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Lors d’un point presse qui s’est tenu ce matin, l’UIPP a souhaité alerter les pouvoir publics et les parties prenantes sur les conséquences des décisions politiques et des nouvelles réglementations sur la Ferme France et les consommateurs hexagonaux.
Un contexte « schizophrène »
Les visiteurs pourront évoluer à travers un circuit interactif, construit de façon concrète et pédagogique
autour de quatre espaces :
- Diminution des stocks
À titre d’exemple, les réserves de céréales (maïs, blé, orge, sorgho et autres, excepté
le riz) ont diminué de 40% depuis 2000.
- Envolée des prix…… Qui semble devenir structurelle
Ainsi, le prix du blé a été multiplié par 2,5 en 18 mois.
Selon les prévisions de l’OCDE-FAO (Agricultural Outlook, 2007-2016), les prix des
matières premières culminent en 2007-2008 mais devraient par la suite rester audessus
de la moyenne des 5 dernières années.
- Nécessité de doubler la production agricole mondiale d’ici 20 ans
L’agriculture va devoir relever un challenge de taille pour pouvoir répondre :
- À l’augmentation de la demande alimentaire mondiale, allant de pair avec l’accroissement de la population mondiale.
- Au développement de la demande en énergie renouvelable, en
substitution du pétrole.
Des évolutions réglementaires au niveau européen
et national qui ne permettront pas de relever ces défis
Plusieurs réglementations et décisions politiques viennent aujourd’hui compliquer plus
encore la donne :
- Révision de la Directive 91/414/CE
Derrière ce terme, un projet de règlement qui devrait être rediscuté au Parlement
Européen au deuxième semestre 2008. Outre la diminution du nombre de substances
actives commercialisées en Europe, l’adoption de ce règlement en l’état signifierait
aussi et surtout la fin des exportations européennes pour certains secteurs et une perte
d’autonomie alimentaire. Pourquoi ? Parce que les agriculteurs ne disposeraient plus
de tous les outils nécessaires pour une protection efficace des cultures et devraient
faire face à des pertes de production importantes, estimées par exemple à 34% pour le
blé et à 46% pour la pomme de terre à l’horizon 2020, dans la version du texte pourtant
la moins contraignante (source : NOMISMA).
- Le Grenelle de l’Environnement
Dans les conclusions du Grenelle de l’Environnement, a notamment été actée la
réduction de 50% des utilisations de produits phytopharmaceutiques, si possible dans
10 ans, et conditionnée à la mise en oeuvre de méthodes alternatives. Si l’UIPP s’est
déjà engagée pour une diminution des impacts des produits sur l’environnement et la
santé, elle demeure très réservée sur tout objectif de réduction quantitative.
La profession ne nie pas que des progrès sont encore possibles, mais il est faux de
croire qu’ils n’ont pas déjà été engagés par la filière : formations aux bonnes pratiques
phytosanitaires, généralisation des zones non traitées et des bassins versants, gestion
des déchets, outils d’aides à la décision, R&D, recherches d’alternatives… Sont autant
de démarches menées depuis plusieurs années et qui permettent de raisonner les
traitements.
Face au durcissement et à l’augmentation des contraintes réglementaires, L’UIPP
propose donc de créer un outil de mesure des impacts des produits phytosanitaires à
la fois sur l’environnement et la santé, qui servirait d’indicateur fiable quant aux progrès
à opérer.
Elle demande également que soit reconnu le temps nécessaire à la recherche et au
développement : les innovations d’aujourd’hui ont en effet été découvertes entre 1993
et 1998.
À terme, les consommateurs lésés
Les contraintes réglementaires alliées à la croissance de la demande alimentaire
mondiale, menacent aujourd’hui l’indépendance alimentaire de l’Europe et de la
France. De façon plus prosaïque, la rareté de certains produits sera susceptible de
contribuer à l’augmentation de leur prix, provoquant une hausse du panier de la
ménagère… Et la nécessité de s’approvisionner dans des pays tiers risquera de
provoquer des crises alimentaires majeures.
À propos de l'UIPP :
L’Union des Industries de la Protection des Plantes représente les fabricants de produits
phytopharmaceutiques en France, appelés pesticides, destinés à protéger les cultures contre les
insectes nuisibles, les maladies et les mauvaises herbes. L’utilisation des produits
phytopharmaceutiques est nécessaire pour assurer les récoltes, ainsi que la qualité et la sécurité
sanitaire des productions végétales.
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