Sur les
phytopharmaceutiques, la santé et l'environnement
AFP – 28 août
Des ONG dénoncent de nouvelles normes européennes pour les pesticides
Plusieurs organisations dont Greenpeace et le réseau PAN Europe (Pesticide Action Network) ont dénoncé jeudi de nouvelles normes européennes en matière de pesticides dans les aliments, qui doivent entrer en vigueur lundi et menacent selon eux notre sécurité alimentaire. L'ONG néerlandaise Natuur en Milieu et le réseau PAN Europe, auquel appartient notamment l'association française MDRGF (Mouvement pour le droit et le respect des générations futures), ont lancé une action en justice devant la Cour européenne de justice contre cette nouvelle réglementation. Selon ces associations, le nouveau règlement --qui vise à harmoniser dans l'UE les plafonds autorisés pour la présence de résidus de pesticides dans les aliments-- devrait entraîner une augmentation "spectaculaire" des limites existantes. "La Commission n'a pas rempli son obligation de fixer des limites légales les plus basses possibles", a estimé Elliott Cannell, coordinateur de PAN Europe, lors d'une conférence de presse à Bruxelles. "Elle n'a pas non plus évalué les effets cumulatifs des pesticides sur la santé humaine", selon François Veillerette, président du MDRGF, cité dans le communiqué, justifiant ainsi l'action en justice menée par Natuur en milieu et PAN Europe. A l'heure actuelle, chaque pays de l'UE dispose de ses propres seuils légaux pour les pesticides.
L’UIPP a adressé un Communiqué de Presse joint en PJ
La Croix – 2 septembre – Nina Hubinet
La réglementation sur les pesticides oppose la Commission aux écologistes
La Commission rappelle que certains pays de l’Union européenne ne fixaient aucune limite à la présence de pesticides dans l’alimentation avant l’entrée en vigueur de ce règlement, qui est donc synonyme d’une plus grande sécurité alimentaire. Sur le site de l’Union européenne, le document relatif à ce nouveau règlement note que l’harmonisation était nécessaire pour la protection des consommateurs, mais aussi pour faciliter les échanges entre Etats membres. « Pour les importateurs, avec 27 listes de LMR, il devenait difficile de savoir quelle limite respecter », souligne-t-on. La Commission européenne insiste d’autre part sur les études scientifiques menées entre mars 2007 et mars 2008 avec l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) pour établir ces nouvelles limites. Les affirmations des ONG seraient basées sur des informations « grossières, dépassées et imprécises » d’après l’Institution européenne.
Libération – 2 septembre – Sébastien Buffet
A Helsinki, les produit chimiques sous la loupe européenne
L’Agence européenne des produits chimiques (Echa) doit mettre en œuvre la réglementation Reach qui encadre en Europe, la fabrication et l’usage des substances chimiques. Pas moins de 30000 d’entre elles doivent être enregistrées d’ici à dix ans. Depuis le 1 er juin, les entreprises produisant ou important ces substances peuvent les pré enregistrer auprès de l’agence. Cette phase qui court jusqu’au 1 er décembre, permet aux industriels d’échelonner l’enregistrement des substances en fonction de leur dangerosité et de leur volume. Celles produites à plus de 1000 tonnes par an ainsi que les plus nocives, groupées sous le sigle CMR (cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques), devront être enregistrées le 30 novembre 2010 au plus tard. Pour celles dont la production n’excède pas 100 tonnes, la date butoir est le 30 mai 2018. Alors qu’il revenait aux Etats d’établir l’innocuité des substances, Reach renverse la charge de la preuve. « Désormais c’est à l’industrie de démontrer que ses produits sont non nocifs » déclare le directeur exécutif Geert Dancet.
Elle – 1 er septembre – Dorothée Werner
Doit-on avoir peur des pesticides – polémique
Depuis 20 ans, les données scientifiques montrent à quel point les pesticides mettent notre santé en danger. Le toxicologue J.F. Narbonne, chercheur au CNRS et prof à l’université de Bordeaux, connu pour ses propos nuancés, évoque « le lien démontré entre pesticides et troubles neurologiques et perturbations endocriniennes. Il y a aussi une grande probabilité qu’on leur doive l’explosion du taux de certains cancers (+ 62% de leucémies en dix ans en France, + 20% de tumeurs malignes entre 1980 et 2000) et de la stérilité (12% de couples stériles en Europe) ». L’ORP (Observatoire des résidus de pesticides) reconnaît sans problème que leurs substances actives ont des effets cancérigènes, mutagènes et toxiques pour la reproduction humaine. Certaines études du Circ (Centre international de recherche sur le cancer) ont conclu que l’alimentation est à l’origine de 25% des décès par cancer… Mais l’Académie de médecine refuse d’associer l’environnement à l’augmentation des maladies, sous prétexte que le lien n’est pas assez scientifiquement démontré. Le médecin David Servan-Schreiber relativise, pour lui : « les pesticides sont beaucoup moins graves pour la santé que la cigarette ou les excès de sucre ! ». Idem pou JF Narbonne : « Leur usage est extrêmement encadré au niveau réglementaire et légal, et il n’y a pas de quoi s’affoler. La situation peut être nettement améliorée, mais elle n’est pas catastrophique. Pour la bonne raison que les produits phytosanitaires deviennent de plus en plus cher, ce qui pousse les agriculteurs à en mettre moins ! Mais on retrouve des résidus de pesticides interdits depuis trente ans dans le corps de 100% des gens, qui se sont transmis de la mère à l’enfant via le placenta. Vous n’imaginez pas les doses utilisées dans les années 70 ! Aujourd’hui, on a fortement diminué les doses par rapport à l’époque ».
Version fémina – 10 août – Marie Christine Colinon
Pollution y a du mieux … EAU haro sur les pesticides
La qualité des eaux demeure problématique. Les bilans de l’Institut français de l’environnement font apparaître une contamination par les pesticides. Destinés à combattre les mauvaises herbes, les champignons et les insectes, ils sont présents dans 9% des rivières et 60% des eaux souterraines…. Les pesticides sont fortement suspectés d’être des « perturbateurs endocriniens ». Se comportant comme l’hormone féminine oestradiol, ils seraient responsables d’une altération des spermatozoïdes… Ils pourraient aussi être impliqués dans la forte augmentation de cancers hormonaux dépendants ainsi que dans ceux qui touchent les enfants et dans les leucémies (en hausse parmi les agriculteurs).
La Dépêche du Midi – 31 août
Vers une filière nationale
Créée en 2001 pour prendre en charge la filière nationale de gestion des déchets phytosanitaires, la société ADIVALOR deviendra dans les années à venir la société de référence pour la collecte de tous les déchets produits sur les exploitation agricoles. Après les contenants de produits phytosanitaires qu’elle incinère pour en faire de l’énergie (un bidon de 5 litres peut alimenter une ampoule de 60 W pendant plus de 8 heures), ADIVALOR attaque dès cette année le marché des fertilisants, ces fameux big bags qui, après recyclage, peuvent être utilisés comme clayettes et pots pour l’horticulture… La société fonctionne sous la forme d’une écotaxe demandée aux industriels qui fabriquent les produits phytosanitaires et maintenant les fertilisants. Ecotaxe qui est bien sûr répercutée par ces mêmes industriels sur les produits vendus aux agriculteurs. Les membres fondateurs d’ADIVALOR sont les organisations représentant l’industrie de la protection des plantes (UIPP, UPJ), les coopératives (FFCAT, INVIVO), les négociants agricoles (FNA) et les agriculteurs (APCA, FNSEA).
Presse Océan – 12 août – Sonia Leygiene
Vignobles : 16 produits testés pour diminuer les traitements nocifs
Les spécialistes de la chambre d’agriculture mènent actuellement des essais dans le vignoble nantais. L’objectif ? Diminuer les traitements phytosanitaires au profit de produits naturels. De l’avis des experts, ces produits offrent une alternative permettant de diminuer les doses phytosanitaires ; « Avec le Grenelle de l’environnement, les viticulteurs sont conscients que des mesures vont être prises dans ce sens, très rapidement. Ils sont très intéressés par mon étude, explique Nadège Brossard-Menain. Mais ces substances naturelles « ne remplacent en aucun cas les produits phytosanitaires » souligne la conseillère viticole : « On ne pourra pas s’en passer complètement, il faut bien en être conscient… C’est une utopie de croire qu’on pourra stopper l’utilisation des phytosanitaires ».
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