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Revue de presse :
du 18 au 31 octobre 2003

L'actualité qui nous concerne (extraits)...

Ce que la presse nous dit : 


Avertissement : Cette revue, de la presse non professionnelle, a pour objectif d’être le reflet des principaux articles concernant la filière des produits phytopharmaceutiques. En aucun cas, elle ne représente la position de l’UIPP.
 


Sur les phytopharmaceutiques, l'environnement et la santé

Pollueur et expert
Des pesticides présents dans la plupart des rivières et nombre de nappes souterraines, c’est le constat alarmant dressé par l’Ifen. Peu après, la ministre de l’Ecologie, Roselyne Bachelot, annonce qu’il faut « renforcer les actions de lutte contre les produits phytopharmaceutiques et notamment encourager des pratiques culturales durables tant agricoles qu’urbaines, constituant des alternatives raisonnées à l’utilisation de ces produits ». Que Choisir, qui dénonce régulièrement la pollution par les pesticides, ne peut qu’approuver. En revanche, l’UIPP, le syndicat professionnel des producteurs de produits phytopharmaceutiques « s’étonne de ces déclarations qui, en dénigrant un secteur important du monde agricole, remettent en cause une profession tout entière ». Et de proposer son expertise et sa collaboration au ministère de l’écologie ! A en juger par les résultats de la cogestion du risque des pesticides menée avec le ministère de l’agriculture, l’eau a du souci à se faire.
Que Choisir – 1er novembre

Des pesticides sous haute surveillance
Les chercheurs de l’INRA étudient leurs effets, en particulier, dans le Morbihan. Laurent Lagadic a déclaré : « A la demande du conseil général, nous avons étudié les effets de deux insecticides utilisés contre les larves de moustiques dans la rivière d’Etel et dans les marais de Billiers. Des espèces de moustiques très adaptées aux eaux saumâtres de ces marais côtiers. Pendant quatre années, nous avons regardé comment ces insecticides évoluaient, leur mobilité, leur persistance, leur dégradation. En comparant les zones traitées et non traitées, on a pu dire que, dans les conditions dans lesquelles ils étaient appliqués, ces insecticides ne présentaient pas de risques majeurs pour les autres insectes, les crustacés. D’autres équipes étudient, ailleurs en France, les effets des pesticides sur les micro-organismes du sol ou sur les oiseaux, car ceci est encore très peu connu. »
Propos recueillis par Jean Le Douar – Ouest France – 18 octobre

Un réseau de toxico vigilance relancé
Les médecins du travail rencontrent régulièrement des patients qui se plaignent des effets plus ou moins graves et plus ou moins rapides, des produits chimiques. Employés surtout en agriculture, ils comprennent les insecticides, herbicides fongicides et autres raticides et taupicides. La médecine et ses partenaires (chambre d’agriculture, Cirad, Protection des végétaux, CGSS, Arvise…) veulent sensibiliser les agriculteurs non seulement à utiliser le moins possible et à bon escient ces produits dangereux mais aussi à recourir aux équipements de prévention. En France, entre 120 et 280 cas par an d’affections liées à l’utilisation des produits phytopharmaceutiques ont été signalés ces dernières années.
H.S. – Le Quotidien – 14 octobre

Les graminées piègent les « phytos »
L’INRA a mené des expériences, et les résultats sont spectaculaires. « Avec 6 mètres de bande enherbée, on retient 80% des éléments indésirables, on passe à 100% avec 18 mètres » explique Olivier Sauzeau, responsable qualité de l’eau et assainissement individuel à la communauté de communes du Pays Yonnais. Celle-ci a opté pour une bande enherbée de 10 mètres, pour limiter l’impact financier d’une telle mesure. Car le manque à gagner pour les agriculteurs est intégralement compensé par la communauté de communes, soit 375 € par hectare et par ans pour les deux agriculteurs engagés sur cinq ans. La communauté de communes et la chambre d’agriculture tireront les leçons de cette première expérience dans quelques mois. Si elle est positive, elle pourra être généralisée à l’ensemble des parcelles du bassin versant qui présentent les mêmes caractéristiques. Sur l’ensemble du bassin, qui comporte huit communes, 80 agriculteurs sont recensés.
Philippe ECALLE – Ouest France – 17 octobre

Garantir la justice et l’équité entre les agriculteurs
A propos d’ADIVALOR, son président Albert Baudrin déclare : « On a récemment signé un accord avec le ministère de l’environnement qui est une véritable reconnaissance de la filière qui rassemble outre les utilisateurs, les distributeurs, coopération et négoce et les fabricants de produits phytopharmaceutiques. On a ce jour 3000 points de collectes gérés par 700 distributeurs sur toute la France. Ainsi, l’an dernier, on a pu collecter 28% des bidons vendus dans l’année. On va maintenant continuer à monter en puissance puisque au-delà des bidons de 25 litres qu’on a collecté, on va pouvoir collecter les emballages jusqu’à 500 litres. Les surplus sont également collectés, environ 1500 tonnes cette année. Mais il faudra aller plus loin et mettre en place un système réellement pérenne de gestion de ces produits non utilisés et que les procédures de retraits de produits se fassent intelligemment pour que nous ne nous retrouvions pas brutalement avec des stocks importants à gérer comme c’est prévu l’année prochaine. »
Propos recueillis par Yann Kerveno – Sud Ouest – 23 octobre

Sur les phytopharmaceutiques, l'environnement et la santé
Sur la sécurité alimentaire
Sur les abeilles
Sur les firmes
Sur l'agriculture raisonnée
Sur l'agriculture biologique
Sur les OGM
Ils ont dit
 
du 08 octobre au 17 octobre 2008
du 30 septembre au 07 octobre 2008
du 22 au 29 septembre 2008
du 13 au 22 septembre 2008
du 3 au 12 septembre 2008
du 1 aout au 2 septembre 2008
du 12 au 31 juillet 2008
du 05 au 11 juillet 2008
du 27 juin au 04 juillet 2008
du 14 au 26 juin 2008
du 07 au 13 juin 2008
du 27 mai au 06 juin 2008
du 17 mai au 26 mai 2008
du 30 avril au 16 mai 2008
du 18 au 29 avril 2008
du 11 au 17 avril 2008
du 05 au 10 avril 2008
du 21 au 27 mars 2008
du 12 au 20 mars 2008
du 1er au 11 mars 2008
du 15 au 28 février 2008
du 9 au 14 février 2008
du 2 au 8 février 2008
du 25 janvier au 1er férier 2008
du 19 au 24 janvier 2008
du 21 décembre 2007 au 10 janvier 2008

Archives 2002
Archives 2003
Archives 2004
Archives 2005
Archives 2006
Archives 2007


 
Sur la sécurité alimentaire
 
 


Sur les abeilles

Pesticides – L’homologation de failles en faillite
Des hauts fonctionnaires du ministère de l’Agriculture convoqués par la justice, un pesticide commercialisé sans autorisation de mise sur le marché, les mortalités anormales d’abeilles sont en train de tourner au scandale. Mais au-delà des abeilles, c’est aussi la santé humaine qui est en jeu. Quelles sont les conséquences de cette pollution de l’air par les poussières de pesticides ? Les problèmes de santé survenus en avril 2002 dans le Sud- Ouest lors des semis fournissent un début de réponse plutôt inquiétant. La ré- évaluation récente de Régent de « nocif » à « très toxique », n’est pas faite pour rassurer. L’homologation, traitée par le seul ministère de l’Agriculture « en cogestion avec les partenaires industriels », pour reprendre les propres déclarations de l’ancien responsable de l’homologation, est défaillante : la France possède aujourd’hui deux insecticides de nouvelle génération, le Gaucho et le Régent, au dossier accablant. Preuve est faite en effet, depuis ce 18 septembre que le premier est toxique pour les abeilles. Mais le ministère n’y voit pas motif à retrait. Pas plus que pour le second, commercialisé sans l’AMM indispensable.
Elisabeth Chesnais – Que Choisir – 1er novembre

Les Pays de la Loire demandent le retrait des pesticides Gaucho et Régent
Dans un vœu adopté par l’ensemble des groupes politiques du conseil régional des Pays de Loire, le conseil régional a demandé officiellement »au gouvernement d’agir sans délai pour au minimum suspendre l’utilisation de ces deux molécules sur toutes les cultures, tant en enrobage de semences qu’en traitement sur site ». La région demande également au gouvernement « d’exercer une vigilance absolue pour l’agrément de nouvelles molécules de même type », rappelant que celles-ci sont presque certainement la cause majeure de la mortalité anormalement élevée des abeilles par effet neurotoxique ».
AFP – 31 octobre

 
Sur les firmes
 
 

 
Sur l'agriculture raisonnée

Vers une agriculture raisonnée et certifiée
« Pérenniser une agriculture qui soit économiquement forte mais aussi écologiquement responsable ». Guy Bien, vice-président de la FDSEA, a ainsi résumé l’agriculture raisonnée. En collaboration avec la Chambre d’agriculture, le syndicat agricole a mis sur pied une opération portes ouvertes dans huit exploitations du département Saumurois qui, à des degrés divers, ont entamé une démarche de qualification « agriculture raisonnée ».
Vanina Le Gall – La Nouvelle République – 18 octobre

Vers des abattements pour l’agriculture raisonnée
Pour le député UMP, Jean Claude Flory, une redevance de pollutions diffuses « à l’hectare » doit prendre en compte le type de culture pratiquée et définir des niveaux d’imposition différenciés. La redevance pourrait être d’une moyenne de 4€/ha, mais ce niveau pourrait être corrigé à la baisse sur justification de la mise en œuvre des règles de l’agriculture raisonnée. Pour le parlementaire, il est en effet « essentiel » qu’une « différenciation soit apportée entre des situations de pratiques « courantes » et des situations de pratiques « raisonnées ».
L’Agriculture Sarthoise – 24 octobre
 

 
Sur l'agriculture biologique
 
 

 


Sur les OGM 

Les études britanniques sur les OGM font reculer la perspective d’une levée du moratoire européen
Ces études vont créer une onde de choc sur les décideurs « le climat a changé, une levée du moratoire rapide est moins évidente » : si aucun responsable à Bruxelles ne s’exprime officiellement, on ne cache pas officieusement le trouble créé par les études publiées à Londres. On remarque à Bruxelles, avec satisfaction, que les études scientifiques anglaises vont renforcer la position européenne dans la procédure lancée par les Etats-Unis devant l’OMC : il y a maintenant des éléments scientifiques solides pour justifier la prudence européenne dans le processus d’autorisation des OGM.
Hervé Kempf – Le Monde – 19 octobre

Grande Bretagne : le groupe Co-op (supermarchés, exploitations agricoles) dit non aux OGM
Ce groupe de distribution britannique, qui est également le plus important exploitant agricole de Grande Bretagne a décidé de bannir les OGM des produits de sa marque propre et de ses champs de culture. « Sur la base des connaissances scientifiques dont on dispose actuellement et de l’opposition généralisée de nos clients, Co-op a décidé de dire « non » à l’exploitation commerciale des OGM en Grande Bretagne » a expliqué Martin Beaumont, directeur général du groupe. D’autres groupes comme Tesco et Sainsbury, se sont engagés à ne pas utiliser d’OGM dans les produits commercialisés sous leur marque.
AFP – 21 octobre

Le compte à rebours a commencé pour les OGM : 5 dossiers examinés en France
La Commission du génie biomoléculaire (CGB) examine quatre demandes émanant d’Espagne, des Pays-Bas, de Grande Bretagne et une de la France, pour un maïs BT 11 résistant à la pyrale de la firme suisse Syngenta.
AFP – 17 octobre

Vent mauvais sur les OGM
Abeilles, papillons et oiseaux sont menacés. Les ventes de plantes génétiquement modifiées sont en baisse : leurs rendements sont décevants. Et les récentes études britanniques démontrent qu’elles altèrent l’environnement. Seul le maïs OGM se tire assez bien des expériences. Un constat rassurant qui ne devrait pas servir à grand-chose. Vu son manque d’intérêt, le maïs OGM (qu’il soit tolérant aux herbicides ou aux insecticides) est en effet un peu partout en chute libre : il s’en est moins planté en 2002 qu’en 1999, notamment aux Etats-Unis où, d‘une façon générale, on constate que le recours aux plantes transgéniques n’a pratiquement pas diminué la consommation de pesticides, ce qui vient relativiser encore un peu plus l’attrait des OGM. Dan ce contexte, même s’il serait très excessif de parler de débâcle, les plantes transgéniques vont avoir plus de mal que prévu à se faire une place en Europe.
Fabien Gruhier – Le Nouvel Observateur – 30 octobre

Le moratoire en suspens
La publication au Journal officiel de l'Union européenne de deux règlements relatifs à la traçabilité et à l'étiquetage des produits alimentaires génétiquement modifiés destinés à l'alimentation humaine ou animale a signé l'arrêt de mort du moratoire. déjà mis à mal en 1999 par l'adoption de la Directive 2001/18 qui mettait en place une procédure d'autorisation étape par étape fondée sur une évaluation au cas par cas des risques pour la santé humaine et l'environnement avant toute dissémination dans l'environnement ou mise sur le marché d'OGM ou de produits composés d'OGM ou qui en contiennent. La nouvelle réglementation persiste dans cette voie mais ne concerne aucunement les produits obtenus à partir d'animaux nourris aux OGM. Les États-Unis se réjouissent de la tournure des événements. Ces nouvelles exigences seront très certainement difficiles à mettre en place et ne répondent pas au problème de la coexistence. Ce sera aux États membres de décider. Mais sans avoir jamais mené d'études sur l'impact de ces cultures sur les autres filières agricoles ou sur l'environnement.
Vincent Défait – L’Humanité – 27 octobre

Les Américains ont confiance dans les biotechnologies
Selon une journaliste du New York Times, "il n'y a pas de débat sur les OGM aux États-Unis et il n'y en aura pas". Sally Schuff, de la revue Feedstuff prétend que "les Américains, en général, n'ont pas beaucoup d'inquiétude concernant la nourriture." Michael Rodemeyer de Pew Intitiative on Food and Biotechnology, un organisme de recherche indépendant, prétend que les consommateurs américains "ont une confiance aveugle en la Food and Drugs Administration. Loin de se poser des problèmes de conscience, les Américains ont donc opté à fond pour les OGM. Ainsi 30% du maïs transgénique et 70% du coton. Il faut dire que les biotechnologies ont facilité la vie des agriculteurs en renforçant la résistance des plants aux insectes. Certes la biotechnologie coûte cher mais elle rapporterait également plus. Le prix du soja a baissé de 33% en quatre ans grâce aux OGM. Le gouverneur de l'Iowa, l'état le plus agricole du pays, résume ainsi les bienfaits. D'ou de nombreux espoirs affichés pour l'Afrique noire. Malgré cette harmonie affichée, certaines voix commencent néanmoins à s'élever. Dès 1993, le Pr Neil Hamilton soulignait que, "le risque de dissémination des OGM est virtuel". Les licences et les brevets qui protègent ces graines ne sont pas étrangers à cette crainte. Les laboratoires mettent en place des graines stériles pour plus de sécurité. "Plus choquant", selon Sally Mc Kinsel de l'Université de Nebraska, Monsanto et Dupont ont déposé un brevet sur le procédé de la transformation. Les universités arrêtent donc leurs recherches en attendant que le brevet tombe dans le public.
Feryel Gadhoum – Le Figaro – 25 octobre

OGM : vers un référendum en Suisse pour un moratoire de cinq ans
L’initiative populaire baptisée « Stop OGM » a obtenu la validation par le gouvernement de 120 824 signatures, a annoncé la Feuille fédérale, journal officiel helvétique. La recherche ne serait en revanche pas touchée par le moratoire et devrait rester possible dans le cadre de prescriptions strictes. Le gouvernement et le parlement devront maintenant examiner le texte, avant de soumettre leur recommandation au peuple.
AFP – 21 octobre

L’Espagne a cultivé des OGM sans avoir évalué leur impact
Seul pays de l’Union à avoir autorisé la culture et la commercialisation de maïs génétiquement modifié pendant le moratoire européen. L’Espagne n’a mis en place aucune procédure d’évaluation de l’impact des cultures OGM sur le plan écologique et scientifique. En 1998, les premières semences de maïs OGM ont été mises en culture suivant les mêmes procédures que les variétés classiques. Il a fallu attendre cette année pour que, fin septembre, l’Institut de recherche en techniques agronomiques de Catalogne (IRTA) annonce le lancement d’un programme d’étude des flux génétiques entre le maïs Bt et sa variété isogène.
Stéphane Foucart – Le Monde – 22 octobre

Agriculteurs et consommateurs français ne vont pas se ruer sur les OGM
Les agriculteurs français ne devraient pas se ruer sur les OGM en dépit de la prochaine levée du moratoire de fait de l'Union européenne sur les produits transgéniques. Selon Didier Marteau de la FNSEA, les agriculteurs poursuivront leur propre moratoire concernant les produits OGM pour être complètement en phase avec les consommateurs qui sont leurs clients. La FNSEA est toutefois en faveur de la poursuite des recherches sur les OGM notamment en plein champ sans que celles-ci soient victimes d'actes de vandalisme. Pour la Confédération paysanne les règles de traçabilité et d'étiquetage sont incomplètes. Pour l'association de consommateurs CLCV, pas question de lever le moratoire sans modifier les critères d'autorisation des nouveaux OGM. De son côté l'UFC-Que Choisir s'oppose à la levée du moratoire tant que les consommateurs n'auront pas de garanties sur le maintien des prix non OGM et sur la mise en place d'un régime de responsabilité spécifique. La prochaine étape du débat sera la fixation à Bruxelles du taux de contamination fortuite permise des semences classiques par les semences OGM. La FNAB réclame pour sa part des semences conventionnelles et biologiques exemptes de contamination. Ils exigent également qu'en cas de contamination, une indemnisation rapide par un fonds spécifique ou des assurances contractées par les opérateurs de la filière OGM.
La Marseillaise – 22 octobre

Pesticides : il y a loin du laboratoire au champ !
Les plantes transgéniques impliquent un changement des méthodes de culture et peuvent parfois amener à des choix plus respectueux de l’environnement. Ainsi leur adoption est-elle souvent liée à un labourage réduit – ou supprimé- ce qui préserve mieux la structure des sols. Il faut cependant souligner que les plantes transgéniques ne sont en aucun cas la cause de ces changements : les agriculteurs déterminent d’abord leur mode de culture, puis choisissent éventuellement des semences transgéniques si elles s’y adaptent. Avec le recul de quelques années de culture commerciale, l’adoption des plantes transgéniques n’a donc que très marginalement réduit la consommation de pesticides aux Etats-Unis, en tout cas incomparablement moins que « prévu » et annoncé. Elle est cependant associée à des changements de modes de culture et de classes de produits utilisés dont l’impact environnemental n’est pas forcément négatif, tout au moins dans le cadre de l’agriculture intensive américaine.
P .P . – Recherche – 1er novembre
 

 

 


Ils ont dit

« Les sciences à l’heure du soupçon »
« La révolution des OGM est un progrès indispensable. Mais cela ne veut pas dire que notre confiance doit être aveugle. (...) Il faut conserver des maïs conventionnels aux champs et faire des OGM "alternatifs". C'est la science évolutive dans la société au service d'une humanité plus nombreuse et qui vit plus longtemps. (...) Après la peur et l'ignorance, voici enfin, l'idéologie : ceux qui s'opposent violemment aux plus précautionneuses recherches sur les OGM et le font avant même de connaître le résultat des expériences, se dressent contre les principes (et les lois) démocratiques de notre République et recrutent leurs adeptes en fabricant des amalgames : économiques (multinationales), politiques (le grand capital), et médiatiques. Faut-il que nous ayons scientifiquement tort parce que certains ont -provisoirement- médiatiquement raison. Il importe de ne pas faire du principe de précaution une pratique d'inaction mais de rechercher, vérifier, contrôler, sans négliger aucune critique et d'être toujours prêts à des solutions différentes. »
Professeur Etienne- Emile Baulieu de l’Académie des sciences
Le Monde – 22 octobre


« Si l’on analyse les OGM cas par cas, il n’y a pas de raison de maintenir le moratoire. On n’interdit pas toute la circulation automobile sous prétexte qu’un type de véhicule présente des défauts. Par ailleurs, toutes les procédures d’autorisation ont été adoptées au terme d’un processus démocratique, elles ont été largement discutées par le Parlement et par les gouvernements élus. Si le moratoire est maintenu, on pourrait se demander ce que cela signifie par rapport au processus démocratique lui-même. Les responsables politiques devraient mettre en œuvre les lois qu’ils ont élaborées. »
Simon Barber, Directeur de l’Université Biotechnologie végétale d’Europabio à Bruxelles
Le Monde – 19 octobre

« La recherche est-elle sous influence ? »
« Le "génétiquement correct" s'est installé en biotechnologies végétales. Ceci oriente à la fois la façon d'appréhender les problèmes mais aussi les choix de recherche. Les produits mis sur le marché ne sont pas intentionnellement dangereux, mais ils sont intentionnellement non contrôlés; des étapes de test sur l'animal n'ont pas lieu, notamment parce qu'elles pourraient compromettre la rentabilité dudit produit. L'expertise scientifique conclut selon la formule consacrée : " Dans l'état actuel des connaissances, aucun risque n'a été décelé." Ce qui est vrai dans une analyse à court terme et ce qui " couvre " la science en cas de problème qui surviendrait dans le futur. Pour autant, quasiment aucune recherche n'aura été menée sur les effets à long terme, par exemple la bioaccumulation dans l'organisme des OGM tolérants aux pesticides ".
Gilles Eric Séralini – directeur du laboratoire de biologie moléculaire de l’université de Caen
Propos recueillis par Marie Verdier – La Croix – 28 octobre


OGM le « coup de gueule »
« Comment peut-on connaître exactement les dangers des plantes OGM si l’on interrompt la recherche ? Toute notre industrie agroalimentaire est en danger de disparition pure et simple. 60 millions d’ha sont déjà en production, dont l’essentiel en Amérique du Nord (USA / Canada) qui exporte massivement. Parce que si leur culture est interdite en France, en revanche, je constate que paradoxalement, l’importation de ces produits ne l’est pas. Quant au débat sur la stérilité des semences, c’est un faux procès. En effet, en France, il n’y a plus un seul agriculteur qui n’achète pas ses semences et il est donc déjà dépendant des semenciers. En ce qui concerne les risques alimentaires, on sait que celui concernant les antibiotiques est négligeable, mais il faut pour cela poursuivre la recherche et les essais et on pourra démontrer que c’est un argument qui n’est pas solide ».
Professeur Delseny, chercheur
L’Indépendant – 28 octobre
 

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