UIPP

Des produits utiles, des entreprises responsables

Revue de presse

Avertissement : Cette revue, de la presse non professionnelle, a pour objectif d’être le reflet des principaux articles concernant la filière des produits phytopharmaceutiques. En aucun cas, elle ne représente la position de l’UIPP.

Denis Tardit : Respecter l’homologation européenne

Sur les phytopharmaceutiques, la santé et l'environnement 24/10/2007

Pour le président de l’UIPP, qui assistait à l’atelier 4 et est intervenu notamment sur le point C (réduire les pollutions diffuses). « Il y a un système européen des homologations ; il faut le respecter. Pourquoi la France interdirait des produits jugés sûrs par l’Europe ? » Au sujet de la liste de 47 substances actives pour lesquelles l’atelier 4 (conclusions nationales) préconise une interdiction dès que possible, il estime qu’il faut regarder non pas la substance active mais le produit vendu (car les formulations changent beaucoup de choses) et évaluer la réelle toxicité de celui-ci. Pour ce qui est de la recherche (point E), Denis Tardit souhaite que les investissements publics soient réellement orientés vers l‘agronomie et qu’il y ait une meilleure coopération entre recherche publique et recherche privée, recherche fondamentale et recherche appliquée.

Source : Paysan du midi | Auteur : Denis Tardit

Réduction des pesticides : Réactions UIPP

Sur les phytopharmaceutiques, la santé et l'environnement 24/10/2007

La décision du Grenelle de l'Environnement d'adopter un plan de réduction des pesticides sans calendrier démontre que "la réalité l'a emporté sur l'émotion", a indiqué jeudi l'Union des industries de la protection des plantes (UIPP). "La réalité l'a emporté sur l'émotion et l'agriculture pourra continuer à être un secteur important de l'économie française", a déclaré à l'AFP Jean-Charles Bocquet, directeur général de l'UIPP. Selon le relevé officiel de conclusion de la table ronde du Grenelle, une diminution de 50% de l'usage des pesticides sera conditionnée à la mise en place de "méthodes alternatives", sans calendrier. Il s'agit de "se fixer un objectif de réduction de moitié des usages des pesticides en accélérant la diffusion des méthodes alternatives et sous réserve de leur mise au point", selon le texte. Evoquant la proposition du ministre de l'Agriculture Michel Barnier d'interdire, d'ici 2012, 47 substances "les plus préoccupantes" des pesticides, l'UIPP considère que "les critères retenus sont contraires aux principes européens qui se basent sur l'analyse et la gestion des risques". "Parmi les 47 substances, il y en a, comme des herbicides et des fongicides, qui sont indispensables à la production de cultures saines à des prix économiquement acceptables", a mis en avant M. Bocquet. La France est la quatrième plus grosse utilisatrice de pesticides au monde, mais le marché (1,72 milliard d'euros) est en baisse constante dans l'Hexagone depuis 1999. Mais, cette année, en raison des conditions climatiques mêlant chaleur et humidité, les volumes vendus entre janvier et fin septembre ont progressé de 6% par rapport à la période correspondante de 2006, a précisé M. Bocquet ; L'UIPP regroupe 19 sociétés représentant 95% du marché français des pesticides.

Source : AFP

Champs de ruines – lundi 20H50 – Canal+ Magazine : «Faites passer l’info » « Pesticides : la fin de l’omerta »

Sur les phytopharmaceutiques, la santé et l'environnement 24/10/2007

Le magazine de Capa s’intéresse ce soir aux victimes de ce productivisme à outrance qui a conduit des générations d’agriculteurs à asperger de produits toxiques leurs productions : fongicides, insecticides, engrais chimiques, herbicides… « On était tout rouges de la tête aux pieds » se rappelle Patrick agriculteur en décrivant une séance d’aspersion des cultures. Les têtes de mort sur les emballages n’ont servi à rien. Les mesures de précaution n’ont pas été respectées. L’UIPP a beau jeu de relever la négligence de certains agriculteurs… L’Equipe de Capa dissèque le discours des politiques pris au piège par le fort lobbying des agriculteurs et des industriels. Et pourtant, les études scientifiques se multiplient. Toutes convergent pour souligner les liens entre l’utilisation des pesticides et le développement des cancers.

Source : Télé Obs | Auteur : Marco Mosca

Michel Barnier – ministre de l’agriculture et de la pêche

Ils l'ont dit 24/10/2007

"S’il faut produire plus, il faut aussi produire mieux, avec moins d’engrais et de produits phytosanitaires, une gestion draconienne des ressources en eau. Le grand défi est là. Nous le relèverons ! Déjà, le volume des produits phytosanitaires utilisés pour les cultures a diminué sensiblement ces dernières années. Il faut aller plus loin et, grâce à la recherche, respecter toujours plus les exigences écologiques et sanitaires. Entre l ‘agriculture bio, qui se situe à l’avant-garde, et l’agriculture productiviste, il y a une grande marge pour le développement de pratiques raisonnées et respectueuses de l ‘environnement qui concerneront, bientôt, presque toute l’agriculture.".

Source : Pèlerin | Auteur : Michel Barnier – ministre de l’agriculture et de la pêche

Les agriculteurs satisfaits sur les pesticides mais divisés sur les OGM

Sur les OGM 24/10/2007

Depuis l'origine à la tête du combat contre les OGM (organismes génétiquement modifiés), la Confédération Paysanne estime "insuffisant" le gel des cultures de maïs génétiquement modifié jusqu'au vote d'une loi sur les OGM, et réclame un "moratoire" de trois ans. Le porte-drapeau des anti- OGM, José Bové, a estimé que "le président reconnaît pour la première fois les raisons qui amènent les Français à refuser les OGM (...) il reconnaît le risque de dissémination et qu'il y a de plus en plus de problèmes liés aux OGM". Mais "ce n'est pas dans le cadre national que cela doit se régler, il faut qu'il saisisse la clause de sauvegarde de l'Union européenne pour geler les cultures. Autrement, c'est une escroquerie", a-t-il ajouté. Le président de la FNSEA, Jean-Michel Lemétayer, a demandé "que les règles soient claires et transparentes en 2008", dans une loi qui devrait être adoptée selon lui avant les semis de printemps. De leur côté, les semenciers et industriels des produits phytosanitaires ont reproché au chef de l'Etat d'avoir "cédé aux marchands de peur et de mensonges" sur les OGM. "On ne peut pas en même temps réussir la négociation d'un traité relançant la construction européenne et nier le droit communautaire car l'Union européenne a décidé d'autoriser la culture des OGM", écrivent les semenciers, dont l'UIPP.

Source : AFP | Auteur : Christian Charcossey

Les agriculteurs satisfaits sur les pesticides mais divisés sur les OGM

Sur les OGM 24/10/2007

Depuis l'origine à la tête du combat contre les OGM (organismes génétiquement modifiés), la Confédération Paysanne estime "insuffisant" le gel des cultures de maïs génétiquement modifié jusqu'au vote d'une loi sur les OGM, et réclame un "moratoire" de trois ans. Le porte-drapeau des anti- OGM, José Bové, a estimé que "le président reconnaît pour la première fois les raisons qui amènent les Français à refuser les OGM (...) il reconnaît le risque de dissémination et qu'il y a de plus en plus de problèmes liés aux OGM". Mais "ce n'est pas dans le cadre national que cela doit se régler, il faut qu'il saisisse la clause de sauvegarde de l'Union européenne pour geler les cultures. Autrement, c'est une escroquerie", a-t-il ajouté. Le président de la FNSEA, Jean-Michel Lemétayer, a demandé "que les règles soient claires et transparentes en 2008", dans une loi qui devrait être adoptée selon lui avant les semis de printemps. De leur côté, les semenciers et industriels des produits phytosanitaires ont reproché au chef de l'Etat d'avoir "cédé aux marchands de peur et de mensonges" sur les OGM. "On ne peut pas en même temps réussir la négociation d'un traité relançant la construction européenne et nier le droit communautaire car l'Union européenne a décidé d'autoriser la culture des OGM", écrivent les semenciers, dont l'UIPP.

Source : AFP | Auteur : Christian Charcossey

OGM : Dimas veut refuser pour la première fois la culture de 2 maïs dans l’UE

Sur les OGM 24/10/2007

Le commissaire a proposé à ses collègues de la Commission de rejeter les demandes d'autorisation de culture du maïs Bt 11 de la firme suisse Syngenta et du maïs 1507 de Pioneer, filiale de l'américain DuPont. La culture de ces deux maïs a reçu un avis favorable de l'Autorité européenne de sécurité alimentaire (EFSA), basée à Parme. Mais, selon cette source, le commissaire veut invoquer le principe de précaution car d'autres études ont émis des doutes sur les effets à long terme, notamment lorsqu'ils sont ingérés par des "organismes non ciblés" comme des oiseaux. "Cette décision est un bon pas dans la bonne direction. Lorsqu'il y a des incertitudes scientifiques, l'UE devrait toujours appliquer le principe de précaution", a souligné dans un communiqué Greenpeace. La proposition de la Direction générale de l'environnement de la Commission n'a cependant pas pour l'instant reçu l'aval des autres DG de l'exécutif européen. Mais M. Dimas entend faire monter le débat au collège des commissaires si nécessaire.

Source : AFP

L’Europe veut interdire les pesticides... sauf exception

Sur les phytopharmaceutiques, la santé et l'environnement 23/10/2007

Le Parlement européen a adopté en première lecture,deux projets de législation visant à limiter leur usage et à interdire les plus dangereux. Les eurodéputés, réunis à Strasbourg, ont renforcé les mesures initiales proposées par la Commission européenne. Mais de nombreux amendements ont été adoptés de justesse. Le problème, c’est que la Commission reconnaît aussi qu’ils améliorent les rendements et la qualité des produits agricoles tout en limitant la main-d’œuvre nécessaire. « Nous aimerions pouvoir nous en passer, mais nous en avons besoin », a expliqué le commissaire chargé de la Santé devant les eurodéputés. La mesure phare prévoit d’interdire les substances les plus dangereuses : cancérigènes, toxiques pour la reproduction, génotoxiques. Les eurodéputés ont rajouté neurotoxiques et imunotoxiques. « Nous avons posé un jalon important. Les consommateurs européens ne veulent pas avoir de poison ni dans leur environnement ni dans leurs assiettes », s’est réjouie la rapporteur du texte. La Verte allemande Hiltrud Breyer. En revanche, aucun objectif général contraignant visant à diminuer l’utilisation des pesticides n’a pu être adopté. Les parlementaires ont néanmoins fait passer un objectif de réduction de 50% des substances autorisées classées comme « préoccupantes » ou « toxiques » à l’horizon 2013. Les eurodéputés ont aussi soutenu – en prévoyant des dérogations- l’interdiction des pulvérisations aériennes, très prisées dans la viticulture.

Source : Libération | Auteur : Julie Majerczak

OGM : agriculteurs et industriels optent sur la loi pour apaiser le débat

Sur les OGM 23/10/2007

Le texte, explique Pascal Ferré, négociateur du dossier pour la FNSEA, doit préciser les règles de coexistence des OGM avec les cultures traditionnelles. En cas de pollution des unes par les autres, il doit prévoir qui indemnise les producteurs classiques. Aucun groupe ‘assurance n’est prêt à couvrir ce type de risque. Il faut donc créer un fonds auquel cotiseront les vendeurs et les utilisateurs de semences génétiquement modifiées. Pas, question, répond le GNIS « Nos semences ont reçu une autorisation de mise ne marché. S’il y a un problème, il vient de la manière dont elles ont été cultivées ». Bref, c’est l’affaire des agriculteurs. Les industriels de l’agrochimie présents dans les OGM soutiennent la mise en place d’une haute autorité, prévue dans le document de travail du Grenelle de l’environnement. « Si cela permet une information plus large du public et met fin aux débats sur l’indépendance des experts, tant mieux » explique Stéphanie Piécourt,, porte parole de Monsanto en France. Tout comme Monsanto, son concurrent BASF approuve l’’idée d’une loi « A condition que l’on se place dans un débat serein, basé sur des faits » prévient Jean Marc Petat, chez BASF Agro France… « Les essais en plein champ ont été autorisés en Suède, en Allemagne, au Royaume-Uni, s’insurge Jean Marc Petat. Il est indispensable d’en faire aussi en France car chaque pays à ses particularités ».

Source : Les Echos | Auteur : Vincent Collen – Marie-José Cougard

En Vendée, es abeilles meurent par milliers

Sur les abeilles 21/10/2007

Dans le petit cercle des apiculteurs vendéens, l’information fait tache d’huile depuis plusieurs semaines. Tous ont en mémoire les mauvais souvenirs du Régent et du Gaucho, ces puissants insecticides aujourd’hui interdits. Dans un document que nous nous sommes procuré, le Groupement de défense sanitaire des abeilles (GDSA), est très clair : « Dans le sud Vendée, des intoxications d’abeilles ont été constatées début juillet. Un insecticide, le… pulvérisé sur les maïs contre la pyrale, mais aussi contre les pucerons, pourrait être à l’origine de ces intoxications »… Des pratiques illégales, portant notamment sur les conditions d’utilisation de ces pesticides, seraient en cause. Une enquête a été ouverte par le parquet. L’ampleur de l’intoxication dépasserait les frontières de la Vendée. Plusieurs témoins évoquent un phénomène qui s’étendrait sur une vaste zone située « au nord d’une ligne allant de Bordeaux à Dijon ».

Source : Vendée Matin | Auteur : Yann Olivier Bricombert

Grenelle de l’Environnement : les lobbys s’activent en coulisses

Sur les phytopharmaceutiques, la santé et l'environnement 18/10/2007

Nucléaire, OGM, pesticides, automobile: la "révolution écologique" promise par le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo à l'issue du Grenelle de l'environnement devra affronter le tir de barrage des lobbys, déjà actifs en coulisses. Témoin, cette pleine page de publicité dans la presse des Jeunes agriculteurs: "Les premières propositions du Grenelle de l'Environnement bouleversent l'agriculture française", lancent-ils, évoquant un arrêt des cultures, voire une délocalisation si des contraintes environnementales fortes étaient imposées. Ou encore ce colloque au Sénat, vantant le nucléaire et prônant la construction d'un deuxième EPR, réacteur dont les écologistes réclament -en vain- l'arrêt Le nucléaire -dont la France est champion mondial avec 58 réacteurs- est d'ailleurs le grand absent des débats du Grenelle. Officiellement pourtant, pas de tabou autour de la table de discussions entre patronat, syndicats, associations et pouvoirs publics. "Le grand bonheur de cette expérience, c'est que in fine, la logique de la discussion et de la concertation a prévalu sur le défense des intérêts catégoriels", assure Sophie Liger, directrice du développement durable au Medef. "L'industrie et la FNSEA ont pesé de tout leur poids", rétorque François Veillerette, président du MDRGF (écologistes). Résultat: aucun objectif chiffré de réduction des pesticides. Il dénonce "une conception ancienne de la santé publique, où il faut vraiment avoir une certitude absolue et compter les cercueils pour agir". Le Grenelle a suscité selon lui une "forte réaction". Coïncidence? Plusieurs livres "anti" écolos sortent simultanément: "Ecologie, la grande arnaque" du président des Automobiles clubs de France ou "Les prêcheurs de l'apocalypse", de Jean de Kervasdoué. Le principe de précaution, inscrit depuis 2005 dans la Constitution, est remis en cause au détour de la commission Attali sur la croissance. Pour Yannick Jadot, de Greenpeace France,"dès qu'on arrive sur des mesures concrètes, opérationnelles, on se heurte au blocage très fort des lobbys".

Source : AFP | Auteur : Marie Pierre Ferey

Luc Ferry – Philosophe – ancien ministre

Ils l'ont dit 18/10/2007

"Pas de malentendu : nul ne doute qu’il faille protéger la planète ni qu’il y ait quelque urgence à le faire. Ce qui inquiète pourtant, plus encore que les pollutions de l’air ou de l’eau- qui ne nous empêchent pas d’avoir quasiment doublé nos espérances de vie en un siècle ! – c’est celle de l’atmosphère intellectuelle et morale dans laquelle la réflexion semble aujourd’hui prendre place. Car nos écologistes militants associent de manière imparable trois logiques qui, au final, forment un redoutable piège : une logique de la peur selon laquelle cette passion, naguère encore honteuse, serait désormais un vecteur de sagesse – ce dont témoigne la calamiteuse inscription du principe de précaution dans une constitution où il n’a que faire ; une logique médiatique, où les people, animateurs télé, vedettes de cinéma, de la chanson ou de la politique, relèguent les scientifiques et les économistes sérieux au fond du panier ; enfin une logique d’interdiction qui, une fois la panique bien ancrée dans les esprits, n’a plus qu’à se baisser pour en ramasser les dividendes politiques."

Source : Le Figaro | Auteur : Luc Ferry – Philosophe – ancien ministre

OGM : Bruxelles v autoriser le maïs Herculex le 24 octobre

Sur les OGM 18/10/2007

La Commission européenne a l’intention de donner son feu vert, le 24 octobre, à la mise sur le marché du maïs OGM Herculex, a indiqué l’agence Agra. L’autorisation de ce maïs, qui avait soulevé une polémique au printemps dernier en raison de sa présence illégale dans des cargaisons de céréales en provenance des Etats- Unis, est très attendue par l’industrie européenne des aliments composés, indique Agra. Celle-ci redoute depuis plusieurs mois qu’une contamination à grande échelle oblige l’UE à stopper les importations contaminées ou à imposer aux opérateurs de coûteux tests de détection .En même temps que le maïs Herculex, la Commission va autoriser la commercialisation des sucres et pulpes issues de la betterave H7-1 et deux maïs hybrides 1507XNK603 » et le NK6O3XMON810.

Source : Les Marchés

Sous Louis XIV, l’autorisation du pain à la levure, ancêtre du débat sur les OGM

Sur les OGM 18/10/2007

Associer des non experts à une concertation dans des domaines d’intérêt public n’et pas d’une nouveauté radicale. Citons l’expérience de 1668 – donc sous le gouvernement monarchique du jeune Louis XIV. On trouve alors en vente à Paris un pain « nouveau », fait non plus de franc levain, mais de « l’écume de bière » - c’est l’ancêtre de notre baguette. Ce pain nouveau ne contient-il pas un poison inconnu « un poison lent » aux effets différés ? Et comment savoir si cette miche n’est pas en fat une menace pour la santé ? Et de cabaret en cabaret, la rumeur court et enfle comme la pâte de ce pain qui lève si vite et si bien. On est face à un problème de santé publique – quand les trois livres de pain quotidien fournissent la majorité des calories – et face à une incertitude scientifique – avant Pasteur, on ne comprend guère les phénomènes de fermentation. Levain ou levure ? Ce pain génétiquement modifié qui agite l’opinion mobilise les décideurs. Pour la faculté : il faut interdire le pain à la levure. Puis le Parlement se saisit de la question et demande l’avis d’un jury, composé à égalité de spécialistes et de non spécialistes… A l’issue de la conférence, la réponse est consensuelle : non au pain à la levure ! Un an après, en mars 1670, le Parlement rend son arrêt. Il permet l’utilisation de la levure, sous condition : « faisant défense d’en employer d’autres que celle qui se fait dans cette ville de Paris, fraîche et non corrompue ». On observe le même décalage en 1998, quand la première conférence de consensus organisée en France avait recommandé de ne pas autoriser les OGM contenant des gènes de résistance aux antibiotique. Or, quelques semaines plus tard le gouvernement autorisait la mise en culture de nouvelles lignées de maïs.

Source : Libération | Auteur : Madeleine Ferrières

Jean-François Bouhours – directeur de recherche émérite de l’Inserm à la Faculté de médecine de Nantes

Ils l'ont dit 17/10/2007

"… Les militants anti OGM mettent en avant un certain nombre d’épouvantails allant du danger pour la santé à la pollution de la terre en passant par la diffusion incontrôlée de ces nouvelles variétés ou la menace de monopole des multinationales productrices de semences. Mais derrière ces arguments techniques, il existe l’intime conviction qu’il n’y a pas de bon OGM et que modifier le génome d’un organisme et une transgression inacceptable des règles immuables de fonctionnement des organismes vivants. La transgénèse est l’introduction d’un gène (une séquence d’ADN codant pour une protéine) d’un organisme dans le génome d’un autre organisme, de telle sorte que la descendance de ce dernier propage la génome modifié et que tous les descendants produisent la protéine codée par le gène étranger. Es-ce que copier un gène d’un chromosome humain et le coller dans l’ADN d’un porc, est une action contre nature ? Est-ce que copier un gène d’une bactérie et le coller dans l’ADN du maïs menace l’équilibre écologique de la planète ? Non, car les chercheurs ne font pas autre chose que ce que la nature fait depuis des centaines de millions d’années. C’est même ces copier- coller qui constituent la source principale de la diversité des espèces…. Notre connaissance du monde change plus rapidement que notre conception du monde… La fabrication des OGM n’apparaît alors que comme une modeste participation au joyeux bricolage des gènes qui a présidé à l’émergence des espèces. Il n’y a donc pas lieu de tournebouler la France entière quand cette création humaine monstrueuse qu’est le maïs se trouve à nouveau marginalement modifiée par l’homme".

Source : Libération | Auteur : Jean-François Bouhours – directeur de recherche émérite de l’Inserm à la Faculté de médecine de Nantes
UIPP