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AFP – 19 octobre – Marie Pierre Ferey Grenelle de l’Environnement : les lobbys s’activent en coulisses Nucléaire, OGM, pesticides, automobile: la "révolution écologique" promise par le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo à l'issue du Grenelle de l'environnement devra affronter le tir de barrage des lobbys, déjà actifs en coulisses. Témoin, cette pleine page de publicité dans la presse des Jeunes agriculteurs: "Les premières propositions du Grenelle de l'Environnement bouleversent l'agriculture française", lancent-ils, évoquant un arrêt des cultures, voire une délocalisation si des contraintes environnementales fortes étaient imposées. Ou encore ce colloque au Sénat, vantant le nucléaire et prônant la construction d'un deuxième EPR, réacteur dont les écologistes réclament -en vain- l'arrêt Le nucléaire -dont la France est champion mondial avec 58 réacteurs- est d'ailleurs le grand absent des débats du Grenelle. Officiellement pourtant, pas de tabou autour de la table de discussions entre patronat, syndicats, associations et pouvoirs publics. "Le grand bonheur de cette expérience, c'est que in fine, la logique de la discussion et de la concertation a prévalu sur le défense des intérêts catégoriels", assure Sophie Liger, directrice du développement durable au Medef. "L'industrie et la FNSEA ont pesé de tout leur poids", rétorque François Veillerette, président du MDRGF (écologistes). Résultat: aucun objectif chiffré de réduction des pesticides. Il dénonce "une conception ancienne de la santé publique, où il faut vraiment avoir une certitude absolue et compter les cercueils pour agir". Le Grenelle a suscité selon lui une "forte réaction". Coïncidence? Plusieurs livres "anti" écolos sortent simultanément: "Ecologie, la grande arnaque" du président des Automobiles clubs de France ou "Les prêcheurs de l'apocalypse", de Jean de Kervasdoué. Le principe de précaution, inscrit depuis 2005 dans la Constitution, est remis en cause au détour de la commission Attali sur la croissance. Pour Yannick Jadot, de Greenpeace France,"dès qu'on arrive sur des mesures concrètes, opérationnelles, on se heurte au blocage très fort des lobbys". Matin Plus – 12 octobre Les Français se méfient de leur assiette Plus d’un Français sur deux se dit inquiet des effets de l’alimentation sur sa santé. Une enquête Ipsos publiée hier détaille les principales peurs et attentes des consommateurs vis-à-vis de la qualité de leurs aliments. Etienne Mercier, directeur adjoint d’Ipsos, tire ce constat préoccupant d’une enquête qu’il a diligentée pour Agri Confiance (association de coopératives agricoles réunissant plus de 31 000 producteurs) concernant les craintes des Français sur les risques alimentaires. Les chiffres, publiés hier, sont éloquents : 52% des sondés se disent inquiets des effets de l’alimentation sur leur santé. Loin derrière, figure la crainte d’un accident de la route (34%). Plus loin encore, celle d’un attentant terroriste (18%). Au sommet de la pyramide des peurs, on retrouve les risques liés à la pollution de l’air et de l’eau (57%), qui inquiètent toutes les catégories de la population. « Les Français appréhendent en premier lieu ce qu’ils ne voient pas, à savoir les pesticides, les substances chimiques et toxiques », précise le statisticien. Femme Actuelle – Nov 07 – Claire Gabillat L’alimentation anti cancer A en croire l’OMS, « plus d’un tiers des cas de cancers serait attribuable à une alimentation non équilibrée ». Le Programme national Nutrition -Santé (PNNS) estime à au moins 20% le nombre de cas qui pourraient être évités, en France, en consommant plus de fruits et de légumes. En ce qui concerne les produits bio qui protègent du cancer : rien ne permet de le penser. D’abord, parce que leur qualité nutritionnelle n’est pas meilleure que les autres. Ensuite, parce que les pesticides de synthèse utilisés dans l’agriculture traditionnelle contaminent rarement (et très faiblement) notre alimentation. |
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Sur les abeillesLe Monde – 14 octobre – Catherine Vincent 2 millions d’ha pour les abeilles Bernard Vaissière, spécialiste de la pollinisation à l’INRA, n’exclut pas que les abeilles disparaissent de la planète. Il y a cinq ans, j’aurais considéré cette hypothèse comme totalement futuriste. Aujourd’hui, le la prends au sérieux car le déclin se mesure désormais à l’échelle mondiale. Chez les populations sauvages comme chez l’abeille domestique. Concrètement, la disparition des abeilles ne signifie pas que l’espèce humaine mourra de faim, puisque 60% des cultures –principalement les céréales – ne sont pas concernées. Mais la diversité alimentaire en serait profondément altérée. La technique ou l’élevage à l’absence des pollinisateurs naturels n’est satisfaisante. En ce qui concerne la réduction et la fragmentation de leurs habitats, on peut tout à fait renverser la tendance. Si on se contente de faucher les talus une fois par an, si on préserve un peu mieux les prairies naturelles, si on optimise l’utilisation des jachères fleuries, les abeilles se porteront déjà mieux. De même si l’on prend des mesures plus efficaces d’un continent à un autre contre les espèces invasives, tel le frelon asiatique. Mais, avant tout, il faut réduire l’usage des pesticides. Les agriculteurs comme les jardiniers doivent prendre conscience que les abeilles sont totalement démunies vis-à-vis de ces produits toxiques. Et qu’elles sont de précieuses auxiliaires de leurs cultures, à protéger en priorité. Il apparaît que l’impact des pollinisateurs est considérable : au niveau mondial, il représente environ 10% du chiffre d’affaires de l’ensemble de l’agriculture. Et les pays qui en sont les plus dépendants sont les pays développés. |
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Sur les divers Les Echos – 16 octobre – Pierre Alain Furbury LLe gouvernement est attaché au principe de précaution Alors que les négociations du Grenelle de l’environnement ne sont pas achevées, l’éventuelle remise en cause du principe de précaution, inscrit dans la Constitution depuis 2005, se heurte à de fortes réticences politiques. Ce n’est pas un hasard si cette proposition-là n’apparaît pas, pour l’instant, dans les conclusions de la Commission Attali : elle est celle qui suscite le plus de réticences, jusqu’au sein même du gouvernement. Pas moins de quatre ministres ou secrétaires d’Etat se sont déjà fermement opposés à l’éventuelle remise en cause du principe de précaution. « Le message serait incompréhensible par ce que trop négatif » explique JF Copé, président du groupe UMP à l’Assemblée. « Nous devons être capables de stimuler la croissance tout en préservant un principe de précaution auquel les Français sont attachés » insiste-t-il. Sans surprise, les critiques les plus virulentes émanent des organisations écologistes et des Verts, qui jugent les recommandations de la Commission Attali en contradiction flagrante avec le Grenelle de l’environnement. « Pourquoi ne pas demander tant qu’on y est que la France propose l’abrogation des directives Reach et Seveso ? s’est emporté Yann Wehrling, le porte parole des Verts. |
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Sur l'agriculture raisonnée |
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Sur l'agriculture biologique Libération (supplément) – 13 octobre – Guillaume Launay Un bon plant pour tout le monde La FAO, une agence de l’ONU, l’affirme dans un rapport : une agriculture 100% biologique pourrait suffire à satisfaire les besoins de la planète. De là à conclure que l’agriculture bio va nourrir le monde, il y a une nuance de taille : « Aujourd’hui aussi la production permettrait de satisfaire les besoins de la planète, explique Nadia El-Hage Scialabba, du département Environnement et développement durable de la FAO. Ca ne veut pas dire que la nourriture est disponible pour tous ». Ce que souligne le rapport, c’est qu’ « une conversion planétaire à l’agriculture biologique, sans défrichement de zones sauvages à des fins agricoles et sans utilisation d’engrais azotés, déboucherait sur une offre de produits agricoles de l’ordre de 2640 à 4308 kilocalories par personne et par jour » quand la production actuelle est de 2785. La FAO pointe cependant l’insuffisance de connaissances scientifiques sur la filière. Et évoque le problème des débouchés : « Exporter une petite quantité de la production permet de garantir une amélioration du revenu, précise Nadia El-Hage Sciaabba. Mais il ne faut pas délaisser la consommation locale, qui permet de développer le marché ». Finalement l’optique de la FAO est avant tout de répondre aux détracteurs : « On a toujours accusé ce système d’être moins productif. Il y a dix ans, c’était farfelu de faire du bio. Ce qu’on montre, c’est que c’est une option à étudier sérieusement. » Le reste est affaire de politique. Midi Libre – 8 octobre A Montpellier, l’INRA piste les coccinelles asiatiques Très efficaces dans la lutte conte les pucerons en raison de leur voracité exceptionnelle, les coccinelles asiatiques (Harmonia axyridis) ont aussi envahi en un temps record le nord-est de la France, au détriment des espèces locales, et rien ne semble les arrêter, selon les spécialistes. Les observations de l’intruse se multiplient ces derniers jours, notamment en Alsace. Les coccinelles asiatiques sont voraces : elles peuvent priver les espèces indigènes de nourriture et même manger leurs larves. Ces dernières « régressent à mesure qu’Harmonia progresse » affirme Vincent Ternois, fondateur de l’Observatoire permanent pour le suivi de la coccinelle asiatique en France. Cette coccinelle a été importée de Chine par l’Inra dès 1982 dans le cadre d’expérimentations de lutte biologique contre les pucerons. Elle a ensuite été commercialisée à grande échelle en France entre 1995 et 2000 par la société Biotop qui fabrique des produits de lutte biologique contre les parasites. Par précaution, la société Biotop, suivie par d’autres concurrents, a cessé de commercialiser la coccinelle asiatique en 2000. Mais qu’on finisse par l’interdire ou pas, il est déjà trop tard, estime le naturaliste Vincent Ternois. « Elle est si rapide que plus rien ne pourra l’arrêter ». |
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Ils l'ont ditLibération – 18 octobre "… Les militants anti OGM mettent en avant un certain nombre d’épouvantails allant du danger pour la santé à la pollution de la terre en passant par la diffusion incontrôlée de ces nouvelles variétés ou la menace de monopole des multinationales productrices de semences. Mais derrière ces arguments techniques, il existe l’intime conviction qu’il n’y a pas de bon OGM et que modifier le génome d’un organisme et une transgression inacceptable des règles immuables de fonctionnement des organismes vivants. La transgénèse est l’introduction d’un gène (une séquence d’ADN codant pour une protéine) d’un organisme dans le génome d’un autre organisme, de telle sorte que la descendance de ce dernier propage la génome modifié et que tous les descendants produisent la protéine codée par le gène étranger. Es-ce que copier un gène d’un chromosome humain et le coller dans l’ADN d’un porc, est une action contre nature ? Est-ce que copier un gène d’une bactérie et le coller dans l’ADN du maïs menace l’équilibre écologique de la planète ? Non, car les chercheurs ne font pas autre chose que ce que la nature fait depuis des centaines de millions d’années. C’est même ces copier- coller qui constituent la source principale de la diversité des espèces…. Notre connaissance du monde change plus rapidement que notre conception du monde… La fabrication des OGM n’apparaît alors que comme une modeste participation au joyeux bricolage des gènes qui a présidé à l’émergence des espèces. Il n’y a donc pas lieu de tournebouler la France entière quand cette création humaine monstrueuse qu’est le maïs se trouve à nouveau marginalement modifiée par l’homme". Jean-François Bouhours – directeur de recherche émérite de l’Inserm à la Faculté de médecine de Nantes Libération – 16 octobre "La recherche peut avoir lieu en même temps que les cultures. Et la loi doit justement l’encadrer. Il faut la mener en France et en Europe, comme contre- expertise à la recherche américaine, souvent privée. L’Inra doit avoir un rôle leader. La loi sur les OGM doit déterminer les périmètres entre cultures OGM et non OGM et dire qui porte la responsabilité de contaminations croisées éventuelles. Il est possible de faire coexister filière OGM, non OGM et biologique. Il faudra aussi qu’elle assure une traçabilité pour tous les produits importés ou non." Philippe Meurs, président Jeunes Agriculteurs Le Figaro – 19 octobre "Pas de malentendu : nul ne doute qu’il faille protéger la planète ni qu’il y ait quelque urgence à le faire. Ce qui inquiète pourtant, plus encore que les pollutions de l’air ou de l’eau- qui ne nous empêchent pas d’avoir quasiment doublé nos espérances de vie en un siècle ! – c’est celle de l’atmosphère intellectuelle et morale dans laquelle la réflexion semble aujourd’hui prendre place. Car nos écologistes militants associent de manière imparable trois logiques qui, au final, forment un redoutable piège : une logique de la peur selon laquelle cette passion, naguère encore honteuse, serait désormais un vecteur de sagesse – ce dont témoigne la calamiteuse inscription du principe de précaution dans une constitution où il n’a que faire ; une logique médiatique, où les people, animateurs télé, vedettes de cinéma, de la chanson ou de la politique, relèguent les scientifiques et les économistes sérieux au fond du panier ; enfin une logique d’interdiction qui, une fois la panique bien ancrée dans les esprits, n’a plus qu’à se baisser pour en ramasser les dividendes politiques." Luc Ferry – Philosophe – ancien ministre |
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