Communiqué du 28 avril 2003
 
 

retour page précédente

 
Paris, le 28 avril 2003
 
Gestion des résistances de Septoria tritici aux strobilurines.
   
  Suite à une communication du FRAC*, la presse a fait état de problèmes de résistance de Septoria tritici aux strobilurines notamment en Irlande et dans une moindre mesure en Grande-Bretagne. Après une description précise de la situation, nous vous proposons de regarder les conséquences que cette évolution suggère et les solutions envisagées pour retarder le développement de cette situation en France.

1) La situation en Grande-Bretagne et en Irlande

Globalement, les programmes fongicides ont bien fonctionné en 2002 en Grande-Bretagne malgré une forte pression de septoriose. Cependant, le contrôle de la maladie a été variable selon les régions. Dans quelques secteurs, notamment le sud-ouest de l’Irlande, où la pression de septoriose a été extrême, son contrôle a été très limité. Dans certains cas, ce mauvais contrôle de la maladie est à mettre en relation avec le mauvais positionnement des fongicides ou leur utilisation à trop faible dose, dans d’autres, la présence d’isolats résistants de Septoria tritici est l’une des explications de cette baisse d’efficacité.
En 2002, des isolats de Septoria tritici portant le gène de résistance G143A ont été trouvés en Grande-Bretagne et en Irlande.
Quelques échantillons prélevés en 2001 en Grande-Bretagne ont été récemment analysés et ont montré l’existence d’une faible proportion d’isolats résistants. Ainsi, le gène de résistance est présent dans les populations de Septoria tritici depuis au moins 2 ans sans que des problèmes de mauvaise efficacité ne soient apparus.
En mars 2003, des échantillons prélevés sur du blé d’hiver en Grande-Bretagne ont été analysés. Le gène de résistance G143A a été trouvé dans la plupart d’entre eux, à des fréquences allant de 0 % à 70 % (40 % en moyenne). A ce jour, on ne sait encore pas précisément comment cela va affecter la performance des fongicides au champ ; cela dépendra pour une grande part de la pression de sélection exercée. Cependant, les résultats montrent clairement un accroissement de la fréquence des isolats contenant le gène G143A (par rapport aux années précédentes). Cela rend nécessaire le respect des recommandations du FRAC pour limiter l’extension du problème. En Grande-Bretagne et en Irlande, là où la fréquence du gène est importante, le contrôle de la septoriose par les strobilurines peut déjà être affecté.
Ailleurs en Europe, malgré l’existence de quelques isolats résistants, leur fréquence est faible et la plupart des échantillons qui ont été analysés se sont révélés non résistants.


2) La situation en France

La France se trouve donc actuellement dans une situation beaucoup plus favorable ; cependant, il apparaît nécessaire d’être vigilant face à ce problème et d’apporter les recommandations précises d’utilisation des strobilurines. D’une manière unanime, les fabricants des spécialités à base de strobilurines se sentent très concernés et feront tout pour limiter le développement de la résistance de Septoria tritici dans une attitude proactive et responsable. Au regard de l’épidémiologie de ce pathogène, la dispersion de la résistance est attendue comme plus lente que celle observée pour l’oïdium du blé. Néanmoins, il nous paraît capital, afin de maintenir l’efficacité des strobilurines, de suivre scrupuleusement dans la pratique les recommandations proposées par le FRAC. Préserver le plus longtemps possible l’efficacité de ces molécules permettra aux acteurs du monde agricole de continuer à bénéficier de la valeur ajoutée liée à leur utilisation.
La réussite de cet objectif dépend de notre capacité à avoir une approche commune entre sociétés, distributeurs et prescripteurs pour appliquer, dès cette campagne, les pratiques détaillées ci-dessous.


RECOMMANDATIONS DU FRAC

1- Utiliser les strobilurines en application préventive ou le plus tôt possible dans le cycle de la maladie.
2- Limiter le nombre d’applications de strobilurines à 2 par an.
3- Toujours utiliser les strobilurines en association avec un partenaire à dose efficace sur septoriose (issu d’une autre famille chimique, à mode d’action différent). Se référer aux recommandations des fabricants pour les doses.
4- Utiliser les spécialités à base de strobilurines aux stades et doses recommandés par les fabricants.
5- Les programmes fongicides faisant appel au fractionnement à doses réduites créent une pression de sélection continue et doivent donc être déconseillés.


(*) FRAC : Fungicide Resistance Action Committee
Organisation des industriels de la protection des cultures, dont l’une des missions principales est d’informer l’ensemble des acteurs des différentes filières agricoles sur les problèmes de résistance et de proposer des recommandations pour maintenir l’efficacité des substances actives à partir d’études et de travaux de recherche mis en commun.

Contacts :
Monsieur Jean Berengier – Tél : 01 39 42 24 00
Monsieur Bertrand Debret – Tél : 04 72 32 45 84
Monsieur Claude Vincinaux – Tél : 01 49 06 54 93


L’UIPP est un syndicat professionnel qui représente les industriels de la protection des plantes. Crée en 1918, il compte 25 adhérents qui représentent 96 % du marché français, le premier de l’Union Européenne.

 
Contact presse 
UIPP
Claire MORIN -
B.P. 127 - 2 rue Denfert Rochereau
92100 BOULOGNE BILLANCOURT
Tél : 01.41.31.52.00 - Fax : 01.41.31.52.10