CASH INVESTIGATION : L’UIPP APPORTE DES ÉCLAIRCISSEMENTS SUR UNE ÉMISSION ORIENTÉE

Dans son émission du 2 février, Cash Investigation instruit le procès à charge de l’Industrie des produits phytopharmaceutiques. 

Montrer que les produits phyto présentent des risques est aisé, puisque cela peut être le cas si les mesures de précaution ne sont pas respectées.

Reconnaître en revanche que la situation n’a jamais été aussi maîtrisée en France, tant sur l’usage de nos produits que sur la protection de la santé et de l’environnement, est certes moins sensationnel.

Pour cette raison, parmi les nombreux éléments omis par l’équipe de Cash Investigation, l’UIPP tient à insister sur les points suivants :

Les études d’impact des phytos sur la santé contredisent les conclusions de l’émission

Cash Investigation a omis de prendre en compte les deux plus grandes études publiques au monde sur pesticides et santé : l’AHS américaine sur 80 000 agriculteurs et conjoints, et l’étude française AGRICAN sur 180 000 personnes. Ces études confirment que les agriculteurs vivent plus longtemps que la population générale. Comment expliquer l’existence d’un danger pour chacun de nous, alors que nous sommes jusqu’à 10 000 fois moins exposés que les agriculteurs, et qu’ils sont globalement en meilleure santé que la moyenne de la population ?

Cash Investigation a omis de prendre en compte les données de l’Institut National du Cancer qui, au sujet des enfants, indiquait hier encore « globalement, le nombre de nouveaux cas est stable. Et, l'environnement, pointé du doigt pour certains cancers chez l'adulte, n'est pour l'heure pas incriminé dans les cancers de l'enfant. Les études menées pour comparer la fréquence des cancers chez l'enfant avec l'exposition à des facteurs de risques en période prénatale ou pendant l'enfance (pesticides, polluants liés au trafic, tabagisme passif, etc.) n'ont pas donné de résultat probant[1] ». Les mêmes données de l’INCA montrent que l’incidence des cancers chez les enfants est identique dans tous les départements français. Il n’y a donc pas plus de cancers chez les enfants en Gironde que dans les autres départements, contrairement à ce qu’affirme Cash Investigation.

Cash Investigation a omis d’indiquer que les ventes d’insecticides ont été divisées par 6 depuis 1990. L’autisme est une maladie complexe dont les causes sont mal connues. Mais comment affirmer que certains insecticides seraient responsables de son augmentation, alors qu’ils sont de moins en moins utilisés ?

La science et les décisions des autorités s’imposent aux entreprises, et non l’inverse

Cash Investigation a omis d’expliquer que pour obtenir une autorisation de mise sur le marché, le processus d’homologation impose à nos entreprises de réaliser 300 études pendant près de 10 ans qui couvrent tous les effets sur la santé et l’environnement. Et que ce sont les autorités sanitaires européennes et françaises, ainsi que le Ministère de l’Agriculture, qui décident si un produit peut être présent sur le marché en garantissant la sécurité de l’utilisateur jusqu’au consommateur. 

Cash Investigation a omis d’indiquer que toute étude scientifique nouvelle est prise en compte lors des réévaluations par les autorités sanitaires et les comités d’experts indépendants. Si ces études ne conduisent pas au retrait des produits concernés par les autorités, c’est qu’ils ont jugés qu’elles ne remettaient pas en cause la globalité des données disponibles et les évaluations précédentes. 

L’exposition aux produits phytos n’a jamais été aussi faible, et ce grâce aux démarches de progrès de l’ensemble de la filière et des agriculteurs

Cash Investigation a omis d’indiquer les avancées de la recherche, de l’innovation, et les progrès réalisés par l’ensemble des acteurs de la filière : l’utilisation des produits a diminué de 45 % depuis la fin des années 1990, la toxicité a été divisée par 8, les trois quarts des produits présents à cette époque ne sont plus présents sur le marché. Dans un tel contexte, comment expliquer que les produits phyto seraient responsables d’une augmentation des maladies chez les plus jeunes ?  

Si la santé des citoyens et de la planète est un sujet prioritaire pour tous, cette émission plutôt que d’éclairer le consommateur, crée un climat anxiogène.

En stigmatisant les produits phytos, Cash Investigation fait aussi l’impasse sur leur utilité pour la filière agricole et in fine sur la qualité et la diversité de notre alimentation qui n’a jamais été aussi sûre.

[1] Citation relative au rapport « Survie des personnes atteintes de cancer en France métropolitaine 1989-2013 (INCa-INVS, février 2016)

Communiqué de presse disponible en téléchargement. 

Complément d'informations sur Cash Investigation.