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Sur
les OGM
OGM, oui à la levée du moratoire si… (éditorial)
L’étiquetage obligatoire des produits alimentaires dès qu’ils
contiendront plus de 0,9% d’ingrédients transgéniques, permettra aux
consommateurs d’exercer leur choix selon leurs convictions, en toute
indépendance. A condition aussi de ne pas payer plus cher demain les
produits sans OGM qu’ils consomment aujourd’hui. C’est à la filière
OGM – et à elle seule – de supporter le coût de l’étiquetage et de
la traçabilité exigés par Bruxelles. Les aliments sans OGM ne
doivent pas devenir l’exception, une niche de consommation réservée
à une élite. Avant toute levée du moratoire, il faut aussi que les
règles juridiques en cas de contamination par les OGM soient
clairement posées. Qui demain sera responsable si une récolte bio
est invendable parce que contaminée par les OGM via le pollen ou les
semences ? Si un consommateur se fie à une mention « sans OGM »
alors que le produit en contient fortuitement au-delà du seuil admis
? Si la dissémination de transgènes provoque des dégâts écologiques
irréversibles ou des allergies difficilement maîtrisables ? A ces
questions, les consommateurs attendent autre chose qu’un silence
coupable.
Jean Paul Geai – Rédacteur en Chef – Que Choisir – septembre
2003
OGM : l’heure de vérité (éditorial)
Le protocole de Carthagène sur la biosécurité ratifié par la France
en avril dernier, reconnaît à tous les pays le droit de refuser
l’importation au nom du principe de précaution. Jusqu'à présent, les
consommateurs américains semblent accepter, sans réticences,
l'alimentation à base d'OGM. Ils pourraient peut être changer
d'avis, influencés par la résistance européenne. N’est-il pas
curieux que leur pays, symbole de l’économie de marché, ne
reconnaisse pas aux consommateurs le droit de pouvoir acheter ce que
bon leur semble ?
Marie-Jeanne Husset, Directrice de la Rédaction – 60 millions
de consommateurs- septembre 2003
L’OMC examine une plainte contre les restrictions de l’UE en
matière d’0GM
L’OMC a accepté d’examiner une plainte déposée par les Etats-Unis,
l’Argentine et le Canada contre les restrictions imposées par l’UE
en matière d’OGM. « Je peux confirmer qu’un panel a été mis en place
pour examiner la plainte déposée par les Américains l’Argentine et
le Canada » a indiqué un porte parole de l’OMC. Le panel, instance
propre à l’OMC est composé de 3 experts qui vont devoir donner leur
avis sur cette plainte.
AFP – 29 août
Du transgénique sans génie
Greenpeace et les Amis de la Terre publient une étude dénonçant la
non efficacité des cultures OGM en Espagne: contamination des
cultures biologiques, rendement plus faible que les plants
traditionnels et protection contestable face aux insectes. L'Espagne
est le seul pays de l'Union à cultiver des OGM pour un usage
commercial et non expérimental. Selon les deux associations
écologistes, "aucune différence n'a été notée entre les cultures
transgéniques et conventionnelles en cas d'attaque de pyrale ".
Cette affirmation se base sur les recherches d'un institut
agronomique de Navarre.
G. Lo – Libération – 27 août
Tracés, étiquetés… exceptés
Après de longs mois de discussions, les deux règlements européens
sur la traçabilité et l’étiquetage sont enfin adoptés.
Malheureusement, alors que les aliments pour animaux sont concernés,
l’information ne sera pas transmise jusqu’au consommateur : viande,
œuf ou lait issus d’animaux nourris en partie aux OGM ne porteront
aucun signe distinctif. Autre décision surprenante, les députés
européens ont accepté la présence de traces d’OGM non autorisés dans
l’UE mais dans la limite de 0,5% de l’ingrédient considéré.
L’adoption des deux règlements ouvre la porte à la levée du
moratoire sur la culture de végétaux transgéniques en Europe. Une
libéralisation qui n’est pas sans poser de problème en matière de
contamination par les OGM.
Que Choisir – 1er septembre
Maïs détruits à Valdivienne
500 m² de cultures de maïs génétiquement modifié ont été saccagés
dans la nuit du 6 au 7 août. Le gérant de la société Idemaïs
exploitant les plants expérimentaux a déposé plainte ainsi que la
société Syngenta.
Gil Beucher - Centre Presse – 22 aaût
Les OGM – Un progrès pour l’humanité ou une OPA sur la nature
Selon Hervé Kempf : Les OGM sont la première innovation dont
l'argument marketing sonne creux : ça ne vous apporte rien, mais on
peut espérer que ça ne vous fera pas de mal. C'est vrai que les
Américains en mangent depuis plusieurs années et qu'ils n'en meurent
pas ! Ce n'est pas pour autant un pays exemplaire sur le plan
alimentaire, avec plus de 20% d'obèses et 5000 décès par an dus aux
intoxications alimentaires. 900 000 agriculteur américains, en
sursis, sont condamnés à s'agrandir sans cesse pour survivre sous la
pression des banques et des firmes alimentaires. La véritable raison
pour laquelle ils ont adopté les OGM est purement pratique :
économiser un ou deux passages d'insecticides dans les champs. Les
Européens ont longtemps cru que si les Américains les vantaient si
hardiment c'est que leur innocuité était prouvée. Il n'en est rien.
Les Américains eux-mêmes sont obligés d'admettre que leurs
chercheurs sont partie liés avec l'industrie. Les grands acteurs de
l'histoire des OGM, les firmes agroalimentaires, les semenciers,
Monsanto, DuPont, Pioneer, etc ont eu le projet grandiose de
transformer la nature de manière radicale. Pour eux, c'est juste une
matière première à exploiter et à intégrer dans un processus
industriel. Dans leur esprit, on commence par les céréales puis on
étend le système à toutes les cultures. Ce qui est important dans
cette histoire, c'est que l'Europe a su peu à peu affirmer son
identité face à la vision américaine. Les Européens s'interrogent :
une technologie nouvelle est-elle nécessairement un progrès ? Le
moment est sans doute venu de faire évoluer notre modèle agricole,
pour en venir à une agriculture qui pollue moins, qui respecte
l'environnement et fasse vivre davantage de gens.
Propos recueillis par Dominique Louise Pélegrin - Télérama –
27 août |
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