[23 Novembre 2009]
Produits phytopharmaceutiques : Point sur la Campagne Agricole 2008-2009
Une pression parasitaire significativement plus faible que la campagne précédente et une protection des cultures de plus en plus raisonnée ont entraîné une baisse des utilisations. Les signes d’un ralentissement du chiffre d’affaires commencent à se faire jour depuis l’été en raison de la situation financière des agriculteurs, de l’application de la Loi de Modernisation de l’Economie (LME), du niveau des stocks en distribution, et des travaux du Grenelle qui génèrent une attitude très prudente des acteurs de la filière agricole.
Le chiffre d’affaires global de la campagne agricole 2008/2009 s’établit à 2, 064 milliards d’euros environ, soit une baisse de 1 % par rapport à la campagne précédente.
FONGICIDES
Malgré une hausse de l’indice des prix des produits phytopharmaceutiques, la campagne Agricole 2008 / 2009 se termine sur un chiffre d’affaire stable par rapport à la campagne précédente (806 Mio € ; +0,3 %).
Les agriculteurs ont raisonné leurs interventions en fonction des risques et de la pression parasitaire et cela se traduit par une baisse du marché en volume de l'ordre de -5%.
Sur les céréales, la stabilité du chiffre d’affaires s’explique principalement par 2 facteurs :
⇒ La pression maladie plus faible en septoriose, en piétin et fusariose, liée aux conditions climatiques, avec un impact direct sur la dose et/ou la baisse moyenne du nombre de traitements.
⇒ Une baisse du prix des productions agricoles qui a aussi joué sur l'investissement moyen fongicides ;
Sur la vigne, l'utilisation est en baisse probablement encore plus significative qu'en céréales, les segments les plus impactés sont les anti-mildiou et anti-botrytis. Il reste à déterminer l'importance des imports parallèles (légaux et illégaux) principalement en provenance d'Espagne sur l'évolution de l'utilisation des produits en vigne.
HERBICIDES
En chiffre d’affaires, le total herbicides (870 Mio €) est stable (- 0,2 %) par rapport à la campagne précédente mais des évolutions très variables sont constatées sur certaines familles de produits et selon les cultures :
· Les herbicides non sélectifs, accusent une chute de 33%, due notamment à une baisse des volumes commercialisés en raison de stocks très importants, et également une baisse sensible des prix du glyphosate depuis quelques mois.
· En céréales, on note une baisse de 1%, liée aux conditions climatiques du printemps. Depuis juillet, cette évolution s’est accentuée sur le marché des produits d’automne cumulant probablement un effet de la LME, et des stocks de l’année précédente.
· En maïs, on observe une hausse de 10% du marché, liée à une revalorisation observée surtout sur le marché des anti graminées.
· En colza comme en tournesol, on observe un impact fort du retrait d’une molécule, la trifluraline, remplacée par des solutions davantage valorisées, ce qui permet à ces marchés de progresser significativement.
· Sur les vignobles, la baisse du marché témoigne des changements importants dans les pratiques : transfert de parcelles désherbées vers des pratiques mixtes alliant désherbage mécanique et herbicides, accompagné par la disparition de certaines molécules comme le diuron.
INSECTICIDES
Les ventes sur la période (127 Mio) montrent une baisse de 4,8% reflétant une faible pression parasitaire sur l’ensemble des marchés. Le printemps 2009 a connu une pression faible sur céréales (quelques foyers présents en Nord Est), mais pas de foyer sur l’Ouest comme en 2007. Cependant sur colza, une forte pression méligèthes assez générale a été observée sans être toutefois supérieure à 2007. En arboriculture, la pression a semble-t-il été plus faible sur le marché de la pomme, mais plus importante sur le marché de la pêche, ce qui équilibre le niveau d’utilisation des insecticides. Pour la vigne, il n’ y a pas eu de fortes pressions mais quelques foyers de Metcalfa.
Sur l’ensemble des ventes de produits phytopharmaceutiques, les insecticides voient leur part de marché s’éroder à nouveau.
Aperçu sur la campagne qui démarre…
En ce début de campagne agricole de nombreux facteurs sont susceptibles d’influencer son déroulement.
La situation financière des agriculteurs devient critique sur de nombreuses filières. Le dispositif, prévu par le gouvernement, constitué en particulier d’aides et de prêts à taux bonifiés seront-ils suffisants pour compenser le manque à gagner ?
La Loi de Modernisation Economique, en application depuis le 1er janvier 2009, impacte les délais de paiement. Leurs réductions sensibles peuvent conduire à un report des commandes des distributeurs au plus près des dates de livraisons aux agriculteurs.
Les conclusions des travaux du Grenelle, réglementaires ou non, génèrent une attitude très prudente des acteurs de la filière agricole.
Le niveau des stocks en distribution reste par ailleurs élevé sur certains segments en raison des achats de précaution qui avaient été effectués suite aux ruptures de la campagne précédente.
En conséquence, sauf événement climatique majeur, un contexte à la baisse significative des ventes de produits phytopharmaceutiques pour la campagne 2009/2010 semble émerger.
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