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Sur
les OGM
L’Union européenne continue de fermer la porte aux OGM
Les experts du Comité permanent pour les denrées alimentaires n’ont
pas approuvé la demande de mise sur le marché du maïs transgénique
BT-11 de Syngenta. Dix pays seulement se sont prononcés en faveur de
cette autorisation. Le dossier devrait être réexaminé en janvier,
probablement par le Conseil Compétitivité. Si les Quinze refusent à
nouveau de se prononcer, la Commission européenne pourrait alors,
passé un délai de trois mois, décider d’autoriser ce maïs. Le
dossier « monte » donc au niveau des ministres. David Byrne,
commissaire européen à la Santé et à la Protection du consommateur,
avait déclaré à Bruxelles que « le principe de précaution ne doit
pas servir de couverture politique » pour justifier une prorogation
du moratoire européen sur les nouveaux OGM.
Karl de Meyer – Les Echos - 9 décembre
L’agriculture génétiquement modifiée en chiffres
En 2002, 58,7 millions d’ha de terres agricoles dans le monde ont
servi à des récoltes de produits agricoles contenant des OGM, selon
les chiffres du service international pour l’acquisition des
applications d’agro biotechnologie (ISAAA). Quatre pays représentent
99% de la production transgénique : les Etats-Unis font 66% du
total, l’Argentine 23%, le Canada 6% et la Chine 4%. Les principales
cultures transgéniques au niveau mondial sont le soja qui occupe
36,5 millions d’ha, le maïs (12,4 millions d’ha), l coton
(6,8millions d’ha) et le colza (3 millions d’ha). La surface de
cultures OGM représente environ 20% de la surface mondiale cultivée
pour ces quatre plantes et 51% pour le seul soja. Les OGM résistant
aux herbicides, que l’on retrouve dans le maïs, le soja et le coton,
représentent 75% de la surface de cultures OGM. La résistance aux
insectes (Bt) représente 17% de la surface et la combinaison des
deux caractères 8%. Entre les 2001 et 2002, la superficie totale de
cultures OGM a augmenté de 12% soit 6,1 millions d’ha. La croissance
annuelle la plus forte a eu lieu en Chine où les surfaces de coton
Bt ont augmenté de 40% occupant maintenant plus de la moitié (51%)
de la superficie totale des cultures de coton dans le pays (4,1
millions d’ha).
AFP – 8 décembre
Les scientifiques britanniques perplexes face aux effets sur
l’environnement
Ils ont publié trois rapports sur la question des OGM. Mais chacun
d’eux soulevait plus de questions qu’il n’en réglait. L’un eux
incitait à examiner le problème des retombées des cultures OGM
semence par semence, certaines cultures paraissant bonnes pour
l’environnement, et d’autres défavorables : le colza et la betterave
à sucre génétiquement modifiés pour résister aux herbicides étaient
plus néfastes pour la vie sauvage que les plantes conventionnelles,
mais certaines espèces d’insectes semblent bien se porter dans un
champ de maïs génétiquement modifié… La même étude montrait que des
contaminations pouvaient se produire très Loin des champs
expérimentaux. Le dernier rapport, paru fin novembre, étudie si l’on
peut soutenir à la fois l’agriculture biologique et les OGM. Les
chercheurs ont eu du mal à déterminer si c’était globalement
possible, mais ont préconisé de laisser de larges espaces entre
cultures OGM et cultures biologiques… et de prévoir un dédommagement
en cas de contamination de cultures par des OGM. Le tout en
prévoyant de revoir les procédures au bout de cinq ans. Le ministère
de l’Agriculture attend un avis de son comité scientifique
consultatif, Acre, et estime improbable qu’une décision soit prise
avant le début de l’an prochain.
Marie-Laure Cittanova – Les Echos – 8 décembre
OGM : feu vert à un maïs de Monsanto
Les scientifiques de l’Autorité européenne de sécurité des aliments
(Aesa) ont rendu deux avis favorables à un maïs transgénique de
l’américain Monsanto. Mise en place au début de l’année, l’agence a
conclu que le maïs NK 603 résistant à un herbicide de Monsanto, le
Roudup, est « aussi sûr que le maïs non transgénique » et que « sa
mise sur le marché – destinée à l’importation à des fins de
traitement ainsi qu’à l’alimentation humaine et animale – n’est pas
susceptible de provoquer des effets indésirables sur la santé
humaine ou animale , ou (…) sur l’environnement ». L’avis de l’Aesa,
consultée à la demande d’Etats membres, n’est qu’une première étape
dans le processus d’autorisation. Sur la base de cet avis, la
Commission européenne doit maintenant rédiger une proposition qui
fera l’objet d’un vote par le comité permanent de la chaîne et des
denrées alimentaires.
Les Echos – 5 décembre
Avis réservé de l’Afssa sur le maïs transgénique que l’Europe
veut autoriser
L’existence d’une incertitude scientifique est problématique pour
une plante dont l’autorisation marquerait la fin du moratoire sur
les OGM. Elle l’est d’autant plus que ce même maïs Bt 11 es
défaillant sur un autre point : en juin dernier, l’Institut
scientifique de santé publique (ISP) belge a publié une étude
montrant que les données fournies par Syngenta sur la composition
génétique du maïs ne correspondaient pas à ce que les chercheurs on
trouvé en étudiant le maïs : les analyses « suggèrent que la
présence d’un fragment d’ADN de maïs BT 176 (une autre variété de
maïs transgénique) pourrait être le résultat d’une contamination du
Bt 11 par le Bt 176 », écrit l’Institut , membre d’un réseau
européen d’analyse génétique des OGM.
Hervé Kempf – Le Monde – 4 décembre
Dix militants anti OGM dont trois Verts, mis en examen à Lille
En septembre 2001 à Avelin dans le Nord, des plants de betterave
sucrière génétiquement modifiés avait été détruits. Les dix
militants ont été mis en examen pour « dégradation grave en réunion
» mais laissés en liberté sans contrôle judiciaire. Parmi ces
militants, rassemblés sous l’appellation des « dix d’Avelin », se
trouve notamment le conseiller régional Vert du Nord-Pas-de-Calais
Dominique Plancke, le conseiller municipal Vert de Béthune Alain
Alpern, l’adjoint Vert au maire de Lille Eric Quiquet, le secrétaire
général de la Confédération paysanne Hubert Caron, et son ancien
porte-parole régional Gabriel Dewaelle. Les faits incriminés sont
passibles de 5 ans d’emprisonnement, 75 000 euros d’amende et une
privation des droits civiques, civils et de famille, a indiqué leur
avocat Emmanuel Riglaire.
AFP – 5 décembre
Lorsque l’irresponsabilité fait suite à la désinformation
« Nous venons d’apprendre que les autorités publiques renoncent à
dégager des crédits pour mener à leur terme des aanlyses prévues
pour évaluer l’impact d’une alimentation à base de maïs transgénique
sur les animaux et leurs sous-produits tels que le lait. En effet,
depuis 1998, deux cents prélèvements attendent au congélateur qu’une
décision conforme au principe de précaution soit prise. Durant ce
temps les importations de produits transgéniques destinés
à’alimentation animale ont progressé,surtout le soja… Le motif
invoqué est la nouvelle réglementation européenne, faisant suite au
vote du 2 juillet du Parlement européen ,qui, il est vrai, a
renforcé la traçabilité de certains produits pouvant contenir des
OGM. Mais cela ne peut en aucun cas permettre de conclure à
l’innocuité des OGM ! De plus – et surtout – il s’agit là d‘une
véritable supercherie car ces nouvelles réglementations ne portent
pas sur les produits issus d’animaux consommant des OGM ! Si
l’éleveur saura mieux s’il donne à ses élevages des aliments
contenant des OGM, le consommateur, lui, n’en sera pas
obligatoirement informé : aucune disposition n’impose à la filière
un étiquetage indiquant le type d’alimentation de l’animal qui a
généré ces produits… »
France Nature Environnement : Réseau Cohérence : Association Nature
et Culture
Ouest – France – 5 décembre
Chercheurs en OGM : la peur !
Les laboratoires sont le plus souvent réduits à la clandestinité et
le moratoire qui bloque tout développement commercial des OGM en
Europe pèse sur les budgets. « Il devient de plus en plus difficile
de décrocher des financements dès lors qu’apparaît le mot
transgenèse », témoigne Alain Toppan, responsable du site Biogemma
de Mondoville dans le Tarn et Garonne, dont les essais ont été
détruits six fois depuis 2001 ! Découragés, plusieurs laboratoires
sont partis s’installer sur des terres plus accueillantes et mieux
dotées, comme les Etats-Unis, le Canada, mais aussi la Suède, le
Danemark ou les Pays-Bas. De plus les jeunes désertent les filières
de formation en biologie moléculaire : le nombre de candidats en
biologie végétale a Paris-V1 Orsay a été divisé par cinq en cinq
ans.
Anne-Sophie Jarrige – Le Point – 5 décembre
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