Revue de presse
Avertissement : Cette revue, de la presse non professionnelle, a pour objectif d’être le reflet des principaux articles concernant la filière des produits phytopharmaceutiques. En aucun cas, elle ne représente la position de l’UIPP.
Peut-on réduire de moitié l’usage des pesticides ?
Sur les phytopharmaceutiques, la santé et l'environnement 29/01/2010Si l’agriculture française reste la première consommatrice de produits phytosanitaires en Europe, la « ferme France » est aussi l’une des plus compétitives au monde et l’une des rares activités exportatrices de notre pays, avec l’industrie agroalimentaire. Une baisse massive et autoritaire de l’usage des pesticides, assortie éventuellement d’une taxe, comme le suggèrent certaines ONG, ne risque-t-elle pas de faire chuter les rendements des cultures et les marges des exploitations agricoles, déjà fragilisées par l’une des plus graves crises de l’après-guerre, avec des pertes moyennes de revenus de près d’un tiers en 2009 ? Enfin, on peut s’interroger sur l’opportunité de baisser la production dans un contexte de pénurie latente de denrées alimentaires liée, entre autres, à la croissance de la démographie mondiale et à la hausse du niveau de vie dans les pays émergents. « Il faut éviter de nous tirer une balle dans le pied », résumait Jean Charles Bocquet, directeur de l’UIPP, lors du colloque de restitution de l’étude Ecophyto R&D.
Source : Le Figaro.fr | Auteur : Marc MennessierUn quart des polluants échappe aux stations d’épuration
Sur les phytopharmaceutiques, la santé et l'environnement 22/01/2010Suez Environnement et le Cemagref ont présenté le bilan du programme de recherche Amperes sur la pollution des eaux. Ainsi l’étude de 100 composés recherchés dans 2000 échantillons d’eaux usées, prélevés dans 21 stations d’épuration, montre que nombre de substances polluantes échappent aux mailles des filets. Soit parce qu’elles résistent aux types de traitements classiquement mis en œuvre ; soit parce qu’elles sont présentes en si grandes quantités que les 17 700 stations d’épuration de la France métropolitaine ne peuvent en éliminer qu’une partie. Dans le camp de ces réfractaires, on trouve aussi bien des herbicides comme le diuron ou le glyphosate que des résidus médicamenteux tels des antidépresseurs ou la carbamazépine (servant dans le traitement de l’épilepsie). Or ces micropolluants dits « émergents » ne sont pas réglementés. « Les médicaments ne sont pas considérés comme des produits nocifs », explique Diane d’Arras, directrice de la recherche de Suez Environnement. Au total, 25% des substances détectées ne sont pas éliminées dans les stations d’épuration.
Source : La Croix | Auteur : Marie VerdierLe café bio ne fait plus recette
Sur l'agriculture biologique 22/01/2010Depuis le Mexique jusqu’au Costa Rica, au moins 10% des cultivateurs sont revenus à la culture traditionnelle, retrouvant pesticides et engrais chimiques pour accroître la production. Bien que le bio rapporte encore jusqu’à 25% de plus que le café classique, cette marge ne suffit pas à couvrir les coûts de production plus élevés ni à compenser les rendements plus faibles. Les coûts des certifications bio, des composts et des pertes dues aux parasites et à d’autres facteurs sont tels que le bio revient environ 15% plus cher à produire. L’utilisation d’engrais chimiques permet aux agriculteurs de produire environ 880 kilos de café à l’hectare, contre 520 kilos pour la même superficie dans une exploitation bio. Dans la mesure où les prix du café sont repartis à la hausse, les producteurs n’ont plus guère de raisons financières de continuer à cultiver des graines bio.
Source : Direct matin | Auteur : Erza Fieser53 faucheurs anti-OGM condamnés en appel à trois mois de prison avec sursis
Sur les OGM 22/01/2010
VERSAILLES, 22 jan 2010 (AFP) - Cinquante-trois faucheurs anti-OGM, relaxés en première instance, ont été condamnés vendredi par la cour d'appel de Versailles à trois mois de prison avec sursis pour la destruction d'une parcelle de maïs transgénique du semencier Monsanto en 2007 à Poinville (Eure-et-Loir). La cour d'appel a suivi les réquisitions de l'avocat général pour la majorité des militants anti-OGM mais est allée au-delà concernant quatre autres, en état de récidive, qui ont écopé de 120 jours-amendes à 30 euros au lieu de 100 jours-amendes demandés. Un des prévenus, qui étaient initialement au nombre de 58, est décédé et l'action s'est éteinte à son encontre. L'avocat des faucheurs, Me Liger, a jugé "décevant" l'arrêt de la cour d'appel qui, contrairement au jugement de Chartres relaxant en 2008 les prévenus, "ne reconnaît pas l'état de nécessité". L'avocate du groupe américain Monsanto, Me Maï Le Prat, a déclaré pour sa part que cette décision n'était "pas surprenante", mais a émis un "bémol sur l'évaluation du préjudice". Les juges ont accordé 10.000 euros de dommages et intérêts pour le préjudice matériel et 1.000 euros pour le préjudice moral à Monsanto, qui réclamait 1,293 million d'euros de préjudice matériel et 30.000 euros au titre du préjudice moral. La cour d'appel a en revanche confirmé la relaxe pour les 23 faucheurs également poursuivis pour avoir refusé de se soumettre à un prélèvement d'ADN durant leur garde à vue.
Quand la pauvreté gagne les campagnes
Sur l'agriculture 21/01/2010Crise du lait, baisse des cours mondiaux, incertitudes face à l’avenir de la PAC. Dans le monde paysan, l’angoisse monte. De plus en plus d’agriculteurs demandent le RSA… pour survivre. Jusqu’à la fin des années 1980, le revenu des agriculteurs a moins augmenté que celui de l ‘ensemble des ménages français. De 1990 à 1998 l’évolution a été nettement plus favorable aux paysans. Depuis, la tendance s’est à nouveau inversée, même si 2006 et 2007 ont été des périodes fastes. La particularité de l’année 2009 est d’avoir été difficile pour presque toutes les cultures y compris les céréales. Subissant de plein fouet la hausse des prix des engrais, les producteurs de grandes cultures (blé, orge, maïs, betterave sucrière, pomme de terre, etc.) ont perdu 47% de leurs revenus. Dans le colza ou le tournesol, la baisse atteint 51%. Les arboriculteurs sont sinistrés, en 2009, leurs revenus ont fondu de 53%.
Source : Le ParisienLes limites de l’agriculture biologique
Sur l'agriculture biologique 21/01/2010Le gouvernement danois s’est fixé pour objectif de faire passer les actuels 160 000 ha de cultures biologiques à quelques 400 000 ha d’ici à 2020.Selon les calculs du Pr Jorgen E. Olesen, principal expert danois de l’interaction entre agriculture et climat, un tel essor du bio fera chuter le rendement au point de rendre la production insuffisante. « Il nous manquera quelque 100 000 ha. Or nous avons besoin de ces superficies pour la production de denrées alimentaires, mais aussi pour la production de biomasse, qui remplacera à l’avenir le charbon, le pétrole et le gaz » ; Pour Claus Felby, professeur en technologie du bois et de la biomasse à l’université de Copenhague, les effets climatiques de l’agriculture bio sont « une question très épineuse, qu’il est politiquement incorrect d’évoquer haut et fort. Mais c’est un fait : la production chutera si le Danemark et le reste de l’Europe accroissent la superficie des cultures biologiques. Si nous n’étions que 4 milliards d’habitants sur la Terre, cela ne poserait pas de problème. Mais nous 6,5 milliards, et bientôt 9 milliards si l’on en croit les pronostics de l’ONU. Il est donc impératif d’envisager, sans idées préconçues, la meilleure façon d’exploiter les terres agricoles de la planète », conclut-il.
Source : Courrier International | Auteur : Lars AttrupUn nouvel institut technique apicole sème le buzz chez les apiculteurs
Sur les abeilles 21/01/2010La création d'un institut technique spécifique pour les abeilles divise les apiculteurs, dont certains reprochent au nouvel organisme un manque d'indépendance vis-à-vis des industriels des pesticides, incriminés dans la surmortalité des abeilles. La mise en place de cet "Institut technique et scientifique de l'abeille et de la pollinisation" est "un pas décisif" pour sortir de la crise apicole, a estimé Joël Schiro, président du Syndicat des producteurs de miel de France (SPMF) lors d'une rencontre jeudi avec la presse. Car, sans cet institut, "comment répondre aux questions sanitaires et techniques?", s'est-il interrogé. Mais l'Union nationale de l'apiculture française (Unaf) voit dans la création de cet institut "la mainmise de l'agrochimie sur l'apiculture" et a appelé à manifester vendredi à Paris devant le siège de cet organisme. La création de l'institut, où toutes les organisations apicoles sont représentées, fait suite à une recommandation du député de Haute-Savoie Martial Saddier (UMP), auteur d'un rapport sur la surmortalité des abeilles à la demande du Premier ministre. Pour l'Unaf, la surmortalité des abeilles est due principalement à l'utilisation de pesticides qui affaiblissent les défenses immunitaires de ces insectes. Elle craint que le conseil scientifique du nouvel institut ne néglige cette piste. Pour le SMPF, "il serait bien trop simple d'affirmer que c'est la cause unique de toutes les mortalités". "Le vrai problème, c'est qu'on a en France sur les exploitations, 30% de bourdonneuses, des abeilles dont la reine est devenue stérile, ce qui entraîne la disparition des ruches", un phénomène que "personne n'est en mesure d'expliquer", assure-t-il. Les divergences dans le syndicalisme apicole sont dues à "des clivages entre producteurs professionnels et amateurs", selon Yvon Garros, représentant du SPMF. Et "il y a une deuxième ligne de fracture" entre les apiculteurs prêts à "aborder leurs problèmes avec les agriculteurs" et ceux qui "n'ont qu'un seul objectif: que l'apiculture reste à part avec ses propres méthodologies", ajoute-t-il. Selon lui, "le problème des intoxications ne peut se régler qu'avec les agriculteurs".
Source : AFPMortalité des abeilles : leur alimentation pourrait également être en cause
Sur les abeilles 21/01/2010Deux études de l’INRA Avignon soulignent leur extrême dépendance vis-à-vis de l’environnement. Elles montrent que des abeilles nourries avec du pollen issu de cinq espèces différentes de plantes ont un système immunitaire beaucoup plus efficace pour lutter contre les pathogènes que celui d’autres congénères nourries avec du pollen d’une seule fleur. L’autre étude montre pour la première fois qu’à des doses infinitésimales (0,1 partie par milliard), l’imidaclopride a des effets sur les abeilles. Pas sur toutes les abeilles mais sur des individus contaminés par un microchampignon (Nosema ceranae) à l’origine de la nosémose, une maladie plus virulente dans les régions méditerranéennes que dans le nord de l’Europe. Il y a donc une synergie entre pesticides et pathogènes. Chez Bayer, la firme qui produit l’imidaclopride, on souligne que cette expérience de recherche fondamentale ne permet pas de déduire les effets sur la ruche et qu’il faut avant tout améliorer la santé des abeilles.
Source : Le Figaro | Auteur : Yves MisereyChantal Jouanno – Secrétaire d’Etat à l’Ecologie
Ils l'ont dit 21/01/2010« Personnellement, je suis contre l’autorisation du Cruiser, même temporaire. Mais mon ministère n’a autorité que sur les abeilles sauvages, les élevages relèvent du ministère de l’Agriculture. Je souhaite pouvoir m’occuper de l’ensemble des espèces dans mon ministère, c’est plus logique».
Source : France SoirOn va donner à manger aux abeilles
Sur les abeilles 20/01/2010En mal de pollen, affaiblies parles virus, les maladies et les pesticides largués sur les cultures intensives, les colonies d’abeilles se verront bientôt offrir… des fleurs par le gouvernement. Pour venir en aide aux butineuses, le secrétaire d’Etat au Logement, Dominique Bussereau et son homologue à l’Ecologie, Chantal Jouanno, ont en effet décidé dès le printemps prochain de semer des « espèces végétales » le long de 250 km de routes. Objectif du gouvernement : « Améliorer le bol alimentaire des abeilles et contribuer au maintien de leurs défenses immunitaires ». Cette initiative, menée dans six grandes régions, pourrait être étendue à terme à l’ensemble du réseau routier national, soit 12 000 km de routes.
Source : Aujourd’hui | Auteur : Frédéric MouchonPascale Briand – Directrice générale de l’Alimentation
Ils l'ont dit 20/01/2010« L’impact de l’agriculture sur l’environnement n’a pas que de mauvais côtés, loin de là. Si une agriculture forte a pour objectif premier de subvenir à nos besoins en matière d’alimentation, il y a aussi, l’effet induit sur le plan de la préservation des paysages et de la ruralité. Dans le même temps, cette harmonie est à rechercher dans un souci de préserver au mieux les intérêts de l’environnement et des écosystèmes en tant que tels. C’est la raison pour laquelle, à une problématique complexe répond un plan ambitieux et passionnant –Ecophyto 2018 – qui vise à diminuer l’utilisation des pesticides en France d’ici dix ans. Saviez-vous par exemple, que si nous sommes capables de transmettre les bonnes pratiques des phytosanitaires à l’ensemble du monde agricole, nous pourrons en baisser l’utilisation de 25% ? Nous y travaillons avec les professionnels et c’est à la fois complexe et enthousiasmant.»
Source : Les Cahiers du Monde - cahiers de la compétitivitéBruno Le Maire – Ministre de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche
Ils l'ont dit 20/01/2010« Je ne crois pas aux oppositions entre monde urbain et monde agricole. Pour une raison simple : nous avons un besoin impérieux de piloter notre production agricole si nous souhaitons assurer notre alimentation. Il nous faut donc accompagner les agriculteurs et les pêcheurs pour répondre aux attentes des consommateurs ; en retour, la société doit clairement faire le choix de soutenir la production agricole. Nous savons d’ores et déjà que nous ne saurons nourrir neuf milliards d’habitants en 2050. L’alimentation est donc plus que jamais un enjeu stratégique.»
Source : Les Cahiers du Monde - cahiers de la compétitivitéFranck Garnier – Président du Groupe Bayer France
Ils l'ont dit 20/01/2010« Nous ne nous limitons pas à élaborer des produits de traitements des cultures. Nous mettons à disposition des agriculteurs un ensemble de solutions pour les aider à utiliser nos produits à bon escient et de façon raisonnée. Elaborés à partir de modèles prenant en compte de multiples paramètres (sol, cultures, données climatiques, situation de la parcelle, etc.), ces outils permettent de ne déclencher les traitement que lorsque cela s’avère nécessaire. Par exemple, on ne traite plus le mildiou de la vigne de façon systématique sept fois dans l’année. Désormais, ces opérations varient de trois à sept fois, selon les besoins réels. Cette technologie peut s’appliquer à d’autres cultures, comme celle des céréales notamment.
Source : Les Cahiers du Monde - cahiers de la compétitivitéPrincipe de précaution : quelles limites ?
Ils l'ont dit 16/01/2010
« S’interroger sur l’impact sanitaire des éléments nouveaux de notre environnement est parfaitement légitime. Ce qui l’est moins, c’est de matraquer en permanence la population et de faire passer des études préliminaires pour des preuves indéniables de risques. C’est une imposture scientifique doublée d’une tromperie aux conséquences préjudiciables. La population finit par penser que son état sanitaire est de plus en plus précaire, alors qu’au contraire l’espérance de vie augmente depuis vingt ans… Les donneurs d’alerte sont surtout des militants. Leur jugement est obscurci par leur militantisme, ce qui les conduit à une vision biaisée des risques qu’ils dénoncent.»
André Aurengo – Professeur de médecine nucléaire et de biophysique à l’Université Pierre et Marie Curie.
« Quand les agences sanitaires nous disent qu’il n’y a pas de preuves, est-ce une raison pour ne rien faire, alors qu’il existe des preuves pour l’animal ? Vivre est une chose, vivre en bonne santé en est une autre. La mortalité par cancer diminue mais la morbidité explose. Les gens qui meurent en ce moment sont nés dans les années 1920-1925, dans un environnement tout à fait différent, et ont bénéficié de la fin des grandes épidémies infectieuses. Le cancer représentait 3% des causes de mortalité en 1906, c’est 30% aujourd’hui. Rien ne nous dit que nos enfants vivront plus longtemps que nous. »
André Cicolella – Chercheur en santé environnementale
Combinaisons de protection chimique : normes de conformité à revoir
Sur les phytopharmaceutiques, la santé et l'environnement 15/01/2010Les normes actuelles de mise sur le marché des combinaisons de protection contre les risques chimiques doivent être révisées pour assurer une meilleure protection des travailleurs, a recommandé vendredi l'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail (Afsset). Selon les résultats de deux campagnes de test sur l'efficacité des combinaisons de protections contre les produits chimiques liquides, utilisés dans l'agriculture, l'industrie ou le bâtiment, 80% des combinaisons testées (10 combinaisons sur 45 présentes sur le marché) n'étaient pas conformes, révèle l'Afsset dans un communiqué. "Les résultats font apparaître de nombreuses non-conformités et de mauvaises performances: seuls deux modèles sur les dix testés conformément à la norme atteignent le niveau de performance annoncée", ajoute l'Afsset. Pour les autres combinaisons testées, "le passage des produits chimiques a été quasi-immédiat", à travers le matériau ou les coutures, pour cinq d'entre elles. "Les trois dernières sont à déclasser pour au moins une substance". De plus, "seul un modèle parmi les cinq meilleurs testés précédemment s'est montré performant vis-à-vis d'exposition à des produits d'usage courant comme des solvants, de la peinture aqueuse ou des phytosanitaires", précise l'agence. Elle relève que les normes actuelles relatives à la résistance chimique des combinaisons "ne permettent pas de répondre correctement aux exigences de santé et de sécurité des travailleurs parce qu'elles ne garantissent pas que les utilisateurs de ces combinaisons disposent, dans les conditions d'emploi prévisibles, d'une protection appropriée".
Source : AFP