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Revue de presse :
du 12 au 19 octobre 2007
L'actualité qui nous concerne (extraits)...
Ce que la presse nous dit : 

Avertissement : Cette revue, de la presse non professionnelle, a pour objectif d’être le reflet des principaux articles concernant la filière des produits phytopharmaceutiques. En aucun cas, elle ne représente la position de l’UIPP.
 


Sur les phytopharmaceutiques, la santé et l'environnement

AFP – 17 octobre
Pesticides Antilles : pas de commission d’enquête mais « comité de suivi »

Le président de la commission des Affaires économiques de l'Assemblée, Patrick Ollier (UMP), a rejeté mercredi la demande de commission d'enquête sur la pollution des sols antillais par les pesticides, préférant mettre en place un "comité de suivi"."Je comprends la légitime inquiétude des habitants de la Martinique et de la Guadeloupe. J'ai lancé une mission d'information dont le rapport a été rendu mi-2005", a déclaré M. Ollier à la presse. Il a rencontré mercredi des députés antillais, parmi lesquels Victorin Lurel (PS, Guadeloupe), qui réclamaient une commission d'enquête, à la suite du rapport du cancérologue Dominique Belpomme évoquant un risque de "désastre sanitaire" dû à l'utilisation massive de pesticides aux Antilles. Le rapport de la mission d'information en 2005 "était très sérieux" et "163 personnes ont été auditionnées, dont le professeur Belpomme, qui, à l'époque, n'avait rien dit d'extraordinaire", a dit M. Ollier."Toutes les personnes susceptibles d'apporter des informations précises sur le chlordécone ont été sollicitées (...) Ce rapport est sérieux et je ne vois pas pourquoi on recommencerait à le faire sauf à vouloir satisfaire quelques velléités d'ordre politique entre tel ou tel parti politique", a-t-il fait valoir. Par ailleurs, une commission d'enquête ne peut pas être créée s'il y a ouverture de procédure judiciaire, or il y en a trois en cours, a souligné M. Ollier "Je trouve scandaleux que le Pr Belpomme, dont on ne sait pas par qui il a été mandaté ni comment ses études ont été financées, puisse lancer de telles allégations, en surfant sur la peur et les inquiétudes des gens en laissant penser qu'on empoisonne nos amis antillais". La présidence du "comité de suivi" du rapport de la mission d'information va être proposée à l'opposition, a indiqué l'ancien président de l'Assemblée, annonçant que la fonction de rapporteur ira à Jacques Le Guen (UMP). "Nous allons auditionner le Pr Belpomme et d'autres scientifiques qui ont des choses à dire", a ajouté M. Ollier.

Santé Magazine – 1er novembre – Nathalie Courret et Olivier Maulin
Quelle place pour les pesticides aujourd’hui ?
Jean Charles Bocquet de l’UIPP ne nie pas que l’on puisse ponctuellement retrouver des traces de pesticides dans l’eau mais c’est qu’alors, d’après lui « à un moment donné dans la chaîne, le produit n’a pas été utilisé correctement ». Car de cela, il est certain : « Dans des conditions d’emploi bien précises qui figurent sur les étiquettes, les produits phytopharmaceutiques présents sur le marché ne présentent pas de risques au niveau environnemental ». Le Dr Michel Urtizberea (UIPP) va plus loin : « Des pesticides dans l’eau et dans l’air, oui, il y en a ! Mais avec l’efficacité des méthodes de détection, on est de plus en plus précis, si bien que forcément on trouve plus de choses… La vraie question, c’est de savoir si les niveaux rencontrés dans l’air ou dans l’eau sont à risque ? » Lui ne le pense pas, convaincu que l’homologation d’un produit est assez précise pour prévenir les risques. Si Jean Charles Bocquet reconnaît et déplore certains excès passés dans le domaine des pesticides, il estime que ceux-ci n’ont plus cours. « Après une phase d’agriculture intensive, nous sommes entrés dans une phase d’agriculture raisonnée. Elle se développe soit de manière officielle à travers un référentiel, soit de manière non officielle sur le terrain avec des agriculteurs qui raisonnent leurs interventions. Aujourd’hui, il y a une prise de conscience des acteurs pour revenir à des pratiques agronomiques mais cela ne permettra pas de faire l’impasse sur les produits phytopharmaceutiques ».

 
  Sur les phytopharmaceutiques, la santé et l'environnement  
  Sur l'agriculture  
  Sur les abeilles  
  Sur les firmes  
  Sur l'agriculture raisonnée  
  Sur l'agriculture biologique  
  Sur les OGM  
  Ils ont dit  
 


du 13 au 22 septembre 2008
du 3 au 12 septembre 2008
du 1 aout au 2 septembre 2008
du 12 au 31 juillet 2008
du 05 au 11 juillet 2008
du 27 juin au 04 juillet 2008
du 14 au 26 juin 2008
du 07 au 13 juin 2008
du 27 mai au 06 juin 2008
du 17 mai au 26 mai 2008
du 30 avril au 16 mai 2008
du 18 au 29 avril 2008
du 11 au 17 avril 2008
du 05 au 10 avril 2008
du 21 au 27 mars 2008
du 12 au 20 mars 2008
du 1er au 11 mars 2008
du 15 au 28 février 2008
du 9 au 14 février 2008
du 2 au 8 février 2008
du 25 janvier au 1er férier 2008
du 19 au 24 janvier 2008
du 21 décembre 2007 au 10 janvier 2008

Archives 2002
Archives 2003
Archives 2004
Archives 2005
Archives 2006
Archives 2007

 

 

  AFP – 19 octobre – Marie Pierre Ferey
Grenelle de l’Environnement : les lobbys s’activent en coulisses
Nucléaire, OGM, pesticides, automobile: la "révolution écologique" promise par le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo à l'issue du Grenelle de l'environnement devra affronter le tir de barrage des lobbys, déjà actifs en coulisses. Témoin, cette pleine page de publicité dans la presse des Jeunes agriculteurs: "Les premières propositions du Grenelle de l'Environnement bouleversent l'agriculture française", lancent-ils, évoquant un arrêt des cultures, voire une délocalisation si des contraintes environnementales fortes étaient imposées. Ou encore ce colloque au Sénat, vantant le nucléaire et prônant la construction d'un deuxième EPR, réacteur dont les écologistes réclament -en vain- l'arrêt Le nucléaire -dont la France est champion mondial avec 58 réacteurs- est d'ailleurs le grand absent des débats du Grenelle. Officiellement pourtant, pas de tabou autour de la table de discussions entre patronat, syndicats, associations et pouvoirs publics. "Le grand bonheur de cette expérience, c'est que in fine, la logique de la discussion et de la concertation a prévalu sur le défense des intérêts catégoriels", assure Sophie Liger, directrice du développement durable au Medef. "L'industrie et la FNSEA ont pesé de tout leur poids", rétorque François Veillerette, président du MDRGF (écologistes). Résultat: aucun objectif chiffré de réduction des pesticides. Il dénonce "une conception ancienne de la santé publique, où il faut vraiment avoir une certitude absolue et compter les cercueils pour agir". Le Grenelle a suscité selon lui une "forte réaction". Coïncidence? Plusieurs livres "anti" écolos sortent simultanément: "Ecologie, la grande arnaque" du président des Automobiles clubs de France ou "Les prêcheurs de l'apocalypse", de Jean de Kervasdoué. Le principe de précaution, inscrit depuis 2005 dans la Constitution, est remis en cause au détour de la commission Attali sur la croissance. Pour Yannick Jadot, de Greenpeace France,"dès qu'on arrive sur des mesures concrètes, opérationnelles, on se heurte au blocage très fort des lobbys".

Matin Plus – 12 octobre
Les Français se méfient de leur assiette
Plus d’un Français sur deux se dit inquiet des effets de l’alimentation sur sa santé. Une enquête Ipsos publiée hier détaille les principales peurs et attentes des consommateurs vis-à-vis de la qualité de leurs aliments. Etienne Mercier, directeur adjoint d’Ipsos, tire ce constat préoccupant d’une enquête qu’il a diligentée pour Agri Confiance (association de coopératives agricoles réunissant plus de 31 000 producteurs) concernant les craintes des Français sur les risques alimentaires. Les chiffres, publiés hier, sont éloquents : 52% des sondés se disent inquiets des effets de l’alimentation sur leur santé. Loin derrière, figure la crainte d’un accident de la route (34%). Plus loin encore, celle d’un attentant terroriste (18%). Au sommet de la pyramide des peurs, on retrouve les risques liés à la pollution de l’air et de l’eau (57%), qui inquiètent toutes les catégories de la population. « Les Français appréhendent en premier lieu ce qu’ils ne voient pas, à savoir les pesticides, les substances chimiques et toxiques », précise le statisticien.

Femme Actuelle – Nov 07 – Claire Gabillat
L’alimentation anti cancer
A en croire l’OMS, « plus d’un tiers des cas de cancers serait attribuable à une alimentation non équilibrée ». Le Programme national Nutrition -Santé (PNNS) estime à au moins 20% le nombre de cas qui pourraient être évités, en France, en consommant plus de fruits et de légumes. En ce qui concerne les produits bio qui protègent du cancer : rien ne permet de le penser. D’abord, parce que leur qualité nutritionnelle n’est pas meilleure que les autres. Ensuite, parce que les pesticides de synthèse utilisés dans l’agriculture traditionnelle contaminent rarement (et très faiblement) notre alimentation.
 


   
 
Sur les abeilles

Le Monde – 14 octobre – Catherine Vincent
2 millions d’ha pour les abeilles
Bernard Vaissière, spécialiste de la pollinisation à l’INRA, n’exclut pas que les abeilles disparaissent de la planète. Il y a cinq ans, j’aurais considéré cette hypothèse comme totalement futuriste. Aujourd’hui, le la prends au sérieux car le déclin se mesure désormais à l’échelle mondiale. Chez les populations sauvages comme chez l’abeille domestique. Concrètement, la disparition des abeilles ne signifie pas que l’espèce humaine mourra de faim, puisque 60% des cultures –principalement les céréales – ne sont pas concernées. Mais la diversité alimentaire en serait profondément altérée. La technique ou l’élevage à l’absence des pollinisateurs naturels n’est satisfaisante. En ce qui concerne la réduction et la fragmentation de leurs habitats, on peut tout à fait renverser la tendance. Si on se contente de faucher les talus une fois par an, si on préserve un peu mieux les prairies naturelles, si on optimise l’utilisation des jachères fleuries, les abeilles se porteront déjà mieux. De même si l’on prend des mesures plus efficaces d’un continent à un autre contre les espèces invasives, tel le frelon asiatique. Mais, avant tout, il faut réduire l’usage des pesticides. Les agriculteurs comme les jardiniers doivent prendre conscience que les abeilles sont totalement démunies vis-à-vis de ces produits toxiques. Et qu’elles sont de précieuses auxiliaires de leurs cultures, à protéger en priorité. Il apparaît que l’impact des pollinisateurs est considérable : au niveau mondial, il représente environ 10% du chiffre d’affaires de l’ensemble de l’agriculture. Et les pays qui en sont les plus dépendants sont les pays développés.
 


   
 
Sur les divers

Les Echos – 16 octobre – Pierre Alain Furbury
LLe gouvernement est attaché au principe de précaution
Alors que les négociations du Grenelle de l’environnement ne sont pas achevées, l’éventuelle remise en cause du principe de précaution, inscrit dans la Constitution depuis 2005, se heurte à de fortes réticences politiques. Ce n’est pas un hasard si cette proposition-là n’apparaît pas, pour l’instant, dans les conclusions de la Commission Attali : elle est celle qui suscite le plus de réticences, jusqu’au sein même du gouvernement. Pas moins de quatre ministres ou secrétaires d’Etat se sont déjà fermement opposés à l’éventuelle remise en cause du principe de précaution. « Le message serait incompréhensible par ce que trop négatif » explique JF Copé, président du groupe UMP à l’Assemblée. « Nous devons être capables de stimuler la croissance tout en préservant un principe de précaution auquel les Français sont attachés » insiste-t-il. Sans surprise, les critiques les plus virulentes émanent des organisations écologistes et des Verts, qui jugent les recommandations de la Commission Attali en contradiction flagrante avec le Grenelle de l’environnement. « Pourquoi ne pas demander tant qu’on y est que la France propose l’abrogation des directives Reach et Seveso ? s’est emporté Yann Wehrling, le porte parole des Verts.
 


   
 
Sur l'agriculture raisonnée

 


   
 
Sur l'agriculture biologique

Libération (supplément) – 13 octobre – Guillaume Launay
Un bon plant pour tout le monde
La FAO, une agence de l’ONU, l’affirme dans un rapport : une agriculture 100% biologique pourrait suffire à satisfaire les besoins de la planète. De là à conclure que l’agriculture bio va nourrir le monde, il y a une nuance de taille : « Aujourd’hui aussi la production permettrait de satisfaire les besoins de la planète, explique Nadia El-Hage Scialabba, du département Environnement et développement durable de la FAO. Ca ne veut pas dire que la nourriture est disponible pour tous ». Ce que souligne le rapport, c’est qu’ « une conversion planétaire à l’agriculture biologique, sans défrichement de zones sauvages à des fins agricoles et sans utilisation d’engrais azotés, déboucherait sur une offre de produits agricoles de l’ordre de 2640 à 4308 kilocalories par personne et par jour » quand la production actuelle est de 2785. La FAO pointe cependant l’insuffisance de connaissances scientifiques sur la filière. Et évoque le problème des débouchés : « Exporter une petite quantité de la production permet de garantir une amélioration du revenu, précise Nadia El-Hage Sciaabba. Mais il ne faut pas délaisser la consommation locale, qui permet de développer le marché ». Finalement l’optique de la FAO est avant tout de répondre aux détracteurs : « On a toujours accusé ce système d’être moins productif. Il y a dix ans, c’était farfelu de faire du bio. Ce qu’on montre, c’est que c’est une option à étudier sérieusement. » Le reste est affaire de politique.

Midi Libre – 8 octobre
A Montpellier, l’INRA piste les coccinelles asiatiques
Très efficaces dans la lutte conte les pucerons en raison de leur voracité exceptionnelle, les coccinelles asiatiques (Harmonia axyridis) ont aussi envahi en un temps record le nord-est de la France, au détriment des espèces locales, et rien ne semble les arrêter, selon les spécialistes. Les observations de l’intruse se multiplient ces derniers jours, notamment en Alsace. Les coccinelles asiatiques sont voraces : elles peuvent priver les espèces indigènes de nourriture et même manger leurs larves. Ces dernières « régressent à mesure qu’Harmonia progresse » affirme Vincent Ternois, fondateur de l’Observatoire permanent pour le suivi de la coccinelle asiatique en France. Cette coccinelle a été importée de Chine par l’Inra dès 1982 dans le cadre d’expérimentations de lutte biologique contre les pucerons. Elle a ensuite été commercialisée à grande échelle en France entre 1995 et 2000 par la société Biotop qui fabrique des produits de lutte biologique contre les parasites. Par précaution, la société Biotop, suivie par d’autres concurrents, a cessé de commercialiser la coccinelle asiatique en 2000. Mais qu’on finisse par l’interdire ou pas, il est déjà trop tard, estime le naturaliste Vincent Ternois. « Elle est si rapide que plus rien ne pourra l’arrêter ».
 


   
 


Sur les OGM
 

AFP – 12 octobre
La décision de la FNSEA sur les OGM « valide » l’exercice du Grenelle (Borloo)
Le ministre de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo, a salué vendredi la décision de la FNSEA d'accepter le principe d'un gel provisoire sur les OGM, estimant qu'elle "validait l'exercice même du Grenelle". "C'est un beau signal pour le pays", a-t-il déclaré à l'AFP. "C'est un geste politique fort de la part des agriculteurs et au-delà, c'est la validation du Grenelle", a ajouté le ministre. Le Grenelle de l'environnement, "c'est une expérience démocratique innovante qui est difficile et qui fait, sur beaucoup de sujets, bouger les lignes", a souligné M. Borloo. Cela prouve que le pays "est capable de débattre les choses de manière adulte", a-t-il ajouté. Le revirement de la FNSEA "valide l'exercice même du Grenelle qui a pris de front un certain nombre de sujets, avec des confrontations, des explications, et qui est allé au fond des choses, au-delà des postures des uns et des autres", a-t-il indiqué. Soulignant que "les agriculteurs ont été des acteurs réels du Grenelle", le ministre a assuré ne pas avoir été surpris par ce revirement: "j'ai toujours eu confiance. Quand tout le monde se met autour de la table de bonne foi, on progresse toujours". "Maintenant, on a les conditions d'un vrai travail démocratique sérieux, sur une vraie loi qui fera aussi l'objet de débats mais qui va clarifier les choses", a-t-il conclu. La FNSEA, principal syndicat agricole, s'est déclarée jeudi prête à accepter un gel "provisoire" de la commercialisation des semences OGM jusqu'au vote d'une loi alors qu'elle était auparavant radicalement opposée à cette idée de gel, ayant même menacé de se retirer définitivement du Grenelle de l'environnement à la suite d'informations de presse parues dans Le Monde fin septembre évoquant un possible moratoire.

Les Echos- 15 octobre – Marie- Josée Cougard
OGM : les céréaliers rappellent à l’ordre la FNSEA
Les réactions ne se sont pas fait attendre après la déclaration de Michel Lemétayer en faveur d’un gel des cultures génétiquement modifiées jusqu’au mois d’avril. Ceux-ci un animent favorables au développement des OGM, voient rouge « Cela ne rime à rien ! Il n’y a aucun changement de position de la FNSEA qui va faire un démenti » affirmait dès jeudi soir aux « Echos » Philippe Pinta, président d’Orama, l’organisation des céréaliers. Du coup, le lendemain la FNSEA a invité la presse à entendre les nouvelles déclarations de Jean Michel Lemétayer, qui a expliqué vouloir « secouer le cocotier ». Le gouvernement doit « prendre ses responsabilités » et faire en sorte, comme la Commission européenne le réclame, que les conditions de culture des OGM soient notifiées dans une loi. « Le fauchage des champs n’est plus supportable », argue Jean Michel Lemétayer. Les 20 000 ha de maïs génétiquement modifiés du sud-ouest de la France ont été plantés « en toute légalité ». Le président de la FNSEA réitère la position de son syndicat « majoritairement favorable aux OGM », mais dit avoir voulu mettre en garde les agriculteurs avant qu’ils n’achètent leurs semences pour le printemps contre les risques encourus en l’absence d’une loi française...

Le Monde – 16 octobre – Hervé Kempf
José Bové menace d’entrer en grève de la faim contre le maïs transgénique
Une quinzaine d’opposants aux cultures transgéniques pourraient commencer une grève e la faim si le Grenelle de l’environnement n’adoptait pas un moratoire sur les OGM, mais un gel temporaire des cultures : c’est ce qu’a déclaré José Bové au Monde, au terme d’une marche de protestation qui s’est conclue samedi 13 octobre à Paris. « Nous prenons acte des discussions du Grenelle et les laissons se poursuivre. On ne reprendra les actions que si le gouvernement n’annonce pas clairement un moratoire. Dans ce cas, on lancerait une grève de la faim illimitée. » Les marcheurs demandent que la France ne renouvelle pas son feu vert au maïs MON 810 – le seul actuellement autorisé à la culture en Europe – ainsi qu’à d’autres maïs transgéniques s’ils obtenaient leur autorisation au niveau européen… Comme le maïs n’est semé que vers avril, l’adoption d’une loi pendant l’hiver, comme l’envisage le gouvernement ne remettrait pas en cause les cultures des OGM en 2008. C’est donc le contenu même de cette loi qui sera décisif, et non pas le « gel » hivernal, de toute façon imposé par les cycles végétatifs. Pour M. Bové et les opposants aux cultures d’OGM, le moratoire sur le MON 810 doit être un préalable à la discussion de la loi, qui devra selon eux « garantir le droit de produire et de consommer sans OGM ».

Les Marchés – 19 octobre
OGM : Bruxelles v autoriser le maïs Herculex le 24 octobre
La Commission européenne a l’intention de donner son feu vert, le 24 octobre, à la mise sur le marché du maïs OGM Herculex, a indiqué l’agence Agra. L’autorisation de ce maïs, qui avait soulevé une polémique au printemps dernier en raison de sa présence illégale dans des cargaisons de céréales en provenance des Etats- Unis, est très attendue par l’industrie européenne des aliments composés, indique Agra. Celle-ci redoute depuis plusieurs mois qu’une contamination à grande échelle oblige l’UE à stopper les importations contaminées ou à imposer aux opérateurs de coûteux tests de détection .En même temps que le maïs Herculex, la Commission va autoriser la commercialisation des sucres et pulpes issues de la betterave H7-1 et deux maïs hybrides 1507XNK603 » et le NK6O3XMON810.

Libération – 19 octobre – Madeleine Ferrières
Sous Louis XIV, l’autorisation du pain à la levure, ancêtre du débat sur les OGM
Associer des non experts à une concertation dans des domaines d’intérêt public n’et pas d’une nouveauté radicale. Citons l’expérience de 1668 – donc sous le gouvernement monarchique du jeune Louis XIV. On trouve alors en vente à Paris un pain « nouveau », fait non plus de franc levain, mais de « l’écume de bière » - c’est l’ancêtre de notre baguette. Ce pain nouveau ne contient-il pas un poison inconnu « un poison lent » aux effets différés ? Et comment savoir si cette miche n’est pas en fat une menace pour la santé ? Et de cabaret en cabaret, la rumeur court et enfle comme la pâte de ce pain qui lève si vite et si bien. On est face à un problème de santé publique – quand les trois livres de pain quotidien fournissent la majorité des calories – et face à une incertitude scientifique – avant Pasteur, on ne comprend guère les phénomènes de fermentation. Levain ou levure ? Ce pain génétiquement modifié qui agite l’opinion mobilise les décideurs. Pour la faculté : il faut interdire le pain à la levure. Puis le Parlement se saisit de la question et demande l’avis d’un jury, composé à égalité de spécialistes et de non spécialistes… A l’issue de la conférence, la réponse est consensuelle : non au pain à la levure ! Un an après, en mars 1670, le Parlement rend son arrêt. Il permet l’utilisation de la levure, sous condition : « faisant défense d’en employer d’autres que celle qui se fait dans cette ville de Paris, fraîche et non corrompue ». On observe le même décalage en 1998, quand la première conférence de consensus organisée en France avait recommandé de ne pas autoriser les OGM contenant des gènes de résistance aux antibiotique. Or, quelques semaines plus tard le gouvernement autorisait la mise en culture de nouvelles lignées de maïs.

 


   
  Ils l'ont dit
 

Libération – 18 octobre
"… Les militants anti OGM mettent en avant un certain nombre d’épouvantails allant du danger pour la santé à la pollution de la terre en passant par la diffusion incontrôlée de ces nouvelles variétés ou la menace de monopole des multinationales productrices de semences. Mais derrière ces arguments techniques, il existe l’intime conviction qu’il n’y a pas de bon OGM et que modifier le génome d’un organisme et une transgression inacceptable des règles immuables de fonctionnement des organismes vivants. La transgénèse est l’introduction d’un gène (une séquence d’ADN codant pour une protéine) d’un organisme dans le génome d’un autre organisme, de telle sorte que la descendance de ce dernier propage la génome modifié et que tous les descendants produisent la protéine codée par le gène étranger. Es-ce que copier un gène d’un chromosome humain et le coller dans l’ADN d’un porc, est une action contre nature ? Est-ce que copier un gène d’une bactérie et le coller dans l’ADN du maïs menace l’équilibre écologique de la planète ? Non, car les chercheurs ne font pas autre chose que ce que la nature fait depuis des centaines de millions d’années. C’est même ces copier- coller qui constituent la source principale de la diversité des espèces…. Notre connaissance du monde change plus rapidement que notre conception du monde… La fabrication des OGM n’apparaît alors que comme une modeste participation au joyeux bricolage des gènes qui a présidé à l’émergence des espèces. Il n’y a donc pas lieu de tournebouler la France entière quand cette création humaine monstrueuse qu’est le maïs se trouve à nouveau marginalement modifiée par l’homme".
Jean-François Bouhours – directeur de recherche émérite de l’Inserm à la Faculté de médecine de Nantes

Libération – 16 octobre
"La recherche peut avoir lieu en même temps que les cultures. Et la loi doit justement l’encadrer. Il faut la mener en France et en Europe, comme contre- expertise à la recherche américaine, souvent privée. L’Inra doit avoir un rôle leader. La loi sur les OGM doit déterminer les périmètres entre cultures OGM et non OGM et dire qui porte la responsabilité de contaminations croisées éventuelles. Il est possible de faire coexister filière OGM, non OGM et biologique. Il faudra aussi qu’elle assure une traçabilité pour tous les produits importés ou non."
Philippe Meurs, président Jeunes Agriculteurs

Le Figaro – 19 octobre
"Pas de malentendu : nul ne doute qu’il faille protéger la planète ni qu’il y ait quelque urgence à le faire. Ce qui inquiète pourtant, plus encore que les pollutions de l’air ou de l’eau- qui ne nous empêchent pas d’avoir quasiment doublé nos espérances de vie en un siècle ! – c’est celle de l’atmosphère intellectuelle et morale dans laquelle la réflexion semble aujourd’hui prendre place. Car nos écologistes militants associent de manière imparable trois logiques qui, au final, forment un redoutable piège : une logique de la peur selon laquelle cette passion, naguère encore honteuse, serait désormais un vecteur de sagesse – ce dont témoigne la calamiteuse inscription du principe de précaution dans une constitution où il n’a que faire ; une logique médiatique, où les people, animateurs télé, vedettes de cinéma, de la chanson ou de la politique, relèguent les scientifiques et les économistes sérieux au fond du panier ; enfin une logique d’interdiction qui, une fois la panique bien ancrée dans les esprits, n’a plus qu’à se baisser pour en ramasser les dividendes politiques."
Luc Ferry – Philosophe – ancien ministre
 
   

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