Année civile 2008 : une année de référence ?
En 2008, les ventes de produits phytopharmaceutiques mis sur le marché atteignent 2,079 Milliards d’euros, affichant une croissance de 14 %, consécutive à celle de 6 % en 2007.
» Les ventes de fongicides ont augmenté de 17 %.
» Les ventes d’herbicides ont progressé de 16 %.
» Les ventes d’insecticides sont en retrait de 23 %.
Volatilité des cours des céréales et des oléagineux
Pour expliquer les résultats de cette année civile, plusieurs événements conjoncturels doivent être évoqués, à commencer par la très forte volatilité des marchés céréaliers et oléagineux. La reprise simultanée des productions française, européenne et mondiale, a fait ref luer en seconde partie de l’année les prix des grandes cultures. À l’échelle européenne, les bilans ont été nettement excédentaires pour les principales céréales, y compris pour le maïs qui était déficitaire l’année précédente. En France et en Europe, cette reprise des productions résulte à la fois de l’augmentation des emblavements, grâce à la remise en culture des jachères, et de la progression des rendements. Pour la plupart des autres productions, les prix ont continué de progresser dans un contexte de production le plus souvent déficitaire.
Pressions parasitaires élevées
Par ailleurs, les conditions climatologiques ont créé des pressions parasitaires élevées, comme celle du mildiou sur la vigne et les pommes de terre, ou de la septoriose sur les céréales. Ainsi, la récolte française de pommes de terre accuse une baisse de 6 % par rapport à 2007. Ce résultat a pu être limité grâce à l’utilisation d’anti mildious performants permettant de maintenir les rendements à 3 % au-dessus de la moyenne des cinq dernières années. Enfin, l’année 2008 restera celle du démarrage du nouveau dispositif de taxation des produits phytopharmaceutiques. En effet, à partir du 1er janvier, les ventes aux utilisateurs ont été assorties d’une redevance pour pollution diffuse dont l’assiette est la quantité de substances qui sont classées, conformément aux catégories définies
par l’application de l’article L4411-6 du code du travail, comme « très toxiques, toxiques, cancérogènes, tératogènes, mutagènes, toxiques pour la reproduction ou dangereuses pour l’environnement ».
Utilisation raisonnée des produits
Après 2007, année de maîtrise prioritaire des coûts d’utilisation des intrants, liée aux prix des productions agricoles, les agriculteurs sont entrés dans une phase de sécurisation de leur revenu, avec une optimisation des rendements de leur exploitation, par, notamment, l’utilisation de solutions de protection plus haut de gamme. L’utilisation des produits phytopharmaceutiques reste raisonnée, mais les agriculteurs ont été moins disposés à prendre des risques sur la quantité et la qualité de leurs productions.
Prix des produits phytopharmaceutiques en hausse
La hausse des ventes a été sensiblement supérieure à celle des tonnages des substances actives mises sur le marché. Les prix des produits phytopharmaceutiques ont augmenté après plusieurs années de stabilité. En 2008, certains produits phytopharmaceutiques ont fait l’objet d’une inflation significative notamment à la suite de la hausse des coûts d’homologation, des coûts de synthèse des molécules et de production des formulations, ainsi que de l’offre déficitaire par rapport à la demande.