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Revue de presse :
du 16 juillet au 12 août 2004
L'actualité qui nous concerne (extraits)...
Ce que la presse nous dit : 

Avertissement : Cette revue, de la presse non professionnelle, a pour objectif d’être le reflet des principaux articles concernant la filière des produits phytopharmaceutiques. En aucun cas, elle ne représente la position de l’UIPP.
 


Sur les phytopharmaceutiques, l'environnement et la santé

Le Point – 29 juillet – Christophe Labbé et Olivia Recasens
Trop de pesticides dans nos assiettes

74 500 tonnes, c’est la quantité de pesticides utilisés chaque année par les agriculteurs français. Pas étonnant dès lors que l’on en retrouve des résidus sur la moitié des fruits, légumes et céréales consommés en France. ( 53% des fruits, selon un récent rapport de la Commission européenne). Et parmi les 3 721 échantillons analysés en 2002, 8,9% dépassent les limites autorisées. Ce qui classe la France au deuxième rang des pays européens les plus « contaminés ». En moyenne, la pomme se voit infliger 28 traitements successifs, dont 10 insecticides et 18 fongicides. Pour la pêche, comptez 14 et pour la poire une dizaine. Avec pour conséquence des pesticides en pagaille dans les rivières et les nappes phréatiques.

Libération – Julie Lasterade – 24 juillet
Des fruits et légumes de plus en plus contaminés

Après avoir analysé 46 000 échantillons, la Commission européenne a rendu son rapport annuel. « Toutes les analyses sont faites sur des produits bruts, peau comprise, analyse Sophie Galloti, coordinatrice scientifique à l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments. S’il s’agit de pesticides de surface, en les lavant soigneusement ou en en les épluchant, on élimine les ¾ du produit chimique ». Les experts français se sont penchés sur 3721 échantillons. Et plus particulièrement sur le céleri, les épinards, les haricots, les laitues, les plantes aromatiques, les fraises, les pêches ou les oranges. A la recherche de plus de 200 pesticides. Ils en ont retrouvé 99. « Le but est de détecter les aliments susceptibles de retenir ces produits et de contrôler s’ils sont contaminés ou non », continue Sophie Galloti. Si les techniques de détection se sont affinées depuis quelques années, il semble que le milieu agricole a toujours la main lourde. En Europe, entre 1996 et 2002, le pourcentage de fruits, légumes et céréales atteignant ou dépassant les teneurs en pesticides autorisées, a augmenté (passant de 3 à 5,5%). Le nombre de molécules toxiques retrouvées dans leur composition aussi. Effets sur la santé humaine ? Mal connus à faibles doses sur le long terme. Mais Hervé Gaymard a promis la création d’une Agence de la santé des végétaux… patronnée par le ministère de l’Agriculture, ce qui ravit le monde agricole.

Ouest France – 24 juillet
Pesticides : « Situation stable », pour l’UIPP

La situation française est « stable » par rapport à 2001, a estimé l’UIPP, après publication du rapport de la Commission européenne relatif aux résidus des pesticides dans les produits d’origine. Plus de la moitié des fruits, légumes et céréales consommés en France en 2002 contenaient des résidus de pesticides, relève l’étude annuelle qui concerne 18 pays d’Europe. Les dépassements des limites maximales de résidus (LMR) « ne présentent pas de risque pour la santé publique compte tenu des nombreux facteurs de sécurité pris en compte lors de l’établissement des LMR, souligne l’UIPP.

France Soir – 3 août – Laurence Bondard
Mobilisation contre les criquets pèlerins

La situation devenait trop grave sur le terrain pour être laissée sans réponse. Les ministres de 9 pays d’Afrique de l’Ouest ont adopté à Alger un plan d’urgence pour lutter contre les criquets pèlerins, ces insectes qui attaquent les cultures et qui ont déjà touché 6,5 millions d’ha dans la région depuis le début de l’invasion en septembre 2003. Malgré 182 000 ha déjà traités cette année en Mauritanie et 900 ha au Sénégal, les moyens de lutte demeurent insuffisants. Dans la capitale algérienne, les représentants des gouvernements et la FAO ont lancé un appel « solennel » à la solidarité, invitant « les pays donateurs et les institutions internationales à s’associer à cette alliance contre le criquet pèlerin ».

AFP – 29 juillet
Des chercheurs allemands découvrent une substance qui repousse les criquets

Une équipe de chercheurs allemands a découvert une substance que les criquets mâles utilisent pour repousser leurs concurrents sexuels et qui pourrait être utilisée dans la lutte contre les criquets pèlerins au Sahel. « La substance, une phéromone, était déjà connue, et elle est même disponible dans le commerce. Ce qui est nouveau, c’est qu’on ne savait pas jusqu’ici que les mâles y avaient recours, dans des périodes de forte densité de population pour éloigner leurs concurrents », a indiqué le professeur Hans-Joerg Ferenz, zoologue à l’université de Halle. La phéromone ne peut remplacer à lui seul des pesticides, mais pourrait jouer un rôle d’auxiliaire dans une stratégie d’éradication plus complète.

L’Yonne Républicaine – 3 août – D.G.
Le mystère s’épaissit

Le 14 juin, le laboratoire de toxicologie de l’Ecole nationale vétérinaire de Lyon, après analyse de foies de quelques cadavres d’hirondelles, indiquait aux autorités la présence de deux composants que l’on retrouve notamment dans les fameux insecticides Régent et Gaucho : le fipronil et l’imidaclopride. Dans un communiqué, publié le 30 juillet, la préfecture de l’Yonne donne une information totalement contraire : « Pas de résidus de fipronil ni d’imidaclopride ». Explication : début juillet, le laboratoire lyonnais revenait sur ses premières constatations. « Le document transmis le 14 juin n’était qu’un résultat insuffisant nécessitant une confirmation », expliquait-il à la direction des services vétérinaires de l’Yonne, « et après complément d’analyses, la recherche de fipronil et d’imidaclopride est négative ».

AFP – 5 août
La chrysomèle du maïs de retour en Ile de France

Des périmètres de lutte ont été définis : une zone focus (d’un rayon de 5kms) une zone de sécurité (d’un rayon de 10kms) ainsi qu’une zone tampon (d’un rayon de 40kms). A l’intérieur de ces zones, des mesures seront mise en œuvre qui comprendront notamment un renforcement des piégeages, l’obligation de rotation des cultures ainsi que des traitements à l’aide d’insecticides suivant les préconisations des services régionaux de la protection des végétaux des directions régionales de l’agriculture et de la forêt.

Le Figaro – 27 juillet – Muriel Frat
La molécule active du Régent retrouvée dans du lait de vache

Philippe de Villiers s’apprête à porter plainte contre le ministre de l’agriculture dans l’affaire du Régent TS, accusé par les apiculteurs de causer la mort des abeilles. Des analyses effectuées par Marie- Florence Grenier- Loustalo, directrice du service central du CNRS de Lyon, révèlent des traces de Fipronil, la molécule active de l’insecticide Régent TS, dans un échantillon de lait d’un élevage de Vendée. « Le lait analysé provient de vaches dont l’éleveur a certifié qu’elles sont nourries à l’ensilage de maïs traité au Régent. Cette analyse avait pour but de déterminer si le Fipronil remonte ou non dans la plante. Preuve en est faite que non seulement il remonte bien mais qu’il peut même passer dans la chaîne alimentaire ». Philippe de Villiers a déclaré « Hervé Gaymard m’a traité de menteur lorsque j’affirmais que ce neurotoxique puissant pouvait monter dans la graine de la fleur de tournesol ou du maïs… Je le soupçonne de complaisance à l’égard des firmes agrochimiques et je souhaite qu’il se mette à la disposition de la justice ».

France- Guyane – 5 août – Céline Bousquet - dossier
Pesticides : attention danger

Les produits phytopharmaceutiques sont très utilisés dans l’agriculture, notamment à Cacao’ et Javouhey. Si aucun contrôle ne s’est révélé inquiétant pour l’environnement et la santé des consommateurs, des acteurs du monde agricole tirent la sonnette d’alarme. Aucun réseau de récupération des emballages vides n’existe en Guyane. Ils sont pourtant considérés comme des déchets industriels spéciaux, donc dangereux. De nombreux pesticides viennent illégalement du Brésil et du Surinam, ils font face au manque de produits adaptés à la Guyane et homologués par l’UE.
 

 
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Sur les OGM
 
 
  Les Echos – 5 août
Haute Garonne : l’Etat débouté face à un maire ayant pris un arrêté anti-OGM

Le Tribunal administratif de Toulouse a débouté hier le préfet de Haute-Garonne de sa demande de suspension d’un arrêté anti-OGM pris le 18 par le maire de Bax (Haute-Garonne), Philippe Bedel. Dans son ordonnance, le tribunal administratif, statuant en référé, justifie sa décision notamment par le « risque existant de dissémination génétique et de pollution par les produits phytopharmaceutiques » sur les exploitations agricoles affectées à l’agriculture biologique. L’arrêté pris par le maire a pour but de limiter les cultures OGM sur sa commune pendant un an, en interdisant toute culture transgénique dans un rayon de 3kms autour des parcelles cultivées en agriculture biologique. Selon Maître Corinne Lepage, qui défendait Philippe Bedel, plus d’un millier de maires en France ont pris de tels arrêtés anti-OGM.
 
   
  France Soir – 7 août – Delphine Tordjman
Victoire pour les anti-OGM

De la Haute-Garonne en passant par le Gers, le millier de maires entrés en rébellion contre les OGM nourrissent l'espoir d'être entendus et approuvés. En effet, le tribunal administratif de Toulouse a donné raison au maire de Bax qui avait voté un arrêté anti-OGM. Selon C. Lepage, cette décision confirme deux précédents jugements (Mouchan et Coings). La Confédération paysanne s'est réjouie de cette nouvelle décision en faveur des maires. "Cela renforce et confirme l'intérêt de la campagne "Pas d'OGM dans ma commune" lancée avec de nombreux partenaires depuis plus de deux ans" explique la Confédération paysanne qui appelle "tous les maires, même en l'absence d'OGM sur leur commune, à engager la discussion et l'action avec la population et leur conseil municipal pour prendre des arrêtés similaires et amplifier ainsi la réponse démocratique des élus communaux en rejoignant également l'association des maires opposés aux OGM en cours de constitution". Déjà importante, la mobilisation risque de prendre de l'ampleur. Du côté des élus Verts la mobilisation est sans faille (Mamère, Onesta).

La Montagne – 30 juillet – Mathieu Verlaine
Dans la solitude des champs d'OGM

Les dix-sept communes creusoises qui ont pris des arrêtés pour interdire les cultures d'OGM sur leur territoire devront s'en expliquer devant le tribunal administratif. Les maires souhaitent disposer d'un mois supplémentaire pour préparer leur mémoire de défense. Une délégation des maires rencontrera le président du Conseil régional, JJ Lozach, qui les avait soutenus pour lui demander une aide juridique ou financière. Ce collectif espère à terme "faire pression sur le gouvernement pour que le moratoire européen ne soit pas levé et pour que la France affiche une position claire en défaveur des OGM".

Le Nouvel Obs.com 10 août
Un champ de maïs OGM dégradé

L’institut de recherche Arvalis a indiqué mardi 10 août qu’une partie d’un champ de maïs OGM, situé à Montesquieu- Lauragais (Hte Garonne) et cultivé dans le cadre d’essais avait subi des dégradations au cours du week-end. Bernard Pascal, directeur de l’Institut a déclaré « Nous avons déposé plainte à la gendarmerie pour dégradation de biens d’autrui et préjudice scientifique ».

Les Echos – 12 août
OGM : Un leader des Verts sera au fauchage de Pithiviers

Francine Bavay, vice-président (Verts) du Conseil régional d’ Ile de France a annoncé qu’elle participerait samedi 14 au rassemblement de faucheurs volontaires d’OGM à Pithiviers. Le 25 juillet dernier, un millier de membres des « faucheurs volontaires », avec à leur tête José Bové, et les députés français : Noël Mamère et Gérard Onesta, avaient fauché en Hte Garonne un champ de maïs OGM. Les deux députés ont été appelés à comparaître le 16 septembre à Toulouse, tandis que José Bové devrait se présenter à la police dès son retour de vacances.

Libération - 27 juillet – Corinne Bensimon
Il faut aussi évaluer les bénéfices des OGM

Rien dans les conclusions du rapport de l'Afssa ne permet de faire pencher la balance en faveur des pro-OGM ou de leurs adversaires. En effet, si les risques sanitaires de ces OGM restent une spéculation, leurs bénéfices - théoriquement plus probables - semblent quantitativement ténus, voire difficile à mesurer en l'état des connaissances - Entretien avec M. Schwartz, ancien directeur de l'Institut Pasteur, président du comité d'experts "Biotechnologie" de l'Afssa :
"En évaluant les bénéfices, l'Afssa lance une approche nouvelle. Elle s'inspire du domaine des médicaments où l'on établit toujours un bilan des bénéfices et des risques d'un produit avant sa commercialisation. Ce type d'évaluation est totalement absent des procédures préludant à la commercialisation d'un aliment transgénique. Il serait pourtant intéressant de leur appliquer cette approche. Les plantes transgéniques actuellement commercialisées ont été conçues pour apporter un bénéfice économique au cultivateur et à l'industriel qui vend les semences et les phytopharmaceutiques. Mais le consommateur exige aussi qu'on lui démontre le bénéfice de ces aliments qui lui semblent a priori "à risque" car ils sont issus d'une innovation technologique. Globalement, les OGM que nous avons étudiés présentent des bénéfices potentiels théoriques mais ceux-ci ne sont pas entièrement démontrés, voire pas démontrés du tout. Il est donc important de faire plus de recherches".

Le Figaro – 27 juillet – Serge Hervieu
Les essais d'OGM régressent en Europe

En Europe, les essais sont passés de 264 en 1997 à 82 en 2003. Une telle évolution est la conséquence de la polémique sur les OGM qui se développe dans tous les pays européens depuis une dizaine d'années. Les raisons de cette frilosité des industriels sont plus complexes que les seules destructions menées par les anti OGM en Europe. "Tout est lié" explique A. Farelly d'Europabio. "Évidemment, il y a un manque de confiance des consommateurs envers les OGM, ce qui réduit les perspectives sur le marché pour les entreprises". Le moratoire instauré, sous l'effet de l'opinion publique, en 1999 a également contribué à ralentir les stratégies de recherche et développement des industries des plantes transgéniques. Mais la difficulté d'expérimenter s'explique surtout par le coût économique engendré par les destructions de champs de maïs OGM. "Un essai sur plusieurs parcelles coûte environ 15.000 euros" explique M.Blache de Monsanto. Face à cette chute des essais OGM en plein champ, la satisfaction est de mise du côté des opposants. L'avenir des essais OGM en plein champ n'est pourtant pas totalement compromis en Europe. Outre le fait que la majorité des scientifiques estiment que ces recherches pourraient être à terme bénéfiques, les entreprises persistent à penser qu'il existe encore pour l'avenir, un marché européen pour les plantes transgéniques.

La Dépêche du Midi – 28 juillet – Brian Mendibure
Des OGM fauchés en pleine nuit

La seule parcelle contenant des plants de maïs OGM dans le Tarn a été détruite la semaine dernière par un collectif inconnu. L'action a été revendiquée par un appel anonyme auprès du quotidien la Dépêche du Midi "au nom d'un collectif". La Confédération paysanne du Tarn a assuré tout ignorer de cette opération.

Valeurs Actuelles – 30 juillet
Contradictions

Les écologistes, emmenés par le duo à moustache Bové-Mamère, viennent de reprendre l'arrachage des champs expérimentaux de cultures OGM. Sauf erreur, les Verts se veulent à la fois tiers-mondistes et partisans d'une agriculture recourant le moins possible aux engrais et aux pesticides. Or, les semences génétiquement modifiées permettent une meilleure résistance aux maladies et aux insectes avec moins de traitements externes, donc davantage de récoltes avec moins de pollution, et à ce titre intéressent au premier chef les pays en voie de développement. En toute logique, nos écologistes s'en prennent donc à ces expériences, le jour même où l'Afssa confirme que les OGM ne comportent aucun risque connu pour la santé. Il est vrai que N. Mamère n'est pas à une contradiction près.

Le Figaro – 27 juillet – Philippe Motta
La société Pioneer porte plainte

La société Pioneer, dont un champ de maïs a été arraché par un « collectif de faucheurs d’OGM, à Menville, a porté plainte pour les dégradations subies. Cette affaire devrait, en toute logique, entrer de plain-pied dans la chronique judiciaire. Au regard des propos déterminés tenus par Dominique Perben, il est raisonnable de penser que les personnes identifiées seront mises en examen. C’est visiblement, ce que cherchaient José Bové et les militants Verts qui ont explicitement fait part de leur envie d’en découdre : « Faute de débat public, nous utiliserons les prétoires comme tribune », ont-ils fait valoir.

Est Éclair – 27 juillet – Alain Cadet
Les « guignols de la faux »

Parviendra-t-on un jour à débattre sérieusement de la dangerosité ou de l'utilité des OGM ? Plus le temps passe plus on en doute. Et ce n'est pas l'action dimanche d'un millier de manifestants, unis sous la bannière des faucheurs volontaires, qui fera avancer un débat qui aurait du avoir lieu il y a bien longtemps. La vérité est que dans l'immédiat personne ne peut affirmer péremptoirement que les OGM sont dangereux pour la santé ou l'environnement, même si on peut légitimement nourrir quelques doutes. Encore faudrait-il qu'il y ait eu des expérimentation et des études suffisamment longues et approfondies pour répondre à toutes les questions. S'il y a un risque, personne n'est encore en mesure de l'identifier selon les experts de l'Afssa. En revanche, ils considèrent que les OGM peuvent avoir un impact positif. Quant au procès fait aux multinationales soupçonnées à juste titre de vouloir mettre la main sur le marché des semences, c'est un autre élément du débat et non le moindre. Jusqu'ici, on a surtout entendu le réquisitoire de militants usant de tous les relais médiatiques pour semer le trouble dans une opinion qui dans sa grande majorité a une connaissance plus que limitée du dossier OGM. Ce n'est pas en laissant une minorité asséner ses certitudes que le bon sens triomphera. Ce n'est pas en annihilant les expérimentations que la connaissance avancera. De toute façon, c'est le consommateur qui aura le dernier mot. Faut il encore qu'il ne soit pas désinformé. Voir des spécialistes de l'agitation du style Bové et Mamère brandir des pieds de maïs relève plus du terrorisme intellectuel et du fonds de commerce politique que de la désobéissance civile.

Le Point – 29 juillet – Guy Carcassonne
Les limites de la désobéissance civile

Destruction d'OGM, mariage d'homosexuels, ces violations délibérées de la loi sont médiatiques mais nuisibles pour une démocratie. La démocratie est ruinée si chacun peut choisir, selon ses convictions propres, de se plier ou non à l'expression de la volonté générale. Mais cette évidence reste à son tour assujettie à des limites de faits et de droit (article 2 -Déclaration des droits de l'homme : liberté, propriété, sûreté, résistance à l'oppression). Dès lors la tentation est grande soit d'exciper d'une "oppression" pour invoquer un droit à y résister, soit de dénoncer inlassablement une loi dans l'espoir de la rendre "ineffective". Mais sur cela, trois observations simple :
- Les mêmes qui au nom de leurs croyances s'affranchissent de loi et prétendent se parer de la tunique de Robin des bois, seraient les premiers à hurler si d'autres qui leur déplaisent, tel le Front National, adoptaient le même comportement.
- Il y a toujours quelque chose de gênant à témoigner du courage tranquille du martyr en assumant des actes devant les caméras pour ensuite revendiquer l'indulgence ou la grâce quand passe la justice.
- Tous les problèmes évoqués ici - mariage d'homosexuels, OGM, ...- pourraient être résolus de manière efficace et satisfaisante si notre pays se dotait, comme beaucoup d'autres, d'une procédure de référendum d'initiative minoritaire, qui permettrait de trancher les vrais débats et d'établir l'inanité des autres.

L’Express – 26 juillet – Jean- Marc Biais
"OGM : nouveau bras de fer

Les partisans de l’arrêt des cultures de plantes transgéniques gagnent du terrain. Contre l’intérêt de la France. Actuellement, on compte sur le sol français 48 essais d’OGM, qui portent essentiellement sur des variétés de maïs. Tous ont été autorisés par le ministère de l’Agriculture, après avis favorable de la Commission du génie biomoléculaire, instance où siègent des experts, mais aussi des représentants des consommateurs et des associations écologistes. Les décisions sont prises en toute transparence : le public est même consulté par le biais d’Internet www.ogm.gouv.fr. Dans ces conditions, empêcher les chercheurs de poursuivre leurs travaux est un acte éminemment antidémocratique. Les essais en plein champ sont indispensables pour évaluer d’éventuels risques, sur l’environnement, des cultures transgéniques. Les recherches menées en milieu confiné, dans des serres, ne suffisent pas. La France ne peut se priver des possibilités offertes par les techniques de la transgenèse. Elle doit apprendre à les maîtriser en plein air. Sinon elle sera, dans les années à venir distancée par les autres grandes puissances agricoles.

La Dépêche du midi – 28 juillet – C.A.
Demain, des OGM dans nos vins

Viticulture. Le gouvernement lance une consultation publique sur ce sujet polémique. Avant de prendre une décision sur deux nouveaux programmes de recherches d’OGM pour 2004, dont un sur la viticulture, les ministères de l’Agriculture, de la Recherche et de l’Ecologie restent prudents. Ils lancent une procédure d’information de consultation du public. Les Français sont appelés à s’exprimer sur les OGM. Jusqu’au 10 août, ils peuvent adresser leurs doléances à l’adresse brab.sdrrcc.dgal@agriculture.gouv.fr . Cette mesure intervient quelques jours après l’arrachage des plants de maïs par José Bové et ses irréductibles, une opération qui n’a fait que raviver un sujet déjà brûlant.
 
 
   
 
Ils ont dit

AFP – 5 août
« Puisque des tribunaux donnent raison à des maires qui veulent appliquer le principe de précaution sur leurs communes, je m’adresse à l’ensemble de mes collègues députés pour proposer que l’Assemblée nationale mette en place une commission d’enquête parlementaire sur l’impact éventuel des OGM sur l’agriculture, sur l’environnement et sur la santé ».
Noël Mamère

Les Echos – 12 août
« …Incriminer les produits de traitement de semences est une solution de facilité, qui permet parfois d’éviter de faire le ménage chez soi et d’émouvoir facilement l’opinion pour influencer les pouvoirs. Plusieurs études scientifiques sérieuses réalisées depuis 5 ans (dont celles de l’Afssa, révélée récemment, sur l’imidaclopride) tendent à confirmer que les produits de traitement des semences incriminés actuellement sont sans danger pour l’homme une fois la semence enrobée, et n’ont pas d’influence négative identifiée sur l’abeille aux doses dans lesquelles on les trouve là où elles butinent… »
Christophe Terrain – Président de l’AGPM (Association des producteurs de maïs)
   
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