Sur l'année
civile 2003, le
chiffre
d'affaires
dégagé par le
marché des
produits
phytopharmaceutiques
régresse de 11%
par rapport à
2002.
Cette
contraction
sensible du
marché s'inscrit
régulièrement
dans la durée
ces dernières
années. Par
ailleurs, on
peut noter que
la baisse de
cette année
atteint -25% par
rapport au pic
de 1999. Pour
analyser les
raisons de cette
situation, il
est nécessaire
de tenir compte
du déroulement
de la fin de la
campagne
agricole
2002/2003 et du
début de la
campagne
2003/2004 dont
les contextes
ont été
sensiblement
différents.
Campagne
agricole
2002/2003 :
Baisse de 8,5 %
Après une pause sur la campagne agricole
2001/2002, la tendance à la baisse continue
à se faire sentir. Les résultats sur la période
du 1er octobre 2002 au 30 septembre 2003
(période de la campagne agricole) soulignent
une chute de 8,5 %, par rapport à la période
précédente. L’examen du chiffre d’affaires
traduit une baisse marquée sur l’ensemble
des usages :
- 8,5 % pour les fongicides,
- 5 % pour les insecticides,
- 8 % pour les herbicides,
- 14 % pour les divers.
Les facteurs conjonctuels climatiques
Cette évolution négative sur l’ensemble des
usages s’explique par différents facteurs ; le
principal reste le contexte climatique de
cette campagne. Les inondations dans le
Sud-Est de la France à l’automne, les périodes
de gel en janvier, février et début avril,
la sécheresse de printemps et, enfin, la
canicule au cours de l’été ont occasionné
des dégâts en culture et un retard de développement
des parasites.
Les pressions structurelles
Certains facteurs structurels négatifs persistent.
Ce sont, d’une part, les incertitudes
liées aux conséquences des Accords du
Luxembourg signés en juin 2003 dans le
cadre des négociations de la PAC, et l’évolution
des comportements des acteurs de
la filière agricole.
Après avoir fait face aux conséquences
économiques des aléas climatiques particulièrement
marqués, les acteurs de la filière
agricole doivent envisager les conséquences
potentielles de la nouvelle PAC et de
l’entrée en 2004 des dix nouveaux pays
dans l’Union européenne. Dans ce contexte,
les incertitudes sur le niveau des prix des
produits agricoles et les projets d’un certain
découplage entre production et aides directes
soumises aux « conditionnalités » ont été
de nature à favoriser des investissements faibles
des agriculteurs. La maîtrise des charges
reste plus que jamais prioritaire au détriment
de l’optimisation du potentiel économique
des cultures. Cette volonté est
apparente dans différents comportements.
Par ailleurs, l’impact des « nouveaux » dispositifs
réglementaires et notamment la
mise en oeuvre des « retraits » de certaines
molécules commencent à s’inscrire dans
le choix des programmes de traitement et
sont susceptibles d’expliquer une partie de
la baisse dans la consommation de produits
phytopharmaceutiques.
Enfin, le développement des actions de
communication et de formation sur les
bonnes pratiques agricoles et du référentiel
« Agriculture Raisonnée » commence à influer
sur le comportement des agriculteurs qui
utilisent les produits phytopharmaceutiques au plus
près des besoins. Difficiles à quantifier, ces
paramètres pourraient représenter, selon
notre perception, 2 % à 3 % de la baisse
constatée. Ainsi, la baisse régulière des tonnages
des substances actives vendues en
France depuis le pic de 1997 (- 31 %) reflète,
en partie, ces changements de comportements.
Cette explication est confirmée par
une étude réalisée par Agreste en 2001 qui
révèle que les doses annuelles par hectare
traité diminuent entre 1994 et 2001.
De nouvelles marges de manoeuvre pour l'emploi des produits phytopharmaceutiques
Le contexte de la campagne en cours peut laisser espérer un déroulement plus stable
de l’activité. Les surfaces des céréales
d’hiver sont en hausse de 7 %, les traitements
rejoignent ceux d’une année
moyenne et les prix de vente des matières
premières agricoles sont bien orientés.
De plus, la baisse du taux de gel de 10 %
à 5 % devrait être favorable aux cultures
de printemps (orge et tournesol). Néanmoins,
les facteurs plus structurels évoqués
précédemment vont continuer à
peser sur la baisse des intrants.
L'offre de produits phytopharmaceutiques
Dans ce contexte d’une demande de plus en plus complexe et difficile à anticiper sur
les produits phytopharmaceutiques, l’offre pourrait
commencer à marquer une pause en raison
d’une augmentation sensible des coûts
liés au processus de développement et de
mise sur le marché de nouvelles substances
actives.
Notons, à cet égard, que si la concentration
des grands pôles internationaux
demeure une réalité, des entreprises de
taille intermédiaire ont su saisir des opportunités
en procédant à l’acquisition de
molécules pour diversifier certains usages
et rationaliser leur gamme de produits.
Dans ce climat d’incertitudes et de complexités
croissantes dans la mise sur le
marché des produits phytopharmaceutiques en
France, l’entrée en 2004 des huit pays
d’Europe centrale, de Chypre et de Malte
peut être considérée comme neutre pour
les activités de la profession. Néanmoins,
l’internationalisation des sociétés adhérentes
à l’UIPP peut les amener à considérer
les potentiels de productions agricoles de
ces pays et les flux d’échanges entre les
Quinze et les nouveaux entrants comme de
réelles opportunités.
Pour mémoire, la ventilation du chiffre d’affaires
mondial par grands ensembles économiques et par
familles de produits ne montre globalement pas de
changement sensible par rapport à l’année
précédente.