de leur activité durant les années 70 à 2000. Or, depuis cette période les autorités sanitaires et les entreprises ont réalisé un très important travail de réévaluation et de renouvellement des substances, mais aussi de meilleure sensibilisation au bon usage des produits, qui a conduit à des évolutions dans le temps des pratiques agricoles. Nous devons savoir si les efforts partagés de la filière ont porté leurs fruits sur la génération actuelle, où s’il subsiste des facteurs de risques non élucidés.

Concernant le myélome multiple, Agrican confirme les précédentes études en ce qui concerne ce type de cancer particulier chez les agriculteurs. L’augmentation du risque pour ce cancer très rare représente 1 cas pour 100 000 agriculteurs. Parce que la santé des agriculteurs doit être une priorité citoyenne, il est très important de continuer à surveiller ce cancer pour savoir si l’augmentation du risque persiste dans les années à venir et comprendre plus précisément l’origine cette augmentation.


[4] Lemarchand C et al. Prostate cancer risk among French farmers in the AGRICAN cohort. Scand J Work Environ Health. 2016

 

L’UIPP proactive pour la protection des utilisateurs de produits phytopharmaceutiques

L’UIPP et ses adhérents multiplient les initiatives de prévention. Par exemple :

  • Des campagnes de sensibilisation aux bonnes pratiques sont menées chaque année auprès des agriculteurs ;
  • Pionnière en Europe, l’UIPP a développé un étiquetage des produits homogène et simple pour permettre aux agriculteurs d’identifier plus aisément les précautions nécessaires à l’usage de chaque produit ;
  • L’UIPP, en association avec de nombreux acteurs du monde agricole, a contribué au développement d’Equipements de Protection Individuels (EPI) adaptés, ergonomiques et sûrs ;
  • En France, les systèmes de remplissage des pulvérisateurs sans contact se développent sous l’impulsion des principaux acteurs du marché. De tels dispositifs réduisent ainsi considérablement les risques liés à l’utilisation des produits.

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