Sur les
phytopharmaceutiques, la santé et l'environnement
AFP - Grenelle An 1
bons points et les autres (PRINCIPAUX POINTS) Sur les 268 engagements du Grenelle de l'environnement, une poignée a été mise en oeuvre, d'autres sont au point mort, mais la plupart sont suspendus à l'adoption des lois Grenelle dont la première est désormais entre les mains des députés.
EN SUSPENS: beaucoup de dispositions restent suspendues à l'adoption de la loi Grenelle 1 dont l'examen parlementaire commence cette semaine, et plus encore à la loi Grenelle 2, qui en détaillera la mise en oeuvre:...
- AGRICULTURE: l'objectif de porter la part du bio à 6% des surfaces cultivées en 2013 (contre 2% actuellement) et à 20% en 2020, bénéficie du doublement du crédit d'impôt octroyé aux exploitations bio dans le projet de loi de finances. Mais c'est la seule mesure concrète à ce jour. Le gouvernement a présenté son plan pour diviser par deux "si possible" l'usage des pesticides en dix ans.
Le Figaro – 3 octobre – Marine Perez
Un lien possible entre cancer du poumon et pollution
Environnement Cancer : une expertise collective. L’Inserm et l’Afsset viennent de rendre public un ouvrage de plus de 800 pages, consacré aux liens entre environnement et cancer. Les spécialistes se sont focalisés sur des tumeurs fréquentes : cancer du poumon, mésothéliome, hémopathies (leucémies, lymphomes...), cancer du sein, de la prostate, du testicule, de la thyroïde, de l’ovaire et du cerveau. Pour chacune de ces localisations, les auteurs analysent toutes les études toxicologiques et épidémiologiques concernant les facteurs environnementaux responsables de ces maladies, les uns étant certains, les autres encore débattus. Dans cet ouvrage fort documenté scientifiquement, la question de l’impact des faibles doses apparaît de manière récurrente. Qu’il s’agisse des radiations vis-à-vis des cancers du sein ou des leucémies ou des pesticides à propos du cancer du cerveau. Si ce travail collectif ne répond pas à toutes ces questions, il dresse un état complet des connaissances actuelles mais aussi de tout ce qui reste à comprendre.
Libération – 3 octobre - Eric Favereau
L’origine des cancers reste floue
Le débat est vif en France entre les tenants des causes environnementales du cancer et ceux qui estiment que cela reste marginal. Des facteurs présents dans l’environnement sont cancérogènes de manière certaine, comme l’arsenic, le radon, le tabagisme passif. Mais comment faire le tri ? La liste de ces facteurs est en effet longue et « la quantité de l’information disponible sur les associations entre facteurs environnementaux et cancers est très variable d’un cancer à l’autre et également selon le cancer considéré ». Bref, c’est flou. Et on patauge, comme par exemple sur les pesticides : plus d’un millier de molécules ont été mises sur le marché en France. Est-ce dangereux ? « Les risques liés à ces molécules ne peuvent être évalués, faute de données toxicologiques et épidémiologiques possibles. »... Dans ce contexte d’incertitude, l’expertise collective de l’Inserm suggère des recommandations de bon sens, comme le développement de bases épidémiologiques ainsi qu’un effort sur la recherche toxicologique. C’est déjà ça. Mais certains resteront sur leur faim.
Aujourd’hui – 7 octobre – Matthieu Auzanneau
Ce qu’ils espèrent du Grenelle
« Moins de pesticides dans les champs » Cyril Savale a repris la ferme de son père à Ailly, dans l’Eure, en 1998. En 2002, il s’est laissé convaincre de rejoindre un petit groupe d’agriculteurs normands qui cherchent à utiliser moins de produits chimiques. Grâce à des variétés de blé « rustiques », plus robustes, Cyril n’utilise par exemple qu’une dose de fongicide au lieu de six lorsqu’il s’est installé et ne recourt plus aux insecticides qu’en « dernier recours ». Les rendements de son exploitation de 90 ha ont chuté. Mais en retour, il faut des économies substantielles en produits chimiques. « Quand tout va bien, ma marge est parfois supérieure à celle de mes voisins, qui cultivent de façon conventionnelle », se réjouit-il. Un bémol pourtant : « Utiliser moins de pesticides, c’est un risque. On doit être bien plus attentif à ce qui se passe dans son champ que ceux qui ne font confiance qu’aux produits phytosanitaires. » Le jeune agriculteur ne touche aucune aide pour l’encourager à creuser son sillon de « paysan responsable ». Il espère bien que, comme annoncé cela va changer avec le Grenelle. « Quand on tombe de 80 à 30 quintaux de blé à l’hectare, il faut avoir les nerfs solides. »
|