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Sur
les OGM
Brésil : le vice-président autorise la culture de soja
transgénique
José Alencar a signé un décret autorisant la culture de soja
transgénique pour la prochaine récolte dont les semailles commencent
au 1er octobre. La décision a été adoptée après plusieurs jours
d’intenses débats au sein du gouvernement, divisé sur la possibilité
pour le Brésil – qui exporte 80% de sa production de soja vers
l’Europe – d’autoriser la culture de soja génétiquement modifié.
AFP – 26 septembre
Les Britanniques « méfiants voire totalement hostiles » aux OGM
La plupart des britanniques sont « prudents, méfiants voire
totalement hostiles » aux OGM, selon les conclusions publiées d’une
vaste enquête menée sur demande du gouvernement par un comité
d’experts. Cette enquête effectuée sur plusieurs mois auprès de 37
000 personnes dans tout le pays pour sonder l’opinion publique avant
que le gouvernement ne rende sa décision, d’ici à la fin de l’année,
sur l’avenir des cultures transgéniques en Grande Bretagne. Plus
généralement, les conclusions font apparaître une large méfiance du
public face au gouvernement et aux multinationales fabriquant des
OGM. La population réclame plus d’information et veut que d’autres
recherches soient menées sur les possibles effets des OGM avant leur
commercialisation.
AFP – 24 septembre
Pas d’interdiction des cultures OGM en Pays basque
Le tribunal administratif de Pau a annulé partiellement les
décisions prises par cinq communes du Pays basque français
interdisant la culture d’0GM, même à titre expérimental. Le
tribunal, saisi par le préfet des Pyrénées-Atlantiques, a suivi le
commissaire du gouvernement, qui avait considéré qu’un conseil
municipal avait le droit de prendre une délibération pour déplorer
la culture de plantes génétiquement modifiées mais qu’il n’était pas
fondé à les interdire sur le territoire de sa commune. Pour trois
autres communes, dont les délibérations ne portaient que sur un vœu
d‘interdiction de la culture d’OGM, la requête du préfet a été
rejetée. Les huit communes sur le territoire desquelles aucun plan
d’OGM n’a pour l’instant été planté, avaient argumenté leurs
décisions en mettant en avant un risque de contamination aux vignes
d’Irouléguy et au piment d’Espelette, risque dont la preuve n’a pas
été rapportée, a estimé le tribunal.
AFP – 25 septembre
Victime de la sécheresse, le maïs français broie du noir
Côté semences, les agriculteurs multiplicateurs déplorent la baisse
de leur revenu et affichent une grogne sans précédent alors que les
établissements semenciers sont plus ou moins sourds à leurs
revendications. Le maïs génétiquement modifié pourrait accomplir une
prudente percée en culture l'année prochaine. Les attaques de pyrale
ont occasionné de gros dégâts cette année sur les variétés
conventionnelles et une étude montre que la coexistence sur le
terrain de filières OGM et non OGM est possible. Cependant, si
retour il y a, il ne pourra être que prudent et à petite échelle.
Les problèmes de dissémination, de seuils, de présence d'OGM
exposent en effet les établissements et les agriculteurs à des
procès retentissants.
G. Garrouty – Sud Ouest – 19 septembre
Le SOS OGM des chercheurs
Ils réclament de l’Etat une meilleure protection de leurs essais.
Cependant leur pétition pourrait ne guère aider à révéler la
capacité d’indépendance de la recherche publique en matière de
biotechnologie végétale : les instituts publics ne se hasardant
pratiquement plus à réaliser des observations en extérieur, force
est de constater que tous les essais détruits étaient menés par des
industriels. De fait, la majorité concernait des maïs déjà en
circulation dans le monde et certains s’inscrivaient dans une
démarche de tests préalables à une mise sur le marché des semences,
laquelle pourrait être encouragée par la levée du moratoire européen
sur les OGM, le 1er octobre. D’ores et déjà, l’association Attac n’a
pas hésité à qualifier cette pétition d’ « entrave sévère à la
volonté du peuple français ». Encore faudrait-il l’entendre dans les
lieus ad hoc. Les destructions, sondages et pétitions – qui
fleurissent dans le domaine des OGM – ne sauraient remplacer, en
démocratie, les débats parlementaires.
Corinne Bensimon – Libération – 22 septembre
Les défricheurs du big business OGM
Après quatre ans de moratoire européen sur les OGM, le verrou est en
passe de sauter. L'Union européenne a adopté une directive fixant
les règles de traçabilité de ces produits. Les multinationales
peuvent se frotter les mains. Le dernier rempart est tombé.
L'écrasante majorité des cultures reste néanmoins localisée sur le
continent américain. Si le marché des semences de plantes
transgéniques ne pèse aujourd'hui que 3,8 milliards de dollars,
selon l'ISAAA, les applications issues du génie génétique pourraient
générer un marché de 120 milliards de dollars à l'horizon 2010. Il
est à noter que si le marché s'apprête à s'ouvrir, il restera très
encadré par des procédures de traçabilité et d'étiquetage stricts.
Trois filières (OGM, bio, conventionnelles) devront coexister. Il
faudra pour respecter les seuils prévus, mettre en oeuvre des
modalités pratiques de contrôle dont l'Union européenne s'est
d'ailleurs bien gardée de fixer la procédure tant le dossier est
complexe. Les marchands d'OGM, qui trépignent d'impatience, vont
d'abord s'attaquer à l'alimentation animale. En effet, la
législation européenne n'impose pas l'étiquetage final aux viandes
d'animaux nourris avec des OGM et, interdit même d'imposer la
mention "sans OGM ». La porte d'entrée est toute trouvée : le
consommateur n'est pas sensé savoir. Or, c'est avant tout l'opinion
publique qui aujourd'hui bloque l'arrivée des OGM en Europe.
Monsanto ne s'attendait pas à une telle résistance. La fronde
orchestrée par Greenpeace, a rencontré un formidable écho dans une
Europe ébranlée par la crise de la vache folle. Une pression relayée
largement par certains distributeurs qui font du refus des OGM un
argument marketing. L'industrie agroalimentaire a du suivre. Pendant
que l'Europe tergiverse, les OGM envahissent les pays en voie de
développement (Argentine, Brésil, Inde, Thaïlande, Philippines).
C'est en Chine que les choses avancent le plus vite (+de 2 millions
d'ha cultivés, 4e producteur mondial). L'Europe peut-elle rester en
marge de cette évolution ? D'autant que la passion qui entoure le
débat pénalise l'ensemble de la recherche sur les biotechnologies.
Si la levée du moratoire ne va pas entraîner dans l'immédiat, une
ruée vers les cultures transgéniques en Europe, la directive de
juillet a le mérite de balayer les incertitudes de la situation
actuelle. "C'est une réglementation qui est assez forte pour donner
confiance aux consommateurs" estime P. Gracien du GNIS.
Limagrain : le semencier génétique
Le groupe Limagrain n'a pas l'intention de laisser passer le train
des biotechnologies. Pour JC Gouache, Directeur scientifique de
Limagrain "les méthodes de sélection ont progressé grâce aux
biotechnologies".
Monsanto : pas si simple d'être le "Microsoft des OGM"
Le leader mondial des plantes génétiquement modifiées se tient prêt
à conquérir le marché européen. Pourtant Monsanto vit des heures
difficiles (lourdes pertes) et concentre sur lui les attaques des
anti-OGM.
Laurent Barbotin et Benjamin Neumann – L’Expansion – Octobre
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