Revue de presse

Avertissement : Cette revue, de la presse non professionnelle, a pour objectif d’être le reflet des principaux articles concernant la filière des produits phytopharmaceutiques. En aucun cas, elle ne représente la position de l’UIPP.

  • Première utilisatrice de pesticides en Europe, la France manque d'une étude sérieuse pour comprendre leur lien avec les cancers des agriculteurs. D'autant qu'il y a une vingtaine d'années, une enquête publiée aux États-Unis a éveillé les soupçons. Lancée en 2005 en France par la Mutualité sociale agricole, l'étude française Agrican, portant sur 180 000 salariés et exploitants agricoles, est censée apporter des réponses. Mais en prend-elle le chemin ? La question se pose face aux premiers résultats annoncés le 16 septembre. Contrairement à ce qui était prévu, aucune donnée concernant le nombre de cancers détectés chez les paysans n'a été présentée. « Ces données étaient pourtant très attendues car elles devaient permettre d'évaluer l'impact des pesticides sur la santé des agriculteurs, déplore Nadine Lauverjat, l'une des responsables de l'association de défense de l'environnement Générations futures. Promise depuis 2009, l'annonce des résultats est sans cesse repoussée. On ne peut exclure des pressions du lobby phytosanitaire, qui est l'un des financeurs de l'étude.» Une accusation que dément Pierre Lebailly, épidémiologiste et coordinateur d'Agrican : « Nous avons besoin de temps. Celui des médias n'est pas celui de la recherche scientifique. Nous sommes dépendants des registres des cancers. Or, en France, il faut trois ans entre la survenue de la maladie et son enregistrement définitif.» Le chercheur affirme pouvoir annoncer ses analyses pour fin 2012. Les cancers liés au tabagisme sont sous-représentés, mais d'autres apparaissent surreprésentés : chez les deux sexes, le mélanome malin de la peau ; chez la femme, les cancers de l'osophage, de l'estomac et du sang. Chez les hommes, le cancer du sein. Plusieurs facteurs de risque sont évoqués, comme l'exposition aux ultraviolets, aux dérivés du pétrole et aux pesticides. Ces premiers résultats sont donc très succincts au regard des études réalisées en Europe et aux États-Unis sur les liens entre cancers et pesticides. Plusieurs d'entre elles ont ainsi évalué, chez les agriculteurs, un risque accru de plus de 30 % de développer une tumeur cérébrale ou une maladie du sang cancéreuse. D'où l'impatience du monde agricole. Notamment des agriculteurs malades, qui comptent sur Agrican pour prouver le lien entre leur cancer et leur exposition aux pesticides. Elles faciliteraient la reconnaissance de leur pathologie comme maladie professionnelle. Une démarche qui, aujourd'hui, relève du parcours du combattant.

    Source : Pèlerin.info Auteur : Véronique Badets

  • Les pré-résultats de l'enquête Agrican (pour "Agriculture et cancers") menée depuis 2005 par la Mutualité sociale agricole (Msa) sur 180 000 personnes montre que les agriculteurs ont une espérance de vie plus longue et sont moins touchés par le cancer que la population générale (-27% chez les hommes, -19% chez les femmes). C'est notamment vrai pour le cancer du poumon (- 50% pour les hommes, - 42 % pour les femmes), le cancer de la vessie (- 40 %) mais aussi pour le cancer de l'utérus (- 28 %). Elle est par contre plus exposée aux pesticides et est plus souvent intoxiquée par ces produits (8,7% des hommes et 5,1 % des femmes). Ceux qui travaillent sous serres déclarent par ailleurs deux fois plus souvent avoir été intoxiqués. La moitié de ces intoxications ont amené la victime à consulter ou à être hospitalisée. C'est précisément sur le volet cancers et pesticides que les opposants aux pesticides estiment l'étude tronquée. Où sont les pesticides ? L'association Générations futures, en pointe sur le dossier des pesticides, souligne ainsi que l'étude ne comporte pas de données sur la spécificité des cancers qui frappent plus particulièrement les agriculteurs exposés à ces produits : cancers de la prostate, cancers des lèvres, des lymphomes... Autre biais selon Générations futures : la population suivies par Agrican ne compte que 48 % de personnes manipulant des pesticides. La cohorte étudiée est-elle représentative quand on sait l'omniprésence des pesticides dans la filière agricole ? L'association estime donc que les résultats à venir pourraient largement sous-estimer la réalité. Le responsable national de l'association, François Veillerette, rappelle que "92 substances actives pesticides sont classées cancérigènes possibles ou probables soit par l'UE ou l'Agence de Protection de l'Environnement des Etats-Unis". Leur nocivité cancérogène a été démontrée par différentes études. Une étude qui "manque d'indépendance" Générations futures souligne dans une déclaration que l'étude Agrican est « cofinancée par la MSA et l'UIPP" (Union des Industries de la Protection des Plantes, ndlr) et François Veillerette estime "qu'elle manque visiblement d'indépendance", soulignant que cette enquête "prend grand soin de ne surtout donner aucune information" sur l'incidence des cancers spécifiques aux agriculteurs : "sans doute une telle information aurait été gênante car elle aurait pu pointer une possible responsabilité des pesticides".

    Source : Viva.presse.fr

  • Prenez un sujet grave. En l'occurrence, les cancers chez les agriculteurs. Désignez un des potentiels responsables de ces cancers : les pesticides. Rassemblez ensuite des scientifiques qui réclament des données fiables sur les liens probables entre cancers et pesticides. Vous obtiendrez un objet d'étude passionnant. C'était l'objectif de l'étude Agrican, entamée en 2005. Mais. Si vous ajoutez à cette mixture des financiers dont les objectifs ne vont pas de pair avec ceux des scientifiques (comme l'UIPP, groupe d'intérêts défendant les fabricants de pesticides), alors, avant de sortir les vrais résultats de cette étude -prévus pour 2012-, vous vous efforcerez de faire un max d'effets d'annonce, histoire de noyer le poisson. Une seule info circulait: les agriculteurs sont en meilleure santé que la population générale. Mieux, ils sont moins sujets aux cancers. « Les hommes et les femmes de la cohorte ont respectivement 27% et 19% moins de risque de décéder d'un cancer comparativement à un homme et une femme de la population générale du même département et du même âge », nous précisait-on. Au sujet des lymphomes, une équipe du centre d'immunologie de Marseille, dirigée par Bertrand Nadel, avait d'ailleurs mis en évidence en 2008 le lien entre « l'exposition des agriculteurs aux pesticides et des anomalies du génome pouvant conduire à des tumeurs lymphatiques », rappelle le site Actu-environnement.com.

    Source : L’Express.fr

  • Inexorablement, la baisse du nombre d'agriculteurs se poursuit en France à un rythme soutenu. Les statistiques du recensement agricole rendues publiques le montrent encore une fois : un quart des exploitations agricoles a disparu depuis 2000. "Ce n'est pas une bonne nouvelle pour l'environnement, assure Amandine Lebreton, coordinatrice agriculture à la Fondation pour la nature et l'homme (anciennement Fondation Nicolas Hulot). Que ce soit du point de vue de la vie rurale ou même strictement environnemental, nous n'avons aucune raison de nous réjouir de cette évolution." Il est d'abord faux d'imaginer que la baisse du nombre d'exploitations entraîne le retour à l'état naturel de larges pans du territoire. L'augmentation de la taille des exploitations compense en effet quasi intégralement la réduction de leur nombre. En clair, sauf dans les régions les plus difficiles, une ferme libérée trouve immédiatement preneur. « La superficie moyenne des exploitations agricoles gagne 13 hectares, elle atteint 55 hectares en 2010 et même 80 hectares pour les moyennes et grandes exploitations », précise l'étude Agreste sur le recensement agricole. Alors que le nombre d'exploitations a chuté de 26% entre 2000 et 2010, les surfaces agricoles, elles, n'ont reculé que de 3%. « C'est une évolution qui va plutôt dans le mauvais sens, avance Jean-Claude Bévillard, chargé des questions agricoles à France Nature Environnement. Même si le mal est déjà fait en grande partie, le regroupement des parcelles a plutôt tendance à favoriser la mécanisation et la disparition des haies et des bordures végétales, qui sont des refuges de la biodiversité.» 

    Source : La Croix Auteur : Emmanuelle Réju

  • D’après les premiers résultats de l’étude AGRICAN, la première menée en France sur le risque de cancer chez les agriculteurs, ces hommes et ces femmes travaillant dans l’élevage ou la culture ont globalement une meilleure longévité et un risque plus faible de décéder d’un cancer que le reste de la population. Présentés à Tours lors du colloque de l’Institut national de médecine agricole (Mutualité sociale agricole, MSA), ces résultats peuvent surprendre alors que les études sur les risques de l’exposition aux pesticides et aux herbicides se multiplient. Commencée en 2005, AGRICAN (1) donne aujourd’hui des chiffres de mortalité par type de maladie, notamment de cancers. Cependant elle ne permet pas encore de savoir quelle est l’incidence de tel ou tel cancer chez les agriculteurs (autrement dit le nombre de cas pendant une période donnée dans une population). Encore moins de faire des liens entre l’exposition aux produits phytosanitaires et la survenue d’un cancer ou d’une autre pathologie.

    9% des femmes de la cohorte et 48% des hommes se disent ainsi utilisateurs (actuels ou anciens) de pesticides. Des chiffres étonnants sachant que 3% seulement des surfaces cultivées en France sont converties à l’agriculture biologique. Y a-t-il une sous-déclaration de l’usage des pesticides ? Y a-t-il des biais liés à l’âge, à l’activité des répondants ou aux départements concernés? 

    Les études épidémiologiques menées essentiellement en Amérique du Nord, depuis plusieurs décennies, montraient déjà que les cancers liés au tabagisme étaient moins nombreux chez les agriculteurs. En revanche, le nombre de cancers des lèvres (sans doute liés aux UV) mais surtout de cancers du sang est plus élevé. Des travaux ont mis en évidence des liens entre certains herbicides ou pesticides et l’augmentation du risque de certains cancers du sang. Un excès de risque a également été montré pour les cancers de la prostate chez ceux qui appliquent les produits phytosanitaires. Par ailleurs, l’équipe d’Alexis Elbaz (Université Pierre et Marie Curie/Inserm) a montré en 2009 que « les personnes ayant employé des pesticides dans le cadre de leur métier ont plus souvent la maladie de Parkinson que les sujets témoins »

    Source : NouvelObs.com

Vidéo

Les pesticides : pourquoi ?

Publié le 31 janvier 2006

Comment traiter à la bonne dose et au bon moment ? Comment se protéger lors des traitements ? La protection raisonnée des récoltes, qu’est ce que c’est ? Des réponses concrètes sur les bonnes pratiques.

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