[29 Juin 2008]
Les produits phytopharmaceutiques, nécessaires mais menacés
À l'occasion de la publication de son rapport d'activité, l'Union des Industries de la Protection des Plantes fait le point sur le secteur des produits phytopharmaceutiques et sur les conséquences de la réglementation qui pèse sur la filière.
Des utilisations à la hausse en raison d'une pression parasitaire exceptionnellement forte
En 2007, les ventes de produits phytopharmaceutiques des adhérents de l'UIPP ont augmenté de 5,8%, pour s'établir à 1,820 milliards d'€. Cette hausse s'explique surtout par les fortes attaques parasitaires qui ont touché les cultures, liées à des conditions climatiques exceptionnelles : conjonction de longues périodes de pluies et de températures douces entre mai et juillet.
Ainsi, les Fongicides ont connu une forte hausse (+ 4,7%), principalement sur la vigne et les pommes de terre (mildiou), des ruptures de stocks ont même été enregistrées sur certains produits dans les périodes les plus critiques.
Le secteur des Herbicides n'a pas été en reste (+ 6,5%), essentiellement sur les céréales et le maïs. Cette progression des ventes est liée à une augmentation du nombre total de traitements en raison d'un fort enherbement des parcelles.
En revanche, la partie Insecticides a reculé de 5,1%, s'inscrivant dans la baisse structurelle du secteur, grâce, notamment au " raisonnement " des traitements.
Le tonnage global de substances actives vendues a, quant à lui, augmenté de 7,9% dans le même temps pour atteindre 77 300 tonnes.
Précisons que cette croissance, tant en chiffre d'affaires qu'en volume, peut également s'expliquer par l'évolution des surfaces de blé et par le niveau peu élevé de stocks de produits en début de campagne chez les distributeurs et les agriculteurs.
Un cadre réglementaire qui risque d'empêcher, à terme, une protection efficace des cultures
La pression parasitaire observée ces deux dernières années permet de comprendre, bien mieux qu'un long discours, la nécessité des produits phytopharmaceutiques pour protéger efficacement les cultures et répondre ainsi à la demande alimentaire tant en volume que qualité sanitaire. C'est la raison pour laquelle les professionnels du secteur souhaitent une fois de plus alerter les autorités sur les conséquences des décisions réglementaires arbitraires.
C'est le cas des propositions du Grenelle de l'environnement qui ont pour objectif une diminution quantitative de l'utilisation des produits ainsi que du projet de règlement révisant la directive 91/414/CE qui risque d'entraîner la disparition de nombreuses substances bénéficiant actuellement d'autorisations.
Le conseil européen des Ministres de l'Agriculture a adopté le lundi 23 juin un compromis relatif au projet de révision de la directive 91/414 en règlement. Ce projet vise à limiter l'utilisation des produits phytopharmaceutiques classés comme les plus dangereux, à priori et sans évaluation des risques, avec toutefois des dérogations de 5 ans, si les produits disponibles restant sur le marché n'offrent pas d'efficacité suffisante. Cette proposition , qui fait suite à 2 années de négociation entre la Commission et les Etats membres, doit encore être examinée à l'automne par le Parlement européen, mais l'UIPP souhaite d'ores et déjà réagir :
- Elle regrette que la Commission n'ait pas pris en compte les études d'impact de ces dispositions sur les productions végétales au niveau de chaque État membre.
- Le texte adopté " en l'état " entraînerait certainement le retrait de nombreuses molécules : des triazoles (fongicides céréales), des dithiocarbamates (fongicides pommes de terre) et des pyréthrénoides (insecticides toutes cultures).
- L'industrie compte sur la seconde lecture au Parlement Européen pour sensibiliser les eurodéputés à la perte de compétitivité de la ferme Europe.
Au niveau du Grenelle de l'environnement, l'UIPP estime que des objectifs de baisse d'impact environnemental auraient été plus logiques que des objectifs de baisse d'utilisation.
Au cours de l'assemblée générale statutaire, Denis TARDIT, président de SYNGENTA AGRO SAS, a été réélu pour une période de 2 ans Président de l'UIPP. Lors de l'assemblée générale, Denis TARDIT a rappelé : " l'UIPP, déjà engagée aux cotés de ses adhérents dans une diminution des impacts des produits sur la santé et l'environnement doit veiller à ce que la science et le pragmatisme l'emportent sur l'arbitraire et l'émotion. L'objectif d'utilisation durable des produits, impliquant l'ensemble des acteurs, doit rester un axe fort de travail pour l'ensemble des adhérents de l'UIPP ".
Pour toute information complémentaire merci de contacter :
UIPP - Claire Morin - Nicolas Marquet - 01 41 31 52 00 - cmorin@uipp.net
Protéines - Claire Iglesias-Valdes - 01 42 12 28 35 - ciglesias@proteines.fr