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Sur les
phytopharmaceutiques, la santé et l'environnement
Rapport IFEN
Le Monde – 18 octobre –
Gaëlle Dupont
Environnement : L’état de
la France
Qualité de l’air et de l’eau, production de gaz à effet de serre :
l’état des lieux dressé par l’IFEN est inquiétant. Après les
industriels, c’est aux consommateurs de changer leurs pratiques. Le
territoire français pâtit entre autre de certaines spécificités, en
particulier l’emprise de l’agriculture intensive, qui reste le modèle
dominant. Si cette activité permet le maintien d’emplois dans les zone
rurales, engrais et pesticides sont aujourd’hui les principaux
responsables de la mauvaise qualité des eaux superficielles et
souterraines.
Concernant les pesticides, « les agriculteurs sont sensiblement diminué
les quantités appliquées par hectare », note le rapport, tout en
relativisant cette donnée. « Cela ne donne qu’une indication très
grossière en termes de pression sur l’environnement car les produits
présentent des niveaux de danger très hétérogènes ». Une préoccupation
de plus en plus forte apparaît : la contamination de l’air par les
pesticides. Les mesures effectuées à proximité des zones de traitement
« montrent qu’elles peuvent atteindre plusieurs centaines de nano
grammes par m3. Des substances comme l’atrazine et l’alachlore ont été
retrouvées dans les pluies à des doses atteignant parfois plusieurs
microgrammes par litre, dépassant la teneur réglementaire pour l’eau
potable. Les brouillards peuvent concentrer de telles substances à des
teneurs encore nettement supérieures », ajoute le rapport.
Le texte quantifie l’évolution de la consommation de ressources
nécessaires aux activités économiques. L’étude note que si l’on
rapporte ces quantités au niveau individuel, un Européen « utilise » en
moyenne au cours de son existence, 561 tonnes de sables et graviers,
109 tonnes de pétrole, 14 tonnes de fer, 13 tonnes de sel, 12 tonnes
d’argiles réfractaires, 1,6 tonnes d’aluminium, 680 kg de cuivre, 360
kg de plomb. Cette quantité de ressources non renouvelables ne faiblit
pas : l’augmentation de la population, la demande en produits plus
diversifiés et à plus fort renouvellement annihilent les efforts et les
progrès réalisés par certaines entreprises.
Libération – 16 octobre –
Eliane Patriarca
Amiante, la fibre du
lobbying
Le lobby de l’amiante a encore gagné. Le chrysotile, fibre utilisée
dans la fabrication du ciment et qui, à elle seule, représente 94% du
marché mondial de l’amiante, n’entrera pas dans la liste des substances
dangereuses de la Convention de Rotterdam. Le Programme des Nations
unies pour l’environnement (PNUE) a expliqué que la décision avait été
repoussée à la prochaine convention des parties, en 2008, en raison de
l’opposition des pays producteurs de chrysotile. Ces pays sont toujours
opposés à l’inclusion de la fibre dans la liste qui contient déjà 39
noms de produits chimiques à usage industriel, pesticides et
préparations pesticides, tous extrêmement dangereux et soumis à la «
procédure de consentement préalable en connaissance de cause ». Une
liste rouge sur laquelle figurent pourtant les 4 autres fibres
d’amiante… L’industrie canadienne de l’amiante s’est vivement réjouie,
« C’est une bonne nouvelle, a déclaré Clément Godbout, président de
l’Institut du chrysotile, organisme regroupant syndicats et producteurs
québécois. Inscrire le chrysotile sur la liste aurait signifié le
bannir. Ce n’est pas nécessaire car nous en faisons une utilisation
sécuritaire. » Pour l’association internationale Ban Asbetos, qui
milite pour l’interdiction mondiale de l’amiante, les 2 années
supplémentaires obtenues vendredi à Genève par le lobby de l’amiante
constituent « un droit de tuer au nom de la liberté du commerce »…
Tandis que les discussions se poursuivront pendant les deux prochaines
années, les exportateurs doivent se montrer particulièrement
responsables pou aider les importateurs à gérer l’amiante chrysotile de
façon sûre ». L’association nationale des victimes de l’amiante
(Andeva) et le comité anti-amiante Jussieu ont déploré une décision «
scandaleuse », un « crime contre la santé et la vie des peuples de la
planète ».
La Vie – 12 octobre – Anne
Guion et Isabelle Piot
La fronde des paysans verts
Procès contre les semences naturelles, interdiction du purin d’ortie,
aides au compte-gouttes… L’Etat préfère les lobbys chimiques. Mais,
partout en France, les militants d’une agriculture plus respectueuse de
l’environnement se rebiffent. Les agriculteurs, sans faire forcément du
bio, s’essaient à une activité plus propre. « Ils ont pris conscience
des dangers des pesticides utilisés à l’excès et préfèrent avoir un
rendement un peu plus bas, mais des produits de meilleure qualité »
explique JC Chevelard, producteur de purin d’ortie en Loire Atlantique.
Ses ventes augmentent de 5 à 20% par an. Pas de quoi faire peur à
l’UIPP « Mais les taquiner, les embêter, ça je n’en doute pas »,
lance-t-il. Les enjeux sont considérables avec 1,8 milliard d’euros de
chiffre d’affaire pour 76100 tonnes de pesticides. « Les agriculteurs
qui font de l’intensif sont sans cesse sollicités par les commerciaux
des firmes chimiques », relève J.M. Thomas l’un des paysans de Saint
Brieuc. Difficile pou les industries phytopharmaceutiques d’accepter qu’un
produit naturel comme le purin d’ortie vienne troubler cette belle
entente.
VSD – 11/17 octobre
Précision
Suite à l’interview du Pr Jean-Marie Pelt dans la rubrique « Sans
concession », l’UIPP nous a écrit. « Le Pr Pelt affirme : « L’impact
des pesticides a été testé sur les insectes, mais les effets sur la
santé humaine ont été fort peu pris en considération ». Nous tenons à
vous préciser que les produits phytopharmaceutiques, tout comme les
médicaments, font l’objet d’un encadrement réglementaire très strict.
La directive 91/414 régit la mise sur le marché des produits
phytopharmaceutiques sur le plan européen et national. » Jean Charles
Bocquet – DG (« VSD » n°1508 du 19 juillet 2006)
GaultMillau – Oct/Nov 06
Questions/réponses : Les
pesticides utilisés dans les vignes migrent-ils dans le vin ?
Le phénomène de transfert des pesticides fait l’objet, depuis 1990,
d’une surveillance de la Direction Générale de l’alimentation du
ministère de l’agriculture. Les résultats des 3255 analyses des raisins
et des vins réalisées sur 57 substances actives ont été publiés
dernièrement. Chacun peut lire dans le Guide pour une protection
durable de la vigne d’avril 2005 que « La transformation du raisin en
vin et le traitement du vin ont pour conséquence la disparition d’une
part importante des résidus de pesticides : seulement 55% des résidus
détectés dans les raisins se retrouvent dans les vins après
vinification ». Si pour vous c’est encore trop, il ne vous reste plus
qu’à vous convertir aux vins bios : leurs raisins sont cultivés sans
l’aide de produits phytopharmaceutiques et certifiés par un organisme
indépendant.
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