L'analyse de l'activité du marché des produits phytopharmaceutiques
doit être effectuée sur la base de la campagne agricole
(1° octobre 2003 / 30 septembre 2004), cela afin de tenir compte
des périodes d'utilisation de ces produits au cours des divers
stades des productions agricoles. Effectuée sur la base de l'année
civile, cette analyse est, par conséquent, le reflet de la situation
de deux campagnes dont le contexte a pu être sensiblement différent.
Campagne
agricole
2003/2004 :
un marché stable
La campagne 2003/2004, en valeur et pour les adhérents de l’UIPP, a été stable (+ 1,59 %) par rapport à la campagne précédente. L’analyse du chiffre d’affaires pendant cette période fait apparaître des
évolutions sensibles suivant les principaux segments :
- 9 % pour les fongicides, suite à l’utilisation des stocks existants chez
les distributeurs et chez les agriculteurs dans un contexte « maladie » de faible
intensité;
+16 % pour les insecticides, grâce à une pression parasitaire significative,
rencontrée notamment en grandes cultures ;
+11 % pour les herbicides, du fait de l’augmentation des surfaces des céréales
et du maïs, et de la revalorisation de ce marché suite au retrait de l’atrazine.
Si l’année civile montre une hausse du chiffre d’affaires, sa signification reste
limitée. En effet, elle s’explique principalement par des emblavements en céréales
supérieurs à la campagne précédente et par des engagements de précaution des
distributeurs. Cette progression doit être également analysée en fonction du niveau
très faible des engagements à la fin 2003. Les campagnes précédentes avaient montré
des baisses consécutives significatives depuis le pic de mise en marché de la campagne
1997/1998. Des conditions climatiques très contrastées avaient également sensiblement
accentué les facteurs structurels de contraction du marché. Les comportements des
agriculteurs continuent de s’inscrire dans des démarches volontaires
(Agriculture Raisonnée) ou « réglementairement » accompagnées d’utilisation raisonnée
des produits (retrait et modalités restrictives d’application de certaines matières
actives).
Au-delà de l’impact de ces démarches, le progrès technologique et la
recherche permanente d’une maîtrise des coûts de production dans un environnement
très concurrentiel engendrent des traitements différents, en augmentation ces dernières
années, mais aussi une diminution des doses annuelles par hectare traité. Pour exemple, un
hectare de blé reçoit aujourd’hui une quantité d’herbicides huit fois moins importante
qu’il y a vingt ans (source ARVALIS).
Tendances de la campagne en cours 2004/2005 : 1,797 milliard d'euros
soit le chiffre d’affaires 2004 du marché des produits phytopharmaceutiques.
Simultanément, la réalisation des nombreux chantiers réglementaires en cours est de nature
à impacter sensiblement la mise en marché des produits phytopharmaceutiques, leurs conditions
d’application et, en conséquence, le chiffre d’affaires de la profession. Ainsi, l’application
de la directive 99/45 et la transposition de la directive « SEVESO II » vont conduire les
distributeurs à revoir les conditions dans lesquelles ils participent à la mise en marché
des produits phytopharmaceutiques pour satisfaire au renforcement des dispositifs réglementaires,
notamment en matière de stockage. De plus, le projet de loi sur l’eau qui prévoit la
création d’une redevance pour remplacer la TGAP, le plan national interministériel de
réduction des risques liés aux produits phytopharmaceutiques et l’évolution du dispositif
d’homologation des produits sont de nature à accélérer l’évolution des comportements des
agriculteurs ; ces derniers pourront être conduits à considérer dans leurs achats d’autres
critères, comme ceux liés à la fiscalité écologique.
Dans cet environnement réglementaire en constante évolution et compte tenu d’une conjoncture
économique morose, les demandes de solutions agronomiques pour préserver le potentiel
des cultures sont de plus en plus complexes à gérer. La disparition de certaines substances
actives nécessite d’autant plus une évolution des programmes de traitement que les conditions
climatiques ont cette année été favorables au développement de divers parasitismes.
En conséquence, le marché pourrait confirmer le démarrage de la campagne et faire
apparaître une reprise technique, liée en partie à la nécessité de reconstituer des stocks
de proximité pour permettre une utilisation des produits au meilleur moment.