Année civile 2009
L'évolution des ventes de produits phytopharmaceutiques mis en marché en 2009 indique un retrait global de 3 % pour se situer à 2,016 milliards d’euros.
La baisse sensible au 1er semestre s’est amplifiée au second. Après deux années de hausse, ce retrait confirme l’arrêt de la progression du marché :
- les ventes de fongicides sont restées stables (+ 1,6 %) ;
- les ventes d’herbicides ont baissé de 7,5 %, en raison de l’utilisation des stocks existants et de la progression des solutions les plus économiques ;
- les ventes d’insecticides sont en hausse de 11,9 % ;
- les ventes de produits divers sont en baisse de 7,6 %.
La baisse des quantités de substances mises sur le marché est sensiblement plus marquée que celle des ventes, en raison notamment d’un transfert de produits pondéreux vers des produits à dose unitaire plus faible à l’hectare mais plus valorisé à l’unité.
Cette tendance baissière peut s’expliquer par la combinaison de différents facteurs :
- la pression parasitaire significativement plus faible que l’année précédente et une protection des cultures de plus en plus raisonnée, qui ont entraîné une baisse des utilisations ;
- des stocks importants restant à la fin de la campagne 2008/2009, en particulier de fongicides (vignes et grandes cultures), mais aussi d’herbicides ;
- la dégradation de la situation financière des agriculteurs, pour quasiment l’ensemble des filières qui entraîne une recherche approfondie d’économies ;
- un engagement de tous les acteurs des filières agricoles dans le développement d’une agriculture durable faisant largement appel à une utilisation raisonnée des produits phytopharmaceutiques, le Grenelle de l’environnement ayant permis de sensibiliser encore davantage et d’accélérer l’adoption de méthodes d’observation des parasites et la
- systématisation d’outils d’aide à la décision.
Par ailleurs, l’année 2009 a été marquée par le retrait de certaines molécules, par la mise sur le marché d’innovations dans le cadre du nouveau dispositif d’évaluation et par le renforcement des actions des autorités pour lutter contre le développement des importations illégales de produits contrefaits.
Enfn, la hausse actuelle et prévue des redevances pour pollutions diffuses (RPD) sur les produits phytopharmaceutiques qui n’existent pas dans les autres pays européens, sont de nature à accentuer les sources de distorsion pour les productions agricoles françaises.